Fais-moi voir ta gloire !

La gloire de Dieu est un sujet fascinant mais qui souvent nous laisse confus. John Piper de son côté affirmait dans un message que la gloire de Dieu, comme la beauté, est indescriptible avec des mots.1 Comment en effet définir la gloire de Dieu…est-ce possible ? En écrivant ma thèse de maîtrise sur le sujet, j’ai parcouru plus de 20 théologies systématiques pour ne trouver qu’une seule définition maladroite.

La gloire de Dieu est en effet un sujet vaste et pour beaucoup ambiguë. Pourtant la Bible en délimite des contours précis. En sondant les termes et passages bibliques divers sur le sujet, 8 catégories principales émergent.

Je vous invite à vous plonger avec moi en Exode 33-34 pour en avoir un aperçu !

La gloire de Dieu est personnelle.

En Exode 32, Israël fait le veau d’or. Le peuple rejette son Dieu en le remplaçant par une idole. Game over ? Pas encore. Dieu a déjà manifesté à Moïse son désir de faire d’Israël son peuple. Israël le rejette, mais l’Éternel n’abandonne pas. Ni Moïse.

Suite au péché d’Israël, l’alliance a été brisée, ainsi que les tables des 10 commandements. Dieu avertit Moïse et dans sa fidélité Il donnera le pays promis, mais il n’accompagnera pas Israël au risque de consumer le peuple. Il enverra un ange à la place (33.2-3).

Moïse plaide alors devant Dieu. Il a soif de cette relation personnelle, où « L’Éternel parlait avec Moïse face à face, comme un homme parle à son ami » (Ex 33.11). Le prophète fait une requête personnelle : voir la gloire de Dieu. C’est la continuation de leur conversation. En réponse, Dieu définit sa gloire comme sa propre personne : Moïse ne peut le voir face à face et vivre (33.20). Il approuve la requête de Moïse et se manifeste à nouveau sous nom personnel, Yahvé, le Dieu qui est (Ex 34.6-7), qui est toujours présent. Il n’était pas le Dieu d’Abraham, il est le Dieu d’Abraham (cf Mc 12.26-27). Lorsqu’il entre dans une relation personnelle en partageant son salut, c’est pour l’éternité. Sa gloire est personnelle, une relation personnelle avec Dieu ne peut être que glorieuse.

La gloire de Dieu est incompréhensible.

Moïse veut voir la gloire de Dieu, mais cette gloire est trop grande et trop belle pour être totalement révélée. Le prophète en mourrait (Ex 33.20). Dieu ne peut en manifester qu’une partie, le reste sera à découvrir plus tard. Suite à cette rencontre, le visage de Moïse brille d’une lumière aveuglante. Le peuple est à la fois dans l’admiration et la crainte (Ex 34.30-32) devant cette gloire sublime d’un autre monde.

La gloire de Dieu est révélatrice.

Moïse ne peut pas tout voir de Dieu, mais tout ce que Dieu peut lui révéler, il le fait. Suite à la rébellion du veau d’or, il révèle ses attributs qu’Israël a besoin d’entendre. Le peuple vient de pécher, et Dieu se révèle comme le Sauveur des pécheurs. Il est le Dieu de grâce, plein de patience, de miséricorde, riche en bonté et en fidélité, qui garde son amour jusqu’à la 1000e génération, qui pardonne et qui limite aussi les dégâts du péché par son jugement (34.6-7). Le visage de Moïse brille non pas parce qu’il avait vécu une expérience mystique, mais « parce qu’il avait parlé avec Dieu » (34.29). La gloire de Dieu est sa révélation, en parole, en œuvre, et par sa présence ressentie. Lorsque Dieu manifeste sa gloire, c’est pour se faire connaître davantage.

La gloire de Dieu est royale.

Suite à la manifestation de Dieu, Moïse se prosterne. Il se soumet au souverain, lui montre son allégeance (34.8). Dieu, lui, le Roi Tout-Puissant, promet la conquête de peuples et de nations (Ex 34.10), réinstaure sa loi (Ex 34.27), exige soumission et respect. Le peuple lui appartient et est obligé de lui donner les premiers produits de son sol (Ex 34.26).

La gloire de Dieu est participative.

Dieu accueille le peuple pécheur par sa repentance, et promet de manifester sa gloire au travers de lui : « Je vais accomplir devant tout ton peuple des merveilles qui ne se sont produites dans aucun pays ni chez aucune nation. Tout le peuple qui t’entoure verra l’œuvre de l’Éternel, et ce que j’accomplirai par toi inspirera de la crainte. »

La gloire de Dieu est christocentrique.

Dieu se manifeste à Moïse par la personne de la 2e personne de la Trinité, Jésus-Christ. A part Jésus, personne n’a vu le Père (Jn 1.18). L’Ange de l’Éternel, le Dieu qui se manifeste dans l’Ancien Testament, n’est nul autre que Jésus-Christ. Le Dieu qui manifeste sa gloire à Moïse dans la nuée (Ex 34.5) est le même qui reviendra dans la gloire dans la nuée (Mc 13.26). Jésus, le rocher spirituel qui nourrissait Israël dans le désert (1 Cor 10.4), reste constamment au centre des révélations de la gloire de Dieu (cf. Es 6.1-3 et Jn 12.41).

La gloire de Dieu est digne de louange.

Devant la révélation de la gloire de Dieu, Moïse tombe à genoux et adore (Ex 34.8). C’est en effet la réponse appropriée à toute manifestation de la présence de Dieu. Dieu accepte de révéler sa gloire à Israël malgré son péché, cependant il lui rappelle clairement que son alliance est centrée sur la louange de sa gloire. Dieu contrôle le calendrier de son peuple et l’invite à le louer de semaine en semaine, de mois en mois et d’année en année (Ex 34.21-23).

La gloire de Dieu est eschatologique.

La gloire de Dieu est sans mesure. Elle est infinie et éternelle. Y être invité, c’est entrer dans une relation avec le Dieu qui est, le Dieu éternellement présent, dont l’amitié ne peut être rompue par le temps ou la mort. La révélation que Dieu donne à Moïse en Exode est profonde, mais elle ne reste qu’un épisode attendant une suite. Et la bonne nouvelle : il y aura toujours une suite passionnante à la gloire de Dieu.


1 John Piper, “What is God’s glory?” http://www.desiringgod.org/interviews/what-is-god-s-glory.

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