Ces chrétiens, tous des hypocrites!

Si vous demandez aux gens qui vous entourent pour quelle raison ils ne vont pas à l’église ou pour quelle raison ils ne veulent pas devenir chrétiens, ils vous répondront le plus souvent: «Ces chrétiens, tous des hypocrites!» Et ceux qui ont quitté l’église vous donneront bien souvent la même réponse.

Les personnes de ces deux catégories ont rencontré des chrétiens, ont vu leurs faiblesses et leurs manquements et en ont conclu: «Si c’est ça, la foi chrétienne, tu peux te la garder!»

Même les gens qui continuent à fréquenter l’église sont souvent profondément déçus et découragés par les défauts de leurs frères et sœurs en Christ et par leur double langage. Car, comme nous le verrons plus tard, certains croyants n’ont de chrétien que le nom. Mais nous devons savoir que même le meilleur chrétien du monde peut avoir des comportements qui nous déconcertent et nous irritent.

Lorsque nous sommes jeunes convertis, nous n’en sommes pas forcément conscients. Car alors, brûlant du premier amour, nous élevons les chrétiens et les pasteurs au rang des anges. Mais très vite, nous découvrons que nos premières impressions étaient en réalité des illusions. Et, même, nous pouvons finir par nous demander si nous ne sommes pas tombés au milieu des anges déchus!

Dégoûtés, nous aurions envie de tout abandonner et de claquer la porte de l’église, mais généralement, nous continuons à venir en critiquant les frères et sœurs haut et fort, ou bien en bouillonnant intérieurement à cause de leurs défauts.

Cette désillusion est le fruit de la stratégie du diable: il détourne notre attention de Christ pour nous pousser à regarder aux chrétiens. Car plus il arrive à faire en sorte que les autres et leurs manquements soient l’objet de nos préoccupations et de nos conversations, moins nous pensons à Jésus et moins nous parlons de lui. Et plus nous sommes consternés et démoralisés.

Bien évidemment, je suis passé par là moi aussi, et même plusieurs fois. Et je suis sûr que c’est le cas pour beaucoup d’autres qui, par moments, de manière plus ou moins forte, passent par cette désillusion. Il est donc nécessaire, pour notre bien-être spirituel et émotionnel, que nous trouvions des moyens de détourner les regards des comportements injustes et non bibliques de certains chrétiens pour les fixer sur notre Seigneur, dont la présence élève l’âme. Tel est le thème de ce chapitre. Nous commencerons par réfléchir au problème à travers la perspective de Christ, puis, nous examinerons des solutions centrées sur Christ et centrées sur l’église.

Chrétien et heureux ! - Dix raisons d’être joyeux même si tout ne va pas toujours pour le mieux
David Murray
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Chrétien et heureux ! - Dix raisons d’être joyeux même si tout ne va pas toujours pour le mieux
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La morosité a aujourd’hui gagné une grande partie de la société, et même pénétré jusque dans l’Eglise. Pourtant, les chrétiens ont les moyens de ne pas succomber au pessimisme ambiant. Ils ont les moyens de vivre autrement. A travers cet ouvrage, David Murray nous invite à réfléchir aux raisons que nous avons d’être heureux même si tout ne va pas toujours pour le mieux. Un appel à témoigner de la joie de l’Evangile!

la perspective de Christ

Pourquoi considérer les choses selon la perspective de Christ? Parce que, d’emblée, cela nous rappelle de regarder à lui plutôt qu’aux autres. Et comment considérons-nous les choses selon sa pensée? C’est ce que nous allons voir.

Jésus a en horreur l’hypocrisie

Jésus aime ceux qui lui appartiennent, mais il a en horreur l’hypocrisie. Il ne ferme pas les yeux dessus, il ne la tolère pas, il ne l’excuse pas: il la déteste. Dans l’Ancien Testament, nous voyons que Dieu, par l’intermédiaire de ses prophètes, a dénoncé régulièrement l’hypocrisie en Israël (cf. Esaïe 1.11-17). Il n’avait que faire de leurs nombreux sacrifices: il était las et dégoûté de leur duplicité. De même, dans le Nouveau Testament, Jésus n’a eu de cesse, pendant toute la durée de son ministère, de pointer du doigt l’hypocrisie (cf. Matthieu 7.1-18; 23). Et il la déteste et la dénonce aujourd’hui encore, partout où il la voit. Qu’il est réconfortant de savoir qu’elle excite sa colère.

N’est-il pas frustrant, lorsque nous nous plaignons auprès de quelqu’un, d’avoir pour seule réponse un bâillement retentissant? Ce n’est pas le cas avec Jésus. Il déteste l’hypocrisie, plus encore que nous!

