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La vision chrétienne traditionnelle de la sexualité et du mariage est souvent pointée du doigt. Une des accusations les plus répandues est que cette vision nuit à certains. Rejeter le penchant sexuel d’une personne est considéré comme rejeter qui elle est vraiment. C’est dire aux gens de réprimer quelque chose qui est au cœur de leur identité et de leur capacité à s’épanouir. Cela est néfaste pour tout le monde, mais plus particulièrement pour les adolescents qui doivent faire face à leur sexualité, alors qu’ils sont encore jeunes. Les chrétiens, prétend-on, sont à blâmer pour le suicide des adolescents homosexuels.

Dan Savage est peut-être celui qui a formulé cette accusation avec le plus de conviction : « Le sectarisme déshumanisant qui sort de la bouche des chrétiens fidèles donne à vos enfants hétérosexuels la possibilité d’abuser verbalement, d’humilier et de condamner les enfants gays qu’ils rencontrent à l’école. Ils remplissent vos enfants homosexuels de désespoir suicidaire. Et vous avez le culot de me demander de faire plus attention à mes paroles. »[1]

De nombreux chrétiens commencent à conclure que la vision traditionnelle doit être erronée si elle a ce genre d’effet sur les gens. « Certes », pensent-ils, « ce sentiment de dégoût de soi et de désespoir ne peut pas être le fruit de la vérité de Dieu ».

Indiscutablement tragique

En réponse à cela, la première à chose à dire est qu’il y a certainement eu des cas de jeunes se sentant poussés au désespoir, voire même au suicide ces dernières années. On peut attribuer une grande partie de ce phénomène à la pression réelle ou perçue de la désapprobation chrétienne de l’homosexualité. C’est une situation réelle. De nombreux jeunes sont profondément blessés par cette situation. Qui peut affirmer qu’il n’est pas tragique pour un individu de ressentir un tel désespoir à propos de la sexualité ?

De toutes les personnes, c’est nous, les chrétiens, qui devrions ressentir le plus de douleur face à ce problème, car nous savons la valeur suprême que Dieu accorde à toute vie humaine. Nous devrions être les premiers touchés quand on entend parler de jeunes gens qui vivent un tel tourment.

Une légitime contradiction, une douce restauration

Nous devons également reconnaître que certains ont été abusifs dans leur comportement et leur langage envers les homosexuels, pensant qu’en agissant ainsi, ils faisaient valablement avancer la cause de Christ. Bien qu’un tel comportement puisse provenir de chrétiens autoproclamés, rien de tout cela n’est chrétien. Un tel comportement ne vient pas adhérer au message et à l’exemple de Jésus, mais à le contredire.

En d’autres termes, il n’est pas vrai de dire qu’un tel tourment est le résultat inévitable de l’enseignement biblique traditionnel sur la sexualité. Oui, le travail de condamnation de l’Esprit peut être douloureux. Il y a même une sorte de dégoût de soi qui peut résulter lorsque Dieu nous fait prendre conscience de l’étendue de notre propre péché (voir Ezéch. 36 : 31). Mais bien que l’œuvre authentique de Dieu puisse nous amener à un tel endroit, elle ne nous y laisse jamais. Si nous sommes condamnés, c’est pour que nous puissions être restaurés. L’Esprit ne nous brise que pour nous remettre sur pied comme notre Créateur l’a voulu. Et il ne cassera pas le roseau abîmé (Matt. 12 : 20).

Pardonné et libéré

Vous ne trouverez pas Jésus enseignant comme quoi votre vie ne vaut pas la peine d’être vécue si vous ne pouvez pas vous épanouir sexuellement ; qu’une vie sans sexe ne soit pas une vie du tout. Vous ne lirez pas dans la Bible des passages insistant à quel point vos penchants sexuels vous identifient ; et que de ne pas les affirmer c’est vous attaquer au plus profond de vous-mêmes. Tout cela ne vient pas de la Bible, mais de la vision très déformée de la culture occidentale sur ce que signifie être un humain. Lorsqu’une idole vous fait défaut, le vrai coupable s’avère être la personne qui vous a poussé à l’adorer, et non celle qui a essayé de vous la retirer.

L’enseignement de Jésus fait deux choses : il restreint le sexe et relativise son importance. Il nous montre que le sexe dans son contexte donné par Dieu est bien plus important que ce que nous aurions pu imaginer. Et pourtant, même là, il n’est pas absolu. Il n’est pas fondamental à la plénitude et à l’épanouissement de l’homme. Jésus démontre ce point dans son enseignement et dans son style de vie. Après tout, il était ce qu’il y avait de plus humain, et pourtant, il fut célibataire toute sa vie.

L’Évangile nous montre qu’il y a un pardon pour tous ceux qui ont péché sexuellement, et il nous libère de l’idée que le sexe est propre à notre épanouissement. Le fait qu’on n’ait pas à jeter tout notre bonheur sur notre fortune sexuelle n’est pas une mauvaise nouvelle, mais une bonne nouvelle. Ce n’est pas la voie du mal, mais celle de la plénitude.

[1] Cité dans Justin Lee, Torn: Rescuing The Gospel From The Gays-vs.-Christians Debate (Jericho 2013), 5.

Note de l'éditeur : 

Traduit de Isn’t the Christian View of Sexuality Dangerous and Harmful?

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