L’hospitalité favorise une communauté chrétienne aimante

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Nous serions tous d’accord pour dire que l’amour devrait transcender la vie de chacun de nous ainsi que la vie de l’Église locale. Il n’y a rien de tel ici-bas que l’amour chrétien sincère, qui amène au sacrifice de soi, pour encourager, inspirer, consoler et édifier les autres. Mais comment manifester, de manière tout à fait pratique, un amour et un sens de la communauté chrétienne plus sincères? Une réponse claire s’impose: par l’hospitalité. Abraham J. Malherbe, érudit classique de Yale spécialisé dans le Nouveau Testament, souligne que parmi les premiers chrétiens l’hospitalité était une considération non seulement pratique, mais encore théologique :

 

L’exercice de l’hospitalité par les chrétiens n’était pas perçu simplement comme un moyen de surmonter un problème d’ordre pratique. Les affirmations théologiques de différents auteurs néotestamentaires nous indiquent qu’on le considérait souvent alors comme l’expression concrète de l’amour chrétien.

En effet, les exhortations principales que recèle le Nouveau Testament en ce qui a trait à la nécessité d’exercer l’hospitalité apparaissent toutes dans le contexte de l’amour fraternel :

  • Le passage d’Hébreux 13 commence par : « Persévérez dans l’amour fraternel », exhortation que l’auteur fait suivre immédiatement de celle à ne pas négliger l’hospitalité (Hé 13.1,2).
  • Pierre encourage ses lecteurs ainsi : « Avant tout, ayez les uns pour les autres un ardent amour ». Puis il ajoute tout de suite : « Exercez l’hospitalité les uns envers les autres, sans murmures» (1 Pi 4.8a,9).
  • L’exhortation de Paul à exercer l’hospitalité se trouve dans le contexte plus large de l’amour fraternel et des relations entre chrétiens (Ro 12.13).
  • Jean a parlé à l’Église de l’hospitalité que Gaïus donnait à des frères itinérants étrangers en la désignant par l’expression « ton amour » (3 Jn 5-8).

 

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L’hospitalité constitue un commandement biblique. Elle est un élément essentiel à l’édification d’une communauté chrétienne. Elle est pour le chrétien un excellent moyen de servir les enfants de Dieu et d’exercer ses dons spirituels. En ouvrant sa porte aux gens, le chrétien est en mesure de découvrir un moyen pratique et efficace de servir le Seigneur Jésus-Christ. Peu de chrétiens réalisent ce que le Nouveau Testament enseigne sur l’hospitalité et ce qu’elle peut accomplir pour l’Église locale.

De plus, l’hospitalité est aussi un outil d’évangélisation efficace. Il se peut que ce soit le seul moyen que le chrétien ait pour atteindre ses voisins avec l’Évangile, c’est-à-dire en commençant par manifester l’amour de Christ.

L’hospitalité dans l’Église d’aujourd’hui

Je ne crois pas qu’aujourd’hui la plupart des chrétiens comprennent en quoi l’hospitalité est essentielle pour attiser les flammes de l’amour et affermir la famille des chrétiens. L’hospitalité est, de manière unique, la manifestation personnelle et sacrificielle de l’amour. Par le ministère de l’hospitalité, nous partageons nos biens les plus précieux. Nous partageons notre famille, notre maison, nos finances, notre nourriture, notre intimité et notre temps. En effet, nous partageons notre vie même. Ainsi donc,  l’hospitalité a toujours un prix élevé. Par le ministère de l’hospitalité, nous offrons amitié, acceptation, fraternité, rafraîchissement, réconfort et amour d’une des manières les plus riches et les plus profondes qu’il soit possible à l’homme de comprendre. À moins de nous ouvrir la porte les uns aux autres, la réalité de l’Église locale en tant que famille de frères et de sœurs étroitement unis ne sera qu’une théorie. L’Église froide et inhospitalière contredit le message de l’Évangile. Pourtant, la froideur fait partie des raisons les plus courantes pour lesquelles les gens critiquent les Églises locales. Les gens ne mettent pas longtemps à réaliser qu’il existe parmi les chrétiens un amour « de grenouille de bénitier » qui disparaît à la sortie du sanctuaire ou dans le parking de l’église. Il s’agit d’un type d’amour superficiel qui ne se manifeste que le dimanche matin et qui refuse de s’aventurer au-delà des murs de l’église.

L’amour fraternel, par contre, nécessite qu’on ait une relation intime, qu’on prenne soin les uns des autres, qu’on se connaisse les uns les autres, qu’on ait en commun un sentiment d’appartenance et qu’on partage la vie les uns des autres. Nous ne pouvons apprendre à connaître et nous rapprocher de nos frères et sœurs en Christ en nous réunissant une heure et quart par semaine au sein d’un grand groupe réuni dans une église. Le foyer est l’endroit idéal où bâtir des relations et resserrer des liens. Dans la plupart des cas, nous nous connaissons à peine jusqu’à ce que nous nous retrouvions chez les uns et les autres, que nous mangions ensemble et que nous parlions ensemble autour d’une table. Une plaque murale que ces amis en vacances ont vu dans un restaurant du Maine exprime d’ailleurs merveilleusement bien ce point : « C’est autour d’une table que les amis perçoivent le mieux la chaleur que dégage le fait d’être réunis. » Cela est certainement vrai. Donc, si nous parlons d’amour fraternel, nous devons aussi parler d’hospitalité.

En guise d’exemple de la grande incidence que l’hospitalité exerce en communiquant l’amour et la nature familiale de l’Église, permettez-moi de vous faire part d’une courte histoire au sujet d’un rédacteur du Los Angeles Times qui a rendu visite à des Églises chrétiennes afin de voir dans quelle mesure on s’y montrait amical et aimant. Voici le système de notation qu’il a employé pour évaluer ses visites : « Les gens à l’accueil comptaient pour 2 points. La lettre d’information rédigée par le pasteur comptait pour 3 points. La pause comptait pour environ 5 points. Les invitations personnelles à manger comptaient pour environ 60 points. Les présentations de soi d’une manière cordiale et non menaçante comptaient pour environ 10 points. » La feuille d’évaluation du reporter indique avec quelle puissance l’hospitalité communique l’amour et le soin mutuels.

J’entends souvent les gens dire: « Ô, on ne connaît personne ; on n’arrive pas à se faire des amis à l’Église. » J’ai une suggestion qui pourrait régler le problème. Elle me vient d’un couple qui avait de la difficulté à acquérir un sentiment d’appartenance à sa congrégation. Au lieu de partir, comme ce serait le cas de tant de gens, ce couple a décidé d’inviter chaque personne de l’Église à manger à la maison un soir au cours de l’année suivante. À la fin de l’année, il connaissait tout le monde de l’Église et s’était fait un certain nombre d’amis !


Cet article est un extrait du livre « L’hospitalité chrétienne »  d’Alexander Strauch

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