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L’autre jour, je discutais avec un pasteur jusqu’à ce qu’il me dise :

La Bible contient la Parole de Dieu, mais elle est aussi une parole humaine.

Selon lui, l’épisode où Paul demande qu’on lui amène son manteau (2 Timothée 4.13) est un épisode certes intéressant dans la vie de l’apôtre, mais ne constitue pas vraiment la Parole de Dieu. Dieu a d’autres choses plus utiles à dire aujourd’hui.

Tous les théologiens reconnaissent à la Bible une certaine autorité, mais tous ne sont pas d’accord sur la nature de cette autorité.

Pour certains, la Bible est surtout approchée sous l’angle d’un document humain. Ce document contient certes la Parole de Dieu, mais également des paroles purement humaines. A chacun de discerner ce qui est divin et humain. A l’appui, quelques rares contradictions de chiffres dans les textes. Si Dieu était l’auteur absolu de la Bible, disent-ils, il n’y aurait aucune erreur !

Quelles sont ces « contradictions » apparentes dans la Bible ?

Quelques exemples :

Gad alla vers David, et lui fit connaître la chose. La même histoire lue en 2 Samuel 24.13 et 1 Chroniques 21.12 donne deux chiffres différents :

2 Samuel 24.13 mentionne sept années de famine dans ton pays….

1 Chroniques 21.12 mentionne trois années de famine

Que faut-il retenir, sept ou trois années de famine ?

2 Samuel 24. 4-9: Joab remit au roi le rôle du dénombrement du peuple: il y avait en Israël huit cent mille hommes de guerre tirant l’épée, et en Juda cinq cent mille hommes. 1 Chroniques 21.5 fait état de onze cent mille hommes tirant l’épée, et en Juda quatre cent soixante-dix mille hommes tirant l’épée.

Que retenir comme chiffres ?

2 Rois 8.26: Achazia avait vingt-deux ans lorsqu’il devint roi, et il régna un an à Jérusalem. Sa mère s’appelait Athalie, fille d’Omri, roi d’Israël. 2 Chroniques 22.2 mentionne quarante-deux ans lorsqu’il devint roi.

Achazia devint roi à 22 ans ou à 42 ans ?

On retrouve aussi ce genre de différences dans le Nouveau Testament.

En Matthieu, Jésus a guéri le lépreux : (8/2-4), puis l’esclave du centenier (8/5-13) ensuite il guérit la belle-mère de Pierre (8/14-15). Mais en Luc, l’ordre est différent. Jésus guérit la belle-mère de Pierre (4/38-39) puis le lépreux (5/12-14) ensuite l’esclave du centenier (7/1-10).

Quel est le bon ordre ?

Comment comprendre ces quelques différences ?

La Bible a été écrite par des mains d’hommes avec leurs acquis culturels, intellectuels, leurs caractères et leurs tempéraments, leur style d’écriture et dès lors, on peut donc reconnaître des inexactitudes de détail dans la présentation des faits et des décalages chronologiques. C’est là tout ce qui fait la vraie humanité de l’Écriture, pleinement humaine.

Pour autant, si la Bible est pleinement humaine de par son incarnation, la Bible est aussi pleinement divine, de par sa source.

Dieu est l’auteur principal de la Bible

C’est Dieu qui détermine qui va parler ou écrire. L’auteur biblique (humain) est en quelque sorte l’auteur secondaire réel de ce qu’il dit ou écrit avec ses moyens intellectuels, littéraires, avec ses souvenirs et parfois, avec ses efforts personnels de recherches (Luc 1. 3,4).  Est-ce à dire qu’il n’y a pas de difficultés dans la Bible ? Pas de contradictions apparentes ou chronologiques ?

La Bible est donc la Parole de Dieu dans la parole des hommes. Mais Dieu reste l’Auteur premier de l’Écriture. Elle est donc infaillible…

Dans quel sens est-elle infaillible ?

Les textes bibliques sont entièrement dignes de confiance. Ils sont sûrs et certains. Ou dit négativement : ils ne sauraient en aucun cas nous induire en erreur – sur Dieu, sur l’homme, sur la réalité du salut, le sens de l’histoire, etc.

Il faut bien comprendre la notion d’infaillibilité de l’Écriture. Le but de l’Écriture est bel et bien atteint infailliblement jusque dans les plus petits détails du texte biblique.

La Bible n’a pas la prétention d’être un manuel de géographie, de philosophie, ni même d’être un document historique du peuple de Dieu.

Le but de la Bible est de présenter le salut en Jésus-Christ

Puis de nourrir notre espérance jusqu’à ce que nous rencontrions le Seigneur. Cela n’implique pas forcément l’exactitude mathématique, scientifique – au sens moderne du terme – de tous les détails qui apparaissent dans le texte.

Sur les « diversités » et divergences de détails entre deux récits de deux auteurs différents : Nous partageons l’avis d’Auguste Lecerf selon lequel : «  L’essentiel est que les auteurs s’accordent sur le « principal » qui est le seul objet réel de leur affirmation ».

Dieu est donc bien l’Auteur premier des Écritures et les auteurs humains ne le sont qu’à titre secondaire.

Quelle autorité accordons-nous à la Bible ?…

L’autorité que nous accordons à la Bible déterminera ce que nous croirons et comment nous nous comporterons. Autrement dit, dès que la Bible n’est plus la Parole exclusive de Dieu, les questions surgissent.

La Bible reste-t-elle un critère de vérité pour l’élaboration de notre foi, pour l’Église, que faut-il croire ? La Parole est-elle encore crédible sur les questions de la morale et de l’éthique ?

L’abandon de l’autorité et de l’infaillibilité de la Parole a des conséquences catastrophiques pour la définition de notre Foi et de notre morale, car il ouvre la porte à toutes les interprétations et les comportements possibles.

Conclusion

L’inspiration plénière de l’Écriture, dont dépend son autorité normative et son caractère d’infaillibilité, est une doctrine qui demande à être crue, qui s’offre à notre foi, et non pas à être démontrée rationnellement.

Le statut que l’on reconnaît à l’Écriture dépend de la vision que l’on a de Dieu et de son intervention dans le monde, de sa providence. Ce statut ne doit pas être remis en cause par des questions d’erreurs minimes ou de contradictions apparentes, car ces questions-là ne remettent pas en cause l’autorité et l’infaillibilité des Écritures…

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