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Comment les chrétiens devraient-ils répondre à ce moment culturel de colère, de peur et d’indignation à multiples facettes ? Ce ne sont pas les mots qui manquent, à l’instant, pour répondre à cette question. Vous avez certainement déjà rencontré d’innombrables articles, des messages sur les médias sociaux et des commentaires vidéo pleins de déclarations et de suggestions.

Je ne prétends pas avoir des mots révolutionnaires à ajouter. Mais je suis un pasteur, et les pasteurs ne devraient pas se taire dans des moments comme celui-ci. Nous devons guider nos congrégations à travers des temps difficiles et complexes.

Voici cinq mots que j’ai partagés récemment avec ma congrégation de Californie du Sud .

1. Ayez du chagrin

Ce dont nous sommes témoins devrait briser nos cœurs. L’injustice, la haine, le vitriol, la rage, le déchaînement, la vengeance, la brutalité, la destruction, l’oppression — tous ces événements qui arrivent à ceux qui portent l’image de Dieu. Mais tous sont réalisés par ceux qui portent l’image de Dieu. Comment ne pas pleurer sur la réalité de notre rébellion contre Dieu dévoilée de ces façons tellement tragiques et destructrices ? Il est trop facile de diriger avec colère, ce qui accomplit rarement la justice de Dieu (Jacques 1:20). Nous avons besoin d’être affligés comme Dieu l’est, d’appeler non seulement à la justice, mais aussi à la miséricorde. Si nous ne pleurons pas premièrement sur notre propre péché, nous n’aurons pas la bonne perspective pour travailler à la réconciliation.

2. Résistez

Résistez à la pression de prendre parti. Partout où nous regardons, nous sommes confrontés à de fausses dichotomies : les blancs contre les noirs, la police contre le peuple, les riches contre les pauvres, eux contre nous. Résistez à toute demande de vous soumettre à un faux choix. Ésaïe nous rappelle que nous tous sommes du mauvais côté. Tous nous nous sommes égarés – chacun d’entre nous – suivant notre propre voie (Ésa. 53:6). Je me suis souvenu de la question posée par Josué à l’ange de Dieu : « Es-tu des nôtres ou de nos adversaires ? » L’ange répondit : « Non ; mais je suis le chef de l’armée du SEIGNEUR » (Jos. 5:13–14). Il ne s’agit pas de savoir de quel côté humain vous êtes. À la fin, ce qui compte est de savoir si vous êtes du côté de Dieu. Résistez à toute pression extérieure ou à toute poussée intérieure, pour prendre un parti sauf le sien.

Il ne s’agit pas de savoir de quel côté humain vous êtes. À la fin, ce qui compte est de savoir si vous êtes du côté de Dieu.

3. Écoutez

Dans un monde où les problèmes sont si complexes et systémiques, et où tant de voix s’opposent aux solutions proposées, nous avons désespérément besoin d’une sagesse qui dépasse la nôtre. Alors, écoutez ceux qui ont prouvé qu’ils étaient des sources de conseils avisés. Écoutez ceux qui ont une expérience différente de la vôtre. Écoutez une variété de voix et de perspectives. À l’ère des médias sociaux, tout le monde veut s’exprimer.

En tant que chrétiens, soyez contre-culturels et écoutez. Soyez prompts à écouter, lents à parler et lents à vous mettre en colère (Jacques 1:19).

4. Apprenez

Apprenez à habiter dans la tension du « maintenant, et pourtant pas encore. » Si vous êtes un chrétien, vous n’êtes pas un citoyen de ce monde. Vous êtes citoyen d’un « meilleur pays » pourtant encore à venir (Héb. 11:16; Phil. 3:20). Nous sommes pèlerins, étrangers et exilés ici (1 Pi. 2:11). Ceci signifie que nous sommes des ambassadeurs de cet autre Royaume (2 Cor. 5:20) et nous devons vivre « maintenant » avec la réalité de l’âge à venir (Gal. 5:22–23; Tite 2:11–12), même si les choses ne sont « pourtant pas encore » ce qu’elles seront un jour (Tite 2:13). Aidez votre église à être l’espérance eschatologique de l’humanité. L’église locale est le lieu dans lequel nous sommes tous des expatriés (une personne qui vit hors de son pays natal) rassemblés – indépendamment de notre appartenance ethnique, de notre statut socio-économique, de notre éducation ou de notre conviction politique – pour rendre témoignage que ce n’est qu’en Christ que peut se produire le fait que « deux hommes deviennent un » (Éph 2:11–14; Apoc 7:9–10). L’Église est l’espérance de l’humanité, parce que nous reconnaissons et nous nous affligeons de notre rébellion contre Dieu. Dans l’Église, nous abandonnons « notre côté » et plaidons pour être du côté de Dieu. Dans l’Église, nous écoutons la sagesse d’en-haut (Jacques 3:17) et la Parole vivante (Matt. 17:5), et nous supplions toute l’humanité dans ces termes : « Soyez réconciliés avec Dieu » (2 Cor. 5:20).

À l’ère des médias sociaux, tout le monde veut s’exprimer. En tant que chrétiens, soyez contre-culturels et écoutez.

5. Faites confiance

Au milieu du chaos, de la confusion, de la souffrance, de la douleur et de la colère de cette époque, Dieu travaille. Je ne sais pas exactement comment, ni quel sera le résultat final. Je n’en ai pas besoin. Dieu ne me doit pas plus cette réponse qu’il ne me doit quoi que ce soit. Dieu ne nous demande pas de comprendre ses voies (Ésa 55:9) — il ne nous demande que de lui faire confiance, parce qu’il est miséricordieux et plein de compassion (Ex. 34:6; Deut. 29:29; Jean 6:67–69). Peu importe ce qui arrive autour de moi ou, peut-être un jour, à moi, la vérité de Psaume 16:11 (mon verset favori dans toute la Bible) ne changera pas : « Tu m’as fait connaître le sentier de la vie ; dans ta présence il y a plénitude de joie ; à ta droite des plaisirs pour toujours. »

Ne vous confiez pas en l’Homme, la famille ou l’Église. Ne vous confiez pas dans les circonstances. Ne vous confiez pas dans ce qui n’est que temporaire. Confiez-vous ultimement en Dieu.

 

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