Espoir pour l’évangélisation dans une époque sécularisée

par Robert Pastryk de Pixabay

Dans Australie actuelle, les chrétiens sont souvent considérés comme des « hors-la-loi moraux ». On y fait pression sur eux pour leur faire abandonner leurs vues « bigotes » — au moins dans l’espace public.

La tentation qui guette les chrétiens est de paniquer et de devenir alarmistes — comme si Dieu avait abandonné son gouvernement divin sur le monde Occidental !

Aussi, comment vivre en chrétiens dans ce monde en constante évolution ? Comment évangéliser dans ce contexte de plus en plus étranger ?

La semaine dernière j’ai eu le plaisir d’assister à la 2019 Nexus Conference à Sydney, co-organisée par The Gospel Coalition Australia. Le pasteur Mark Dever de Capitol Hill Baptist à Washington D.C. était l’un des orateurs (au milieu d’un certain nombre de bons orateurs australiens). Dever – qui vit dans l’un des coins les plus sécularisés des États-Unis – fit de nombreuses et importantes observations au sujet de l’évangélisation dans ce monde post-chrétien.

 

1. Souvenez-vous que les églises existent pour travailler à un changement surnaturel

Nous prêchons l’Évangile à un cimetière. Alors que notre culture s’est éloignée de la vision du monde judéo-chrétienne qui imprégnait le monde Occidental, une chose n’a pas changé : les êtres humains sont tout autant morts spirituellement qu’ils l’ont toujours été.

Les non-chrétiens ne sont pas plus spirituellement morts dans notre époque post-chrétienne qu’ils ne l’étaient dans la Genève de Calvin, ou l’Australie des années 1950. La mort spirituelle est la condition naturelle de l’être humain depuis Genèse 3, et, de ce fait, il n’est pas plus difficile maintenant de ressusciter une personne morte que ça ne l’était à Jérusalem quand Pierre prêchait aux foules (Actes 2). Nous proclamons l’Évangile à un cimetière : il en a toujours été ainsi, et nous le ferons toujours, jusqu’au retour du Seigneur Jésus.

En ce temps crucial, l’évangélisation n’a pas changé, en dépit du changement culturel massif que nous vivons.

 

2. La persécution fait partie intégrante de la vie du chrétien

Jésus a prévenu ceux qui le suivent qu’ils seraient persécutés par le monde. Lorsque j’étais lycéen, la pire pression que j’aie expérimentée a été d’être affublé de certains surnoms. Ce n’était pas vraiment agréable pour une âme d’adolescent sensible comme la mienne, mais j’ai survécu. Puis, je suis parti à l’armée, où la pression fut un peu plus intense ; mais encore une fois, ce n’étaient pas plus que des mots. Je pense que mon expérience en tant que chrétien au sein de la culture sécularisée de ce temps est classique.

Si nous jetons un coup d’œil à l’actuelle Australie, la crainte de la persécution a grimpé en flèche. Nous y sommes plus accoutumés maintenant que jamais auparavant. Et pourtant, la persécution fut annoncée par Jésus à ceux qui le suivaient (Jean 15). Nous, les Occidentaux, avons seulement vécu une longue période de sursis durant les derniers siècles.

De ce fait, il nous faut changer nos attentes et être prêts pour la persécution, quelle que soit la forme qu’elle prenne.

Le terme « persécution » n’est-il d’ailleurs pas un terme trop fort pour décrire ce que nous expérimentons (et vraisemblablement expérimenterons) ? La persécution n’est-elle pas plutôt cette opposition violente, physique, que beaucoup de nos frères et sœurs expérimentent par exemple au Moyen-Orient ou en Corée du Nord ?

Comme Dever le relevait, 1 Pierre parle des chrétiens qui « participent aux souffrances de Christ » (ce qui veut dire : qui sont persécutés) en 1 Pierre 4:12. Or, la forme de persécution que les lecteurs de 1 Pierre ont vécue prenait la forme d’« insultes » pour le nom de Christ. En d’autres termes, des insultes pour le fait d’être un chrétien sont une forme de persécution.

Pourquoi les chrétiens sont-ils persécutés ?

Dever relève le point intéressant que c’est souvent pour des enjeux secondaires que se déclenche la persécution. Nous ne nous sentons pas sous pression aujourd’hui pour notre foi dans la doctrine de la justification par la foi seule, ou parce que nous confessons Christ comme le seul Seigneur et Sauveur. Nous connaissons l’opposition pour des questions secondaires, telles que nos convictions au sujet de la sexualité.

Pourtant, au travers de tout cela, la Bible n’encourage jamais les chrétiens se victimiser. Alors qu’il est très tentant de le faire, nous devons nous souvenir du fait que la persécution est souvent utilisée par Dieu pour répandre l’Évangile. Par exemple, l’église de Philippes démarra parce que Paul et Silas y passèrent un temps en prison. Jésus a prévenu ses disciples que la persécution — en particulier celle déclenchée par les autorités gouvernementales — créerait des occasions pour annoncer l’Évangile (Lc 21:10-19). De même, l’Évangile se répandit hors de Jérusalem, alors que la persécution forçait les chrétiens à se disperser au loin (Actes 8).

 

3. Éviter l’utopisme

Il ne pourra jamais y avoir un monde parfait de ce côté-ci de l’éternité. Les chrétiens devraient être un peuple qui pratique l’amour et la justice. Nous devons être bons envers tous les Hommes (Gal 6:10), en aimant nos voisins comme nous-mêmes (Matt 22:39).

Tandis que nous pratiquons ces choses à un niveau personnel, corporatif (en tant qu’églises et dénominations), et en tant que citoyens qui exercent leur responsabilité démocratique, nous n’allons pas faire de ce monde le Royaume de Dieu. C’est au-dessus de notre de nos capacités. Dieu seul peut introduire les Nouveaux Cieux et la Nouvelle Terre. Dieu seul peut introduire les Nouveaux Cieux et la Nouvelle Terre.

L’utopisme n’est pas seulement non-biblique, il peut aussi être carrément dangereux (comme le démontrent les divers régimes séculiers utopistes du XXesiècle).

Au contraire, nous sommes appelés à avoir un impact sur notre culture – impact qui, par moments, peut s’avérer significatif.

 

4. Faisons usage de notre service démocratique

Dans notre démocratie, les chrétiens participent à l’autorité du gouvernement. En tant que chrétiens citoyens d’une démocratie, nous partageons l’autorité de notre gouvernement. De sorte que si nous négligeons cette autorité démocratique (donnée par Dieu), nous négligeons le bien des gens.

Écrivant ailleurs au sujet de la responsabilité démocratique, le théologien Russell Moore argumente :

Dans un système démocratique de gouvernement l’État est redevable devant le peuple, qui est, en dernier ressort, l’autorité qui gouverne.

Ailleurs, Moore exprime cela plus poétiquement :

Repousser en haussant les épaules cette responsabilité politique n’est pas l’équivalent du silence de Jésus se tenant devant Pilate. C’est plutôt l’équivalent de Pilate se lavant les mains, de façon à ne pas assumer le fait de rendre des comptes pour ses propres décisions et ses actions précédentes .

Tandis qu’aucune quantité d’action politique seule ne pourra adoucir des cœurs dépravés, nous pouvons réduire les obstacles à la communication libre de l’Évangile. Par exemple, nous pouvons voter pour des Hommes politiques qui défendent la liberté religieuse, plutôt que sa réduction.

 

5. Confions-nous dans le Seigneur et non dans les circonstances humaines

Il n’est jamais arrivé que les chrétiens ne puissent plus de confier en Dieu. Jésus s’est magnifiquement confié à Son Père au travers de l’horreur de la croix. Dieu démontra qu’Il est digne de confiance dans tout ce que nous devrons supporter, peu importe quelle persécution nous devrons souffrir. En nous confiant en Lui, nous porterons un beau témoignage à la bonté et à la puissance de Dieu. Et cela Lui donnera gloire.