Jésus a subi l’hypocrisie

Jésus a été lui-même victime de l’hypocrisie. Tout au long de sa vie, et même lors de sa mort sur la croix, il a vu les contradictions et les incohérences au sein de son peuple. Bien des fois, au cours de son ministère, il a dû supporter l’hypocrisie, la dénoncer et la condamner. Il sait à quoi elle ressemble et combien elle peut faire du mal. Et il compatit lorsque nous la déplorons chez les autres.

N’oublions pas qu’il la discernait bien plus clairement et profondément que nous. Son regard perçant, qui pénétrait jusque derrière le masque et le déguisement des pharisiens, décelait toute contradiction entre leurs paroles et leurs actes. Et, plus triste encore, il a été témoin des inconséquences et des faiblesses de ses propres disciples, même des meilleurs d’entre eux.

C’est en grande partie à cause de cette hypocrisie dont il a été victime que Jésus a souffert sur la croix pour expier nos péchés. Et parce qu’il y a été personnellement confronté, il peut toujours compatir lorsque l’hypocrisie nous fait mal aujourd’hui. Quelle que soit notre tristesse face à la fausseté rencontrée chez d’autres chrétiens, nous pouvons nous en décharger sur Celui qui en a souffert plus que nous encore.

Jésus a annoncé l’hypocrisie

Nous ne devrions pas être surpris de rencontrer de l’hypocrisie au sein de l’église. Jésus l’a dit, et les apôtres aussi: il n’y aura jamais d’église parfaite dans ce monde. L’église sera toujours un mélange de «bonne semence» et de «mauvaise herbe», de vrai et de faux, de bon et de mauvais, jusqu’au retour de Christ (cf. Matthieu 13.24-30). Cette prise de conscience devrait pouvoir apaiser certaines souffrances que nous avons vécues par le passé et nous aider à revoir nos attentes à l’égard des autres. Ainsi, nous pourrons éviter de plus grandes déceptions à l’avenir.

Jésus utilise l’hypocrisie

Pourquoi Jésus a-t-il choisi d’utiliser l’hypocrisie des hommes? Pourquoi n’a-t-il pas créé une église parfaite, remplie de chrétiens tout aussi parfaits ou, du moins, remplie uniquement de vrais chrétiens?

Pourquoi laisse-t-il la «mauvaise herbe» se mélanger au «blé»? Pour notre bien. Il utilise des difficultés telles que celles-ci pour mettre notre foi à l’épreuve. Si nous restons solidement attachés à lui malgré la souffrance que ses enfants peuvent nous infliger et infliger aux autres, c’est que notre foi en lui est vraie, sincère, authentique.

En outre, il utilise ces difficultés pour nous pousser à nous examiner nous-mêmes. Si tant de gens sont tellement aveuglés quant à leurs propres fautes, il est fort possible que nous le soyons par rapport aux nôtres. Cela nous pousse à nous examiner nous-mêmes pour voir si nous sommes dans la foi et si nous vivons d’une manière digne du Seigneur (cf. 2 Corinthiens 13.5). Toutefois, cet examen de conscience ne devrait pas nous décourager mais nous encourager. Car le simple fait que nous nous inquiétions de savoir si nous ne ressemblons pas à de la «mauvaise herbe», si nous ne sommes pas des chrétiens qui portent un masque, est le signe d’une vie spirituelle authentique.

De même, si nous sommes attristés de voir que d’autres sont comme de la «mauvaise herbe» et si nous avons le désir qu’ils deviennent du «blé», cela montre que notre vie spirituelle est authentique et que nous nous trouvons du bon côté.

Jésus utilise parfois ces expériences pour nous montrer toute l’étendue de sa grâce. Car lorsque nous voyons à quel point les meilleurs chrétiens peuvent encore vivre dans l’hypocrisie, nous ne pouvons que nous émerveiller devant la grâce de notre Sauveur, qui a aimé des gens au cœur si partagé et qui est mort pour eux.

Jésus mettra fin à l’hypocrisie

Même si, à travers les siècles, l’Eglise a toujours été un mélange de «mauvaise herbe» et de «blé», il viendra un jour où Jésus mettra à part le «blé» et rassemblera la «mauvaise herbe» pour qu’elle soit brûlée (cf. Matthieu 13.30). Il mettra fin à la souffrance et à la détresse qu’engendre ce mélange pour «faire paraître devant lui» une Eglise parfaite, composée de membres parfaits, magnifique Epouse «sans tache, ni ride, ni rien de semblable» (Ephésiens 5.27). Il séparera les croyants authentiques des non-croyants et ce qui est saint de ce qui ne l’est pas. Un monde parfait, une Eglise parfaite, des chrétiens parfaits: ce sera le jour le plus heureux de tous!


Cet article est un extrait du livre « Chrétien & heureux ! Dix raisons d’être joyeux, même si tout ne va pas toujours pour le mieux. »

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