Voulons-nous vraiment revenir à la normale ?

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Voici une question qui revient sans cesse dans les conversations et sur Internet : quand les choses vont-elles revenir à la normale ?

Il est naturel d’aspirer à la normalité pendant une épreuve qui ne semble pas avoir de date de fin. Si seulement nous connaissions l’avenir – si seulement nous connaissions les dates précises auxquelles cette épreuve se terminera – nous pourrionVs nous fortifier en regardant vers l’avenir pour atteindre cet objectif.

Malheureusement, la particularité d’une épreuve qui la rend si, eh bien, éprouvantable, c’est que nous ne voyons pas aussi loin dans le futur que nous le souhaiterions. Nous ne savons pas combien de temps elle durera. C’est pourquoi il est naturel de vouloir ce qui était normal.

Mais la vérité c’est que ce qui deviendra « normal » après la crise du coronavirus ne sera pas l’ancienne normalité. Ce sera quelque chose de nouveau. Nous ne reviendrons pas en arrière.

Voici donc la question que, je l’espère,  nous allons commencer à poser : Voulons-nous vraiment revenir à la normale ? L’ancienne normalité était-elle bonne ? Étions-nous vraiment épanouis dans l’ancienne normalité ? L’ancienne normalité était-elle spirituellement saine ?

L’ancienne Normalité

Quelle était l’ancienne normalité ? Un monde avec de moins en moins d’interactions physiques, des responsabilités moins engagées, une polarisation croissante et, surtout, la solitude.

Ré-examinons l’ancienne normalité :

  • Les Américains interagissent de moins en moins avec leurs voisins au fil des ans, choisissant plutôt les quartiers virtuels de Facebook et d’Instagram, souvent au détriment des personnes qui vivent à quelques mètres de chez eux dont ils ne connaissent ni les noms ni les histoires. (Il est difficile de suivre le commandement de Jésus d’aimer son prochain quand on ne connaît pas le nom de son voisin).
  • Au cours des 30 dernières années, nos engagements se sont relâchés, avec un déclin des associations citoyennes ainsi qu’une baisse de la fréquentation des églises. De moins en moins de chrétiens se rendent à l’église chaque semaine, préférant une logique de « à prendre ou à laisser » qui permet facilement à d’autres responsabilités et activités de loisirs d’empiéter sur le rythme régulier des réunions.
  • Le temps en famille a souffert ; les parents se concentrent de plus en plus sur la sécurité de l’emploi et sur l’optimisation de leur efficacité, tout en s’assurant qu’il leur reste suffisamment de temps pour faire un marathon télé de la dernière offre sur Netflix.
  • Nous sommes plus attachés à consommer du divertissement qu’à cultiver ou à créer quelque chose. Nous mangeons plus au restaurant et cuisinons moins. Nous sommes moins enclins à choisir un instrument ou à apprendre un nouveau métier. Nous jouons à plus de jeux sur notre téléphone qu’avec nos familles et nos amis. La lecture s’est détournée de la concentration profonde exigée par les livres au profit de flashes d’information et de commentaires que nous digérons comme des minis bouchées d’information en surfant sur les réseaux sociaux.
  • La polarisation politique s’est accrue, en partie à cause d’une focalisation excessive sur la politique nationale au détriment de la communauté la plus proche de nous et des endroits où nous pourrions réellement faire la plus grande différence. En catalysant tout ce qui se passe au niveau national, la fièvre de l’anxiété de Washington se propage à tout le pays, nous laissant agités et méfiants.

La liste n’en finit plus : les morts dues au désespoir, la crise des opiacés, notre perte de solidarité sociale et de repères moraux, les preuves de la persistance des disparités raciales et un sentiment lassant d’inutilité dans tout le pays. Voilà ce qu’est “l’ancienne normalité ». Il n’est pas étonnant que des études montrent un déclin du bonheur général des Américains au cours des dernières décennies, en particulier chez les jeunes Américains qui n’ont jamais connu une vie différente et qui ont pourtant le sentiment que se contenter d’être « seuls ensemble » n’est pas une aspiration digne de ce nom.

Construire une Nouvelle Normalité

La question que nous devrions donc poser n’est pas de savoir quand nous reviendrons à la normale, mais si nous voulons revenir à la normale. Et la question qui suit : Quelle devrait être la nouvelle normalité ?

Et si cette crise était une perturbation divine pour nous permettre de nous repenser, de repenser notre vie, de reconsidérer nos habitudes ?

Et si cette crise était une occasion divine de réfléchir à ce qui importe le plus et d’ordonner nos vies en conséquence ?

Et si nous avions maintenant la possibilité de prendre des décisions différentes – de discerner dans la prière comment créer et cultiver une nouvelle et meilleure normalité après cette crise

Et si nous avions maintenant la possibilité de revoir nos attentes, de recentrer notre attention sur ce qui compte le plus et de nous engager à nouveau envers les personnes que nous sommes appelés à aimer et à servir ?

Et si cette saison de dépendance totale à la technologie pour diffuser la communication nous aidait à voir les limites de la technologie pour construire et maintenir la communauté ?

Et si cette période d’isolement forcé pouvait nous aider à voir le résultat final de la trajectoire de l’individualisme radical, de sorte qu’en fin de compte, nous sortions de nos enclaves et de nos foyers avec un engagement plus fort envers nos communautés, nos églises et notre pays ?

Ne revenons pas à la normale. Sortons de cette épreuve avec une nouvelle vision de ce que pourrait être la normalité.

Traduit de : Do We Really Want to Go Back to Normal?

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