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Nous avons vu dans l’article précédent comment réagir quand les menstruations nous vulnérabilisent : prier pour ne pas céder à la tentation, prier que Dieu vienne à notre secours. Certaines pensent peut-être que cette épreuve mensuelle serait plus facile à traverser si la honte ne s’en mêlait pas. Dans ce dernier article, nous verrons donc quelques idées pour nous aider face à cette honte.

LA FIN DE LA HONTE

Un sujet tabou

« Elle portait un tailleur blanc et avait une grosse tache de sang sur ses fesses. » J’ai entendu cette anecdote lorsque j’étais enfant… Un traumatisme avant même d’avoir eu mes règles !

Certaines situations révèlent que nous avons nos règles : une tache, la privation d’une sortie-piscine avec des amis, un malaise au bureau… La honte ! Pourquoi de nombreuses femmes ont-elles honte que d’autres aient connaissance de leur état menstruel ? Pourquoi dire qu’on a ses règles relève souvent de l’aveu, comme si on avait fait quelque chose de mal ?

De nombreuses militantes qui souhaitent mettre fin au tabou des règles rejettent la faute sur les hommes. Ils seraient responsables d’avoir réduit les femmes au silence sur le sujet. Je pense personnellement que la réalité est plus complexe et que monter femmes et hommes les uns contre les autres n’est pas dans la logique biblique. Il nous faut donc creuser un peu plus pour comprendre d’où vient ce tabou.

Un monde sans honte

Commençons par le commencement. D’où vient la honte ? Nous trouvons l’origine de ce sentiment dès les premiers chapitres de la Bible, dans le livre de la Genèse. Au début de l’humanité, la honte n’existait pas ainsi que le souligne Genèse 2.25 :

L’homme et sa femme étaient tous les deux nus, et ils n’en avaient pas honte.

L’homme et la femme vivaient en toute transparence l’un vis-à-vis de l’autre, dans une relation harmonieuse. Ils étaient aussi en communion avec leur Créateur.

La honte, conséquence du péché

Puis les choses ont dérapé. Le serpent, le tentateur, est venu instaurer le doute dans leur tête :

Vous ne mourrez absolument pas, mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez [du fruit défendu], vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu: vous connaîtrez le bien et le mal. (Genèse 3.4-5)

On pourrait aussi tourner la phrase ainsi :

Dieu n’est pas si bon envers vous. Il vous a caché que vous pourriez être mieux que des images de Dieu, vous pourriez être Dieu lui-même.[1]

N’est-ce pas un doute un peu similaire qui nous envahit lorsque nous avons honte de nos règles ? Dieu est-il vraiment bon envers nous ? Dieu nous a-t-il créées si bien que ça ?

Une première piste pour faire face à la honte est d’être fière d’être une femme, créée par Dieu. J’ai été surprise en lisant divers blogs sur les règles de découvrir des femmes non chrétiennes plus émerveillées que moi par la façon dont notre corps est organisé. Tout est tellement bien fait pour accueillir une vie ! Sommes-nous prêtes à faire nôtres les paroles du Psaumes 139.14 ?

Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse.

Tes œuvres sont admirables,

et je le reconnais bien.

Mais poursuivons notre récit de Genèse pour voir comment s’introduit la honte. Suite aux paroles du serpent, Adam et Eve mangent du fruit de la connaissance du bien et du mal. Nous lisons en Genèse 3.7 :

Leurs yeux à tous les deux s’ouvrirent, et ils prirent conscience qu’ils étaient nus. Ils attachèrent des feuilles de figuier ensemble et s’en firent des ceintures.

Soudain, ils ont honte l’un envers l’autre. Le péché crée une rupture relationnelle entre l’homme et la femme, rupture qui perdure aujourd’hui. Les deux sexes ont régulièrement du mal à se comprendre.

