La colère de Dieu !

« La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui par leur injustice tiennent la vérité prisonnière » (Rm 1.18)

« Sondage inédit : l’attribut de Dieu préféré des évangéliques est … la colère ! » Vous souriez ? Cette fake news digne d’un site parodique chrétien montre à quel point nous négligeons cet attribut essentiel de Dieu. Avez-vous entendu une prédication sur la colère de Dieu dans votre assemblée cette année ? Quand était-ce la dernière fois que vous l’avez mentionnée dans une explication de l’évangile à votre ami non chrétien ?

Pourtant, cet attribut est fondamental dans notre compréhension du Dieu trinitaire qui vient nous épargner de cette colère grâce à Jésus-Christ (1 Th 1.10)

Pourquoi négligeons-nous d’en parler ? Je me risque à quelques explications.

Premièrement, peut-être avons-nous peur de la réaction des gens. En effet, pour beaucoup de nos contemporains, la colère est associée à une réaction hystérique, à un déchaînement de fureur, à l’absence de maîtrise de soi. Parler de colère de Dieu, ce serait donc prendre le risque d’évoquer des images défaillantes ou de réveiller des blessures passées quand on a été victime d’une telle colère. Cependant, nous sommes très loin d’avoir compris la colère de Dieu si nous l’associons à cette expression humaine totalement déformée. Dans la Bible, la colère de Dieu est une saine réaction, proportionnée et maîtrisée provoquée par un fait moralement condamnable (Rm 1.18-20).

Deuxièmement, peut-être n’avons-nous pas compris la réalité de la colère de Dieu (Rm 2.1-8). Nous manquons d’apprécier à quel point Dieu a horreur du mal et qu’il désire le juger. Mal que nous avons délibérément choisi de commettre (Rm 1.20 : « ils sont donc inexcusables », cf. Jn 3.18-19). De plus, La Bible insiste sur le caractère judiciaire de cette colère. L’Eternel est le juste juge qui condamne le péché.

Paul, par ailleurs, avait hâte de voir ce jugement intervenir (2 Th 1.8-10). De même, nous devrions désirer ce jour où Dieu remettra les choses en ordre. C’est ce que tout être humain lucide sur l’étendue du mal dans le monde désire au fond de lui.

Pour ma part, je suggère que sans appréciation profonde de cet attribut, nous allons manquer de chérir l’évangile à la hauteur de ce qu’il mérite.

En Romains 1.18-32, l’apôtre Paul veut nous persuader de notre besoin urgent de l’évangile en décrivant l’état lamentable dans lequel nous baignons tous.

  1. Pourquoi Dieu est-il en colère contre nous ?

Dieu est en colère contre les hommes parce qu’ils retiennent injustement la vérité captive (Rm 1.18). Le témoignage de la Bible au sujet de l’homme ne nous caresse pas dans le sens du poil. Nous ne sommes pas d’honnêtes sceptiques en quête de la vérité sur Dieu.

Au contraire !

Nous ne souhaitons pas connaître Dieu bien que les preuves de son existence sont légions (Rm 1.19-20). Nous hackons tous la vérité. Nous la kidnappons et nous la tordons parce qu’elle met en danger notre indépendance. Aujourd’hui au 21è s., on croit peut-être que Dieu se cache et nous évite. Pour la Bible, c’est nous qui l’évitons et refusons de l’adorer comme il se doit (Rm 1.21).

  1. Comment se manifeste cette colère ?

Le verbe « se révéler » du verset 18 est au présent. Cela suggère que cette colère est active aujourd’hui dans le temps présent.

Mais où est la preuve que Dieu est en colère ?

Regardez autour de vous, invite Paul. L’état de notre société corrompue est en fait une conséquence de la colère de Dieu. Nous lui disons tous que nous voulons être les maîtres de notre existence. Et Dieu répond : « ok, tu veux être le boss, vas-y ! Vis ta vie sans moi … ». La colère de Dieu se manifeste de cette manière. Il nous laisse vivre comme bon nous semble (Rm 1.24, 26, 28). Conséquences ? Nous nous dégradons et nous dégradons les autres (Rm 1.29-32). Mais Dieu ne laissera pas l’humanité dans cet état éternellement. Cette colère atteindra son paroxysme au jour du jugement dernier (Rm 2.5).

  1. Comment échapper à la colère de Dieu ?

La bonne nouvelle est que Dieu n’en est pas resté là. L’humanité sans Dieu est tellement perdue, convaincue de péché, qu’elle reste bouche fermée devant le juste jugement et la condamnation de Dieu (Rm 3.19). Dieu offre un seul moyen d’échappatoire, c’est le tournant de l’Histoire : Jésus-Christ vient sur terre s’offrir en victime propitiatoire pour apaiser la colère de Dieu (Rm 3.25). Qu’est-ce que la propitiation ? C’est un sacrifice qui détourne la colère de Dieu et qui le rend propice à notre égard, en couvrant le péché et en effaçant la culpabilité. Si nous mettons notre foi en lui, alors cette colère se détourne de nous et nous pouvons expérimenter la réconciliation avec Dieu (Rm 5.9).

Arthur W. Pink dans son ouvrage sur les attributs de Dieu nous invite à méditer sur cet attribut afin que nous soyons formés et équipés pour toute œuvre bonne (2 Tim 3.17) :

« La colère de Dieu est une des perfections du caractère divin sur laquelle il est nécessaire que nous méditions souvent. Premièrement, pour que nos coeurs soient pleinement pénétrés de la haine que Dieu éprouve envers le péché (…) Deuxièmement, pour que nos âmes acquièrent une réelle crainte de Dieu (…) Nous ne pouvons le servir d’une façon « qui lui soit agréable », si nous ne sommes pas remplis de « piété » pour sa majesté redoutable et de « crainte » à la pensée de sa juste colère (…) Troisièmement, pour que nos âmes soient amenées à louer avec ferveur Jésus-Christ, qui nous a délivrés de la « colère à venir » (1 Tim 1.10) Notre empressement ou notre répugnance à méditer sur la colère de Dieu se révèle un test sûr de la véritable disposition de nos coeurs envers lui. » (1)

Oui, prendre conscience de la colère de Dieu est essentielle pour notre compréhension et notre croissance dans l’évangile !


(1) The Attributes of God, cité dans J.I. Packer, Connaître Dieu, Charols, Grâce et Vérité, 1994, p. 179

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