Conférence pour femmes "Malachie, le maitre de l'univers à un message pour vous" à Strasbourg les 21 et 22 octobre et Grasse les 4 et 5 novembre.

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Si le monde vous hait à cause de Jésus… cela devait arriver.

Si le monde hait Jésus à cause de vous… c’est un problème.

Deux petites phrases happées au cours d’une rapide consultation des réseaux sociaux. Pour impacter ces derniers, les punch-lines doivent être courtes et évidemment retweetables à volonté. En plus… a priori il n’y a rien à redire à ces deux slogans !

Après tout, il est normal que la haine dont Jésus a été l’objet soit reportée sur ceux qui sont unis à lui : nous accepterions les bénéfices de notre union au Seigneur, mais refuserions les parties plus difficiles ? Impossible ! Il est aussi bien compréhensible de dire que le monde ne devrait pas rejeter Jésus « à cause de nous ». La seule pierre qui fait tomber… c’est Jésus lui-même.

A priori… rien à voir, rien à dire.

C’est plus compliqué que ça

Mes étudiants rigolent un peu de mes tics de langage. Apparemment, j’ai une tendance exagérée à dire que… « c’est plus compliqué que ça ». Je me répète peut-être, mais c’est bien le cas avec ce petit slogan. Pourquoi ?

Si le monde vous hait à cause de Jésus… cela devait arriver : dans un monde idéal, oui ! Dans ce monde parfait, quelqu’un qui nous détesterait à cause de Jésus… ne serait que le reflet de ce que Jésus lui-même a dit. Après tout, ne nous a-t-il pas envoyé dans le monde comme des brebis au milieu des loups (Mt 10.16) ? Le monde haïra les chrétiens à cause de leur Seigneur. C’est ce que vit malheureusement au quotidien l’Eglise persécutée.

Pourquoi est-ce plus compliqué ? Tout simplement parce que nos contemporains ont parfois une image très fausse de qui est Jésus. Si le monde nous rejette à cause du Jésus de la Bible… très bien, c’est ce que le Seigneur avait annoncé. Mais il est aussi possible que nous soyons rejetés à cause d’un Jésus qui n’existe pas ! Parfