×

Notre gérance financière est un sujet biblique central d’une extrême importance. Par conséquent, les dirigeants chrétiens devraient aborder sans aucune gêne la gestion financière – nous qui sommes appelés à déclarer « tout le conseil de Dieu » au peuple qu’il nous confie (Actes 20:27, NEG.

L’énormité de l’enseignement de la Bible sur ce sujet suscite notre attention. Pourquoi Jésus a-t-il dit plus sur la façon dont nous devons concevoir et gérer l’argent et les biens que sur tout autre sujet, y compris le ciel et l’enfer, la prière et la foi ? Parce que Dieu veut que nous reconnaissions la relation puissante qui existe entre notre véritable condition spirituelle et notre attitude et nos actions concernant l’argent et les biens.

Dans les églises, la gérance ne doit pas être considérée comme l’un des nombreux « intérêts spéciaux » à option proposés à l’occasion. Nous avons besoin de beaucoup plus que d’enseigner la budgétisation et la planification financière. Nous avons besoin d’une théologie de l’argent et des biens basée sur la Bible, et centrée sur le Christ, qui aborde des questions critiques de gestion pour tous les chrétiens.

Dans une société préoccupée par l’argent et les biens, les chrétiens seront continuellement exposés à des mensonges et à de mauvaises manières de vivre. Certes, nous ne pouvons pas attendre de la communauté chrétienne qu’elle prenne les Écritures au sérieux dans ce domaine vital de l’intendance, à moins que les pasteurs l’enseignent et l’appliquent clairement.

Certains obstacles à adresser

Les croyants sont souvent plus ouverts même au sujet de leurs luttes sexuelles qu’à leurs luttes contre le matérialisme. Certaines églises parlent de se désendetter. J’applaudis ça. Mais vous pouvez être libre de toute dette tout en restant radin et gourmand. Nous n’avons pas besoin de devenir des matérialistes plus intelligents ; nous devons nous repentir du matérialisme et devenir des gérants intelligents.

Lorsque les églises abordent les sujets de l’intendance et des dons, une erreur fondamentale qu’elles commettent souvent consiste à lier l’enseignement à un projet ou à un besoin spécifique. Nous prêchons de donner parce que les offrandes sont en baisse ou pour avoir les fonds pour lancer un projet de construction. Le résultat est que les gens considèrent l’instructioncomme un simple outil de collecte de fonds, un moyen d’atteindre nos objectifs personnels ou institutionnels. (En effet, c’est souvent ce que c’est.) Je recommande de programmer des messages sur la gérance et les offrandes lorsqu’il n’y a pas de demande spéciale à donner.

J’ai été pasteur pendant 14 ans. Je comprends que la plupart des pasteurs savent que ce sujet est important, mais se sentent gênés de le traiter de leur propre initiative. Certains peuvent être hésitants parce qu’ils ne sont pas de bons intendants, alors « Comment puis-je prêcher sur quelque chose que je ne fais pas? » Il est également vrai que certaines églises qui s’imaginentqu’elles « aiment entendre la Parole » s’offusquent de ce que la Parole leur dit réellement, en particulier lorsqu’elle menace leurs suppositions et leur style de vie confortables. La solution est-elle d’éviter une réaction défensive en évitant le sujet de l’argent ? Non! Nous devons suivre l’exemple de Paul, qui a dit aux anciens d’Ephèse qu’il « n'[a] rien caché de ce qui vous était utile » (Actes 20:20, NEG). Les pasteurs et les enseignants doivent prêter attention au sujet de la gérance financière, auquel les Écritures consacrent tant de temps.

Enseigner l’essentiel

En 1988, alors que j’écrivais la première version de mon livre Money, Possessions, and Eternity, j’ai été tenté de ne pas utiliser le mot gérance. Cela semblait être un mot ancien et mourant qui évoquait des images de grands thermomètres rouges sur les plateformes d’église, mesurant à quel point les églises étaient loin de rembourser leurs prêts hypothécaires.

Néanmoins, j’ai décidé que la gérance était un mot trop beau pour être abandonné, à la fois de façon biblique et historique. Je suis heureux de ne pas l’avoir abandonné, car ces dernières années, le mot a gagné du terrain, même parmi les incroyants qui parlent souvent de « la gérance de la terre ». La signification fondamentale de la gérance chrétienne se trouve dans ses racines bibliques, particulièrement dans ce que Jésus a enseigné dans ses paraboles sur la gérance.

Un gérant peut simplement être défini comme « une personne à laquelle un propriétaire confie la gestion de ses actifs ». Dieu s’attend à ce que nous utilisions toutes les ressources qu’il nous a données pour mieux nous acquitter de nos responsabilités, afin de promouvoir le Royaume. Cela inclut de prendre soin de nos familles, de nos maisons et de nos entreprises, de notre planète et de tout ce qu’il nous confie.

La parabole des talents (Matthieu 25:14-30) montre que Dieu nous confie à chacun des actifs financiers, des dons et des opportunités différents, et que nous lui serons redevables de la manière dont nous les avons investis dans cette vie. Nous devons nous préparer au retour du Maître en renforçant la croissance de son Royaume par nos sages investissements dans ses actifs.

Le principal objectif d’un gérant est d’être « trouvé fidèle » par son maître. Il se montre fidèle en utilisant judicieusement les ressources du maître pour accomplir les tâches qui lui sont déléguées (1 Corinthiens 4:2).

Vu sous cet angle, la gérance n’est pas une sous-catégorie étroite de la vie chrétienne. Au contraire, elle est la vie chrétienne. La possession que Dieu a non seulement de « notre » argent et de nos biens, mais aussi de « notre » temps, de nos capacités et tout le reste, devrait être au centre de nos réflexions. Je crois qu’il n’y a pas de vérité plus fondamentale que les pasteurs doivent transmettre aux congrégations de leurs églises, que la vérité que Dieu est le seul responsable, et que nous sommes ses gérants. S’il y a un changement de paradigme qui change la donne, c’est la prise de conscience que « mon » argent et « mes » biens appartiennent vraiment à Dieu. Juste dire des mots n’est pas assez.

Découvrir les offrandes joyeuses

Donner, ce n’est pas l’intégralité de la gestion financière, mais c’est un élément essentiel et révélateur. Nous avons désespérément besoin de voix prophétiques dans nos églises décriant notre richesse égocentrique et notre indifférence face aux besoins mondiaux, et nous appelant à une joyeuse générosité qui exalte Christ, aide ceux qui souffrent ; et remplit notre âme jusqu’à en déborder.

Dans mon livre Le principe du trésor, je parle de donner avec joie. Mon approche est de ne pas mettre l’accent sur les méthodes traditionnelles de motivation des dons, qui sont généralement considérées comme imposant un devoir. Plutôt, quand Jésus a parlé de l’homme qui a trouvé le trésor dans les champs (Matthieu 13:44), il a souligné à quel point « dans sa joie » l’homme est allé vendre tout ce qui lui était nécessaire pour gagner le trésor. Nous ne sommes pas censés avoir pitié delui parce que cela lui a tout coûté – au contraire ! Nous sommes censés imiter cet homme ! Cela lui a coûté, oui, mais cela l’a rempli de joie! Les avantages ont largement dépassé les dépenses. C’est comme cela que nous devons aborder les offrandes

Je pense que les pasteurs devraient souligner ce que Jésus a fait dans Matthieu 6:19-21 quand il a donné aux gens les raisons pour lesquelles ils déposaient des trésors au ciel et non sur la terre. Lorsqu’ils commencent à lire ce passage, beaucoup de gens se disent : « Jésus est contre la constitution de trésors pour nous-mêmes ». Faux! Il nous commande de constituer des trésors pour nous-mêmes. Il dit simplement : « Arrêtez de les ranger au mauvais endroit et commencez à les ranger au bon endroit ».

Le principal argument du Christ contre l’accumulation de richesses matérielles sur la terre n’est pas que c’est moralement mauvais, mais simplement que c’est stupide. C’est un mauvais investissement. Les choses matérielles ne résistent pas à l’épreuve du temps. Même s’ils échappent aux mites, à la rouille et aux voleurs, ils ne peuvent pas échapper au feu de Dieu à venir qui consumera le monde matériel (2 Pierre 3:4). Ils seront séparés de nous ou nous d’eux, mais l’essentiel est que nous ne pouvons pas les emporter avec nous.

Mais Jésus ajoute ce corollaire incroyablement excitant : «Non, vous ne pouvez pas l’emporter avec vous, mais vous pouvez l’envoyer à l’avance.» C’est le principe du trésor. C’est ce que nous faisons quand nous donnons.

Les pasteurs peuvent faire appel à leur congrégation de deux manières différentes : donner parce que cela vous apportera de la joie et donner parce que cela vous apportera une récompense éternelle. En d’autres termes, ne le faites pas simplement parce que c’est juste, mais parce que c’est intelligent et que cela vous rendra heureux.

Si nous stockons nos trésors sur la terre, alors chaque jour qui nous rapproche de la mort nous éloigne de nos trésors. Le Christ nous appelle à renverser la situation – à stocker nos trésors au Ciel. Ainsi, au lieu de nous éloigner chaque jour de nos trésors, nous nous dirigeons tous les jours vers nos trésors. Les pasteurs doivent demander à leur congrégation : Est-ce que vous vous dirigez vers vos trésors ou est-ce que vous vous en éloignez ?

Comprendre le pouvoir de l’exemple

Les pasteurs ne doivent pas seulement enseigner, mais aussi donner un modèle de gérance biblique. Esdras, chef spirituel de son peuple, « avait appliqué son cœur à étudier et à mettre en pratique la loi de l’Éternel, et à enseigner au milieu d’Israël les lois et les ordonnances» (Esdras 7:10, NEG). Les pasteurs doivent faire preuve de transparence concernant leur propre cheminement et ce que Dieu leur a enseigné en cours de route. Si nous ne parvenons pas à enseigner la gérance biblique et la générosité radicale dans nos églises, pourquoi devrions-nous être surpris que si peu de chrétiens semblent les pratiquer?

Les gens réagissent mieux lorsqu’ils ont des exemples concrets à suivre dans leurs chefs et leurs pairs (Nombres 7:3 ; 1 Chroniques 29:9 ; 2 Chroniques 24:10). Les compagnons chrétiens devraient s’enseigner les uns les autres en matière de gestion financière. Les jeunes croyants ont besoin de voir des incarnations de styles de vie bibliques. Ceux qui ont appris la servitude de la dette à la dure ont besoin d’avertir les autres. Les jeunes couples doivent entendre leurs aînés parler de leur joie de donner et de la façon dont Dieu les a utilisés dans leur famille. (Une étape que j’ai prise en tant que pasteur a été de rassembler et de distribuer un livret de témoignages financiers de dix familles de l’église.)

Pour inverser la tendance matérialiste dans la communauté chrétienne, nous avons désespérément besoin de modèles audacieux d’une vie centrée sur le royaume. Nous devrions glorifier Dieu, pas les gens. Par contre, nous devons voir et entendre d’autres histoires de dons, sinon notre peuple n’apprendra pas à donner.

Nous devons «[veiller] les uns sur les autres, pour nous exciter à la charité et aux bonnes œuvres» (Hébreux 10:24). Ne devrions-nous pas nous demander: « Comment pouvons-nous nous encourager mutuellement à donner? Comment pouvons-nous nous aider mutuellement à exceller dans les offrandes ? »

Une des façons dont les dirigeants d’église peuvent inspirer à donner consiste à engager l’église à donner un pourcentage plus élevé de ses propres revenus. Est-ce que 15% des revenus de l’église vont aux missions ? Soulevez-le à 25% l’année prochaine et plus à la suivante. Est-ce que 5% vont aider les pauvres ? Augmentez-le à 15%. Pour la même raison que les églises désireuses de décourager leurs membres de s’endetter ne devraient pas contracter de dettes, les églises qui souhaitent encourager les dons devraient donner. Donner ne devrait pas être simplement quelque chose dont les églises parlent, mais quelque chose qu’elles font.

Les pasteurs ne devraient pas limiter les prédications sur les offrandes aux moments où ils recueillent des fonds pour des projets de construction. Pourquoi ne pas prêcher cela pendant quatre semaines, et ensuite le suivre non pas avec une offre qui profitera à l’église, mais avec une offre de missions qui profitera aux autres ? Si nous voulons que les gens s’étendent dans la gestion des ressources que Dieu leur a confiées, la meilleure façon de le montrer est que l’église elle-même s’étende.

Imaginer la renaissance d’une vie stratégique et de généreuses offrandes

La prospérité a émoussé nos sens. Bien que la Parole de Dieu appelle notre attention, nous continuons à vivre aveuglément hors cadence avec la partition musicale de l’éternité.

Par la grâce de Dieu, les pasteurs peuvent exhorter humblement le corps de Christ à prendre au sérieux les instructions de Dieu concernant l’argent et les biens et leurs applications. Comme ils le font, la cause de Christ sera approfondie et sa personne exaltée. Comme cet appel est joyeux et honore Dieu, celui que les pasteurs doivent répondre – à la fois dans leurs choix de vie personnels et dans leurs paroles.

Paul exhorte les Corinthiens à suivre l’exemple des Macédoniens : « d’exceller aussi dans cette œuvre de bienfaisance » (2 Corinthiens 8:1-7, NEG). Puis, il dit aux Corinthiens que les autres seront encouragés à suivre leur exemple (2 Corinthiens 9:12-14).

Les individus, les familles et les églises peuvent développer des styles de vie stratégiques, des dépenses disciplinées et des offrandes généreuses gardant en tête le monde entier. Par des exemples contagieux et une distribution volontaire joyeuse de la richesse de Dieu, nous pouvons réclamer plus de territoire pour Christ que nous ne l’aurions jamais imaginé.

Traduit par Étienne Sauvageau, source : https://www.epm.org/blog/2018/Jan/17/pastors-model-teach-stewardship

 

EN VOIR PLUS
Chargement