La souffrance

On ne peut pas le nier, la souffrance est un sujet d’actualité. Encore plus que des élections présidentielles ou la sortie des nouveaux blockbusters au cinéma. Cela nous concerne de beaucoup plus près.

Hier soir, je suppose que vous vous êtes couchés parce que votre corps avait souffert de sa journée et il avait besoin de repos. Maintenant vous êtes peut-être assis et vous allez avoir besoin de vous lever et dégourdir vos fesses après avoir lu cet article. La souffrance, est partout, universelle. Tout le monde souffre. Chaque journée on souffre, à une échelle différente. On souffre physiquement, émotionnellement, spirituellement et dans nos relations. Il y a des jours où on souffre plus, des jours où on souffre moins. Il y a aussi des gens qui souffrent plus, des gens qui souffrent moins.

Certaines souffrances paraissent injustes, violentes, accablantes. D’autres souffrances s’intègrent au quotidien et on arrive presque à les oublier. Nous sommes tous touchés par la souffrance et celles de nos proches. Cette souffrance nous fait poser des questions. Plein de questions. Pourquoi la souffrance ? Pourquoi cela fait si mal ? Pourquoi moi ? Pourquoi cette personne que j’aime ? Pourquoi si Dieu existe permet-il cela ?

Dans sa sagesse Dieu utilise la souffrance pour notre bien. Ci-dessous, 7 éclairages bibliques sur le sujet.

La souffrance nous attire à Dieu

Notre monde a globalement rejeté Dieu. Ce n’est pas seulement notre génération, mais toutes les générations. La Bible nous nous dit que cela a commencé peu après la création du monde dans le Jardin d’Eden avec les premiers hommes, Adam et Eve, qui se sont rebellés contre Dieu.

En rejetant le Dieu parfait, l’humanité a aussi rejeté la perfection. Nous sommes depuis la chute des hommes et des femmes imparfaits vivant dans un monde imparfait. C’est cette imperfection qui crée notre souffrance. Nous souffrons parce que nos corps ne sont pas parfaits, ils se dégénèrent. Nous souffrons parce que nos relations sont imparfaites, nous subissons l’égoïsme, l’amertume, la colère et l’arrogance des autres, comme les autres subissent nos mauvaises attitudes. Nous souffrons parce que la nature est dévastatrice. On aimerait la contrôler et la rendre parfaitement apaisée et agréable, mais on ne peut pas.

Intérieurement on le sait, dans un monde parfait la souffrance n’existe pas. Mais dès l’instant où la perfection, en d’autres termes Dieu, ne fait pas partie de l’équation, l’imperfection et la souffrance se répandent. Si Dieu est la source de vie, en coupant le cordon avec lui, cela crée une limite à la vie : la mort ; comme une limite au bonheur immédiat : la souffrance.

La souffrance reste un rappel constant de l’imperfection de notre monde et du vide que nous avons sans Dieu. Cette souffrance nous attire à lui. Notre imperfection nous pousse à confesser que nous avons besoin de lui, ce que nous recherchons est en lui. Avo

ir une relation personnelle avec le Dieu parfait, c’est le contraire de la souffrance.

La souffrance nourrit la foi

La souffrance est mystérieuse parce qu’elle n’a pas toujours de sens visible. Nous n’avons pas toujours des leçons claires à apprendre dans notre souffrance. Des personnes meurent sans jamais apprendre de leur souffrance. Cet élément de mystère et d’incompréhension est difficile à accepter. Le monde physique ne peut expliquer le sens de la souffrance. Seule la foi peut le faire.

En rejetant Dieu, Adam et Eve mais aussi toute l’humanité, ont décidé de vivre par la vue plutôt que par la foi. On désire ce qui est visible, immédiat, mesurable, plutôt que de faire confiance dans la Parole de Dieu. On se convainc que finalement on peut mieux faire que Dieu, parce qu’on s’imagine que ce qu’on voit est meilleur que ce qu’on ne voit pas.

La Bible affirme que le monde visible a été créé à partir du monde invisible (Héb 11.3). C’est une conclusion que beaucoup de scientifiques acceptent (dans la théorie du Big-bang, on parle par exemple de matière et d‘antimatière). Tous les ingrédients du monde visible existent dans le monde invisible.

Dieu n’a pas conçu l’homme pour qu’il ne vive que de réalités du monde visible. Il est conçu pour tellement plus. Mais le seul moyen de goûter à ce qui est invisible est par la foi.

Dieu utilise la souffrance pour nous faire regarder au-delà du monde visible. Nos épreuves nous forcent à vivre par la foi plutôt que par la vue ; à espérer au-delà de ce qui est visible parce que le visible ne peut expliquer la souffrance, à croire en Dieu et trouver en lui notre soutien.

La souffrance ralentit le mal

Sans conséquence et sans souffrance, le mal n’aurait rien pour l’arrêter. Le corps humain reflète bien cela. Nous avons un système nerveux qui nous avertit du mal. Lorsque l’on commence à se brûler, le corps nous dit de bouger. Lorsque l’on se coupe, notre corps réagit et se protège. Sans souffrance notre corps ne saurait pas qu’il est dans une situation dangereuse.