 

6. Souvenons-nous que tout ce que nous avons n’est que par la grâce de Dieu

Tout ce que nous recevons de moins que l’enfer c’est est une source de réjouissance et de reconnaissance pour le chrétien. Tout ce que nous avons est une grâce de Dieu. Gardons cette perspective, de manière à ne pas être tentés de devenir amers envers les non-chrétiens qui sont nos employeurs, nos amis, les membres de notre famille ou du gouvernement, lorsqu’ils s’opposent à nous. Pensez à l’apôtre Paul : comment était-il capable de se garder de l’amertume et de se réjouir en prison (Actes 16) ? En gardant en tête ce dont il avait été pardonné.

La fausse critique du christianisme par le marxisme est de dire que nous prêchons un gâteau dans le ciel et que c’est un opium pour nous faire oublier les épreuves réelles autour de nous. Mais le marxisme a tort : connaître notre possession éternelle et durable (Héb 10:34) est exactement ce qui nous permet d’être maintenant si étrangement aimants et généreux envers les autres, parce que nous sommes sûrs de l’héritage éternel que nous possédons.

Nous n’avons pas à penser comme nos pauvres amis marxistes qui croient que cette vie est tout ce qu’il y a à vivre. Notre perspective éternelle est la raison qui fait que nous sommes si étrangement aimants et prêts à partager la bonne nouvelle, quelle que soit l’opposition.

 

7. Reposons-nous dans la certitude de la victoire de Christ

Les portes de l’enfer ne prévaudront pas face à l’Église de Jésus-Christ. Chaque nation et chaque époque attaquent Dieu et son peuple de diverses façons, mais en aucun cas elles ne réussiront à battre Jésus, pas plus que la crucifixion n’y est parvenue. Jésus mourut, mais trois jours après il ressuscita d’entre les morts. Le royaume de Christ ne court pas le risque de s’effondrer, ni ici en Australie, ni Outre-Mer dans les lieux où la persécution est plus sévère. Nous devons sans cesse le prêcher à notre âme et y croire de toutes nos forces. Le « jour J » (la mort et la résurrection de Jésus-Christ) est arrivé — suivi aujourd’hui d’un temps de proclamation et de positionnement face à la proclamation de la victoire de Christ.

Le contexte actuel n’aura pas raison du plan de Dieu : ses élus ne se perdront pas,, il accèderont au salut, selon sa volonté.. Nulle anxiété ni désespoir ne devrait nous ébranler – seul un sentiment d’urgence à annoncer l’Évangile constitue une attitude sage. Mais pas la peur.

 

8. Comprenons la différence entre la « macro » culture et la « micro » culture

Tout le monde ne pense pas comme un universitaire séculier. Quand nous considérons le paysage culturel, nous pouvons affirmer que tous les non-chrétiens ne pensent pas comme l’élite des centres villes, qui est suspicieuse, voire hostile envers le christianisme.

Mais il semble qu’il y a une différence importante entre ce que Joe et Sally, qui habitent à deux portes de chez nous, pensent au sujet du christianisme, et ce que pensent les universitaires, des départements qui étudient les questions du genre, du christianisme. Pas besoin de dire qu’il y a souvent une nette différence. En réalité, pour beaucoup de gens irréligieux ordinaires, le christianisme est devenu une nouveauté – quelque chose qui suscite la curiosité plus que la suspicion. Et cela même parmi les étudiants des campus universitaires.

Il est donc bien utile de garder cela à l’esprit quand nous envisageons de partager l’Évangile avec nos amis, nos collaborateurs de travail et notre famille.

Il fait plus sombre avant l’aube

Nous savons que Christ va revenir et mettre toutes choses en ordre. Aussi voulons-nous partager cette bonne nouvelle avec le plus de personnes possible. Ce n’est pas le moment de paniquer ou de nous retirer. Au contraire, il est temps de continuer à proclamer l’Évangile à une culture moribonde, sachant qu’il n’y a aucun autre nom sous le ciel par lequel nous puissions être sauvés.

 

Originellement publié sur akosbalogh.com

 

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