Ils arrivent en ville : accueillir les étudiants dans votre église !

« Et toi ? T’es dans quelle église ? » Voici une question qui met mal à l’aise un certain nombre d’étudiants chrétiens dans les villes universitaires de France … Surtout si elle se pose en décembre ! Malheureusement, les étudiants issus de nos églises ont souvent du mal à intégrer une assemblée locale. Est-ce une fatalité ?

Nous le savons, les années étudiantes sont uniques. Elles sont un pont entre deux mondes. Le monde de l’enfance, de la famille, de l’église qui nous a vus grandir et le monde de l’indépendance, de l’âge adulte, et des choix de vie. Durant cette période, les étudiants sont ouverts aux nouvelles idées (les meilleures ou les pires). Ils sont à un carrefour de leur existence qui va définir la trajectoire des 40 prochaines années de leur vie. Il est important que les églises ne ratent pas ce moment.

Mais reconnaissons-le d’emblée, ce n’est pas toujours simple pour les églises d’accueil. Les étudiants sont parfois partagés entre leur église d’origine et celle qu’ils fréquentent pendant leurs études.

Les assemblées peuvent être accueillantes, mais si les étudiants ne jouent pas leur partition, leurs années étudiantes dans cette église risquent d’être une cacophonie.

C’est pourquoi, j’ai divisé mes recommandations en deux parties, reconnaissant par là que les deux groupes sont responsables et doivent prendre leurs responsabilités.

Voici d’abord trois recommandations pratiques pour les Églises locales :

1. Reconnaissez formellement la présence des nouveaux étudiants. Informez publiquement votre assemblée à chaque nouvelle rentrée universitaire de l’arrivée de nouveaux étudiants. Cette annonce a pour objectif de rendre les membres sensibles à la présence de ces nouveaux venus. Je suggère aux responsables de se rendre visible et d’être intentionnel en allant à la rencontre de nouveaux visages. 

2. Désignez une ou plusieurs familles daccueil. Je me rappellerais toujours l’expérience d’une amie étudiante. Loin de sa famille pour ses études, elle rentrait seule dans son 11m2 après le culte. C’était un calvaire. Elle pleurait tous les dimanches après-midi. Sa famille et son église d’origine lui manquaient. Modestement, je suggère que son expérience aurait pu être différente si des membres de l’église l’avaient accueillie le dimanche pour le déjeuner et une partie de l'après-midi. L’hospitalité est un accélérateur d’intégration. Quand on ouvre sa maison, quand on accueille une personne autour de sa table, on communique non seulement de l’affection mais aussi de la communion fraternelle (Lc 15.1-2, Jn 13.35).

3. Investissez en eux. Je vous l’accorde, la plupart des étudiants présents au milieu de vos rangs partiront. Au Foyer ÉVANGÉLIQUE Universitaire de Grenoble, où je travaille, le«  turnover » est impressionnant. Certains étudiants restent simplement un semestre (6 mois). La majorité d’entre eux effectuent 6 semestres. C’est assez pour investir en eux. En effet, ce sont probablement les semestres les plus importants de leur existence. A cet âge, on pose les fondements pour les 40 prochaines années. Vous pouvez jouer un rôle crucial dans leur parcours personnel. Si votre église en a la capacité, développez un ministère étudiant robuste où vous viserez non seulement la transmission de connaissances mais aussi lesaptitudes. En particulier, apprenez-leur à lire la Bible, à communiquer des vérités bibliques, à faire des disciples… Ne soyons pas dupes, si vous n’investissez pas en eux, d’autres vont s’en charger. Et ce ne sera peut-être pas pour le Royaume.

Comme promis, voici trois recommandations pour les étudiants :

1. Ne regardez pas en arrière, mais allez de lavant. Qu’est-ce que je veux dire ? Il est trop facile d’être nostalgique, de penser sans cesse à son église d’origine au point de refuser de s’engager dans une nouvelle église proche de son lieu d’étude. Je vous l’accorde, si vous avez déménagé à une heure de chez vous et que vous avez le budget, le temps et l’énergie de rentrer chez vous tous les week-ends, ce point ne s’applique pas nécessairement à vous. Mais pour ceux qui sont trop loin de chez eux, et même si c’est difficile, engagez-vous le plus tôt possible dans votre nouvelle assemblée (Hb 10.24-25).

2.  Manifestez-vous rapidement auprès des responsables. En France, les études durent en moyenne 4 ans (lien : http://www.lemonde.fr/campus/article/2015/03/03/combien-coute-un-etudiant-en-france_4586730_4401467.html). C’est court et long à la fois. Ne planifiez pas de ne rien faire pendant ce temps en vous disant : « de toute façon, je ne vais pas rester toute ma vie dans cette église. »  Présentez-vous aux responsables de l’église. Affichez une attitude positive de service. Renseignez-vous sur les moments clés de la vie de l’église. Participez à un groupe de quartier. 

3. Développez une solide vision de l’église locale. Tandis que le ministère étudiant est important, il n’est pas et ne doit pas être une église locale. Stratégique, il est le bras armé d’une ou plusieurs églises pour atteindre un groupe spécifique d’individus (les étudiants par exemple). Mais il n’a pas vocation à remplacer l’église. Vous avez besoin d’être en relation avec des membres plus âgés qui pourront vous accompagner (Ti 2.1-8). Enfin, votre nouvelle église est la mieux placée pour prendre soin de vous. Vous y serez nourris, soignés et protégés (Mt 16.18, Ep 4.15, Hb 13.17).

Ces éléments faciliteront certainement l’intégration des étudiants lors de la rentrée universitaire prochaine. Mais je ne prétends pas avoir le dernier mot sur ce sujet. N’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires.


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