Certaines maladies comme la lèpre attaquent le système nerveux. Sans ce système de protection, les personnes atteintes de cette maladie se font du mal sans le savoir, même jusqu’à en perdre des membres du corps. La souffrance est comme le système nerveux de notre corps qui nous dit que quelque chose cloche dans notre monde et qu’il faut ralentir le mal que l’on fait autour de nous. Dieu laisse la souffrance dans le monde pour que l’on réalise que notre monde est malade et qu’il a besoin d’être guéri.

La souffrance fait connaître Dieu

La souffrance nous permet de connaître Dieu. Il y a énormément d’attributs de Dieu que l’on ne connaîtrait pas si la souffrance et le mal n’existaient pas. La Bible nous dit que Dieu est un Dieu de grâce, qu’il pardonne nos offenses. S’il n’y avait pas de péchés, on ne l’aurait jamais su. La Bible nous dit que Dieu est lent à la colère, qu’il a de la compassion pour ceux qui souffrent, qu’il est fidèle malgré nos erreurs, qu’il donne de la force aux faibles, qu’il aime inconditionnellement, qu’il ressuscite les morts.

Par l’existence du mal et de la souffrance, on connaît Dieu de manière beaucoup plus profonde qu’Adam et Eve ne connaissait Dieu même dans leur état parfait.

Adam et Eve sans péché devant Dieu étaient comme des alpinistes devant la plus haute montagne du monde. Après avoir péché, c’est comme si une énorme vallée de 3 km s’était formée au pied de la montagne. Là Adam et Eve, plongés dans leur trou, s’aperçoivent que les racines de la montagne, même dans ces profondeurs, sont encore présentes. Dieu est beaucoup plus grand que ce qu’ils pensaient. Et malgré leurs fautes, il est toujours là pour les aimer.

La souffrance démontre le surnaturel

La souffrance et le mal permettent de connaître Dieu et de le voir agir, mais aussi de l’imiter et de démontrer au monde entier que Dieu existe et donne sa force surnaturelle à ceux qui croient en lui.

Lorsqu’on nous fait du mal, la réponse naturelle n’est pas de sourire, de louer Dieu et d’immédiatement pardonner. Cette attitude est surnaturelle et impossible sans l’aide de Dieu.

La souffrance est l’une des plus grandes opportunités que les chrétiens ont de démontrer que Dieu est vivant et qu’il les soutient. C’est l’enseignement de Jésus dans le Sermon sur la Montagne :

10Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux leur appartient! 11Heureux serez-vous lorsqu’on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause de moi. 12Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande au ciel. En effet, c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. (Matthieu 5.10-12)

La souffrance des croyants est l’un des témoignages les plus visibles que Dieu existe. C’est aussi pour cela que Dieu permet la souffrance. Le comportement de ceux qui lui appartiennent, lorsqu’ils souffrent, en lui faisant confiance, est une peinture de sa grandeur.

La souffrance nous met à notre place

La souffrance nous rappelle que nous ne sommes pas Dieu. Il voit tout, pas nous. Il existe une différence de rôle et nous devons accepter notre place de créatures.

Nous détestons la souffrance parce que nous n’acceptons pas notre place. Notre génération voudrait être à la place de Dieu : qu’Il se soumette à notre manière de voir les choses et nous laisse le contrôle de nos vies. Notre génération veut servir son propre plaisir plutôt que de le servir Lui.

La souffrance nous rappelle que nous ne sommes pas sur le trône. Nous avons été créés, nous sommes des créatures, appartenant au Créateur. Nous avons été conçus pour être dépendants, pour être conduits, pour remplir un but établi par Dieu.

S’endurcir face à la souffrance est un signe d’orgueil. Attention de ne pas vouloir prendre la place de Dieu en refusant ses plans pour notre vie. Lui seul voit la lumière, nous pouvons lui faire confiance que tout ce qui se passe sur Terre culminera un jour dans une harmonie si glorieuse que même l’éternité ne suffira pas pour la sonder.

La souffrance nous fait vivre pour ce qui est important

La souffrance nous rappelle que la vie sur terre est courte, que nous ne sommes pas au contrôle, et qu’il faut faire attention aux choix que nous faisons.

On ne sait pas quand notre corps va ralentir, quand notre esprit va cesser d’être efficace, le jour de notre mort. La souffrance nous rappelle que le temps est compté et que la vie est extrêmement précieuse.

Nous avons tous des choix à faire sur la manière dont nous voulons que notre vie sur terre compte. On peut choisir de vivre et souffrir avec un vrai sens, en suivant le Dieu qui nous a créé et qui a des plans pour notre vie ; ou on peut choisir de vivre et souffrir en s’inventant un sens à notre vie, en prétendant être au contrôle, en continuant notre rébellion contre le Dieu qui cherche à tous prix à nous partager son amour.

Conclusion

Même si Dieu utilise notre souffrance, il ne s’en réjouit pas. Il s’est fait homme afin de porter nos souffrances (Esaïe 53.4), et il promet un jour de bannir à jamais toute douleur (Ap 21.4). Il est le Dieu de la perfection et incarne le contraire de la souffrance. Le connaître est la plus grande joie qui existe !

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