De l’incompréhension à l’harmonie

Fabienne raconte : « Plusieurs fois, quand j’étais adolescente, je me suis dit que j’aurais préféré être un garçon pour ne pas avoir à subir mes règles. Ce n’est que plus tard que j’ai compris qu’être un homme avait aussi ses inconvénients, notamment dans le domaine sexuel ».

Être une femme, ce n’est pas simple ; mais être un homme non plus. Chez beaucoup d’hommes, les pulsions sexuelles sont plus fortes que les nôtres, la maîtrise des érections peut être complexe… Nos luttes n’ont rien à envier à celles des hommes.

Les femmes trouvent parfois les hommes immatures quand ils rigolent des menstruations ou que ça les dégoûte. Pourtant, les femmes ne sont-elles pas tout aussi immatures quand elles font des généralités sur les hommes et en sont amenées à les critiquer ?

Au milieu de ces incompréhensions, y a-t-il un espoir de rétablir une harmonie ?

Cet espoir se trouve en Jésus. Il nous permet non seulement de nous réconcilier avec Dieu, mais aussi de changer grâce à son Esprit. Et voici le résultat exprimé en Galates 5.22 :

Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi.

Armons-nous donc de patience et de douceur pour expliquer nos difficultés aux hommes. Il me semble que le cadre familial est le plus évident pour le faire. L’épouse peut discuter avec son mari de la meilleure façon de l’aider dans ces périodes complexes. La mère peut faire comprendre à son fils pourquoi il n’est pas charitable de se moquer d’une fille qui a ses règles.

Mais armons-nous aussi de bienveillance et de maîtrise de soi pour ne pas gêner les hommes si ce n’est pas nécessaire. Acceptons qu’ils puissent être mal à l’aise d’entendre parler du sang qui coule de nos entrailles.

Le regard qui compte le plus

La rupture relationnelle ne se limite pas à la relation hommes-femmes. Elle s’étend à l’ensemble de nos relations, si bien que depuis le péché originel, nous avons peur du jugement de l’autre. C’est ce qui se passe quand nous avons honte de nos règles. Nous avons notamment peur :

  • d’être considérées comme faibles,
  • d’établir une distance avec notre interlocuteur,
  • de révéler notre intimité.

Y a-t-il aussi un espoir face à cette peur du regard des autres ? La réponse se trouve encore une fois en Jésus. Grâce à lui, nous pouvons être certaines de qui nous sommes :

  • Des femmes faibles rendues fortes grâce à Dieu.
  • Des filles aimées fidèlement de leur Père céleste comme nous le rappelle le Psaume 27.1 :

L’Éternel est le soutien de ma vie: qui devrais-je redouter ?

  • Des femmes qui arrivent à dévoiler plus facilement des choses personnelles parce qu’elles savent qu’elles partagent la même condition humaine que les autres, avec ses limites et ses souffrances. Bien sûr, il ne s’agit pas d’étaler son intimité à tout venant. Mais de mon expérience, ma vie était plus difficile lorsque je refusais de m’ouvrir sur des sujets trop personnels incluant les menstruations. À partir du moment où j’ai accepté de discuter davantage d’éléments de ma vie privée, j’en ai été enrichie.

Sur la croix, Jésus a subi la honte. Il était tout nu, exposé aux yeux de tous. Il était défiguré par une couronne d’épines, déchiqueté par les coups qu’il avait subis. Mais il « a méprisé la honte » (Hébreux 12.2) parce qu’il y avait plus important pour lui : accomplir la volonté de Dieu en se sacrifiant pour nous.

Quand nous faisons face à la honte, pensons à Jésus et demandons-nous quel regard compte le plus pour nous : celui de Dieu ou celui des hommes ?
Que Dieu nous vienne en aide quand nous nous sentons honteuses !

Marie-Aude B.

[1] Idée reprise d’un article sur Genèse 1 à 3 d’Emmanuelle M. sur le site creusonslabible.fr.

Note de l'éditeur : 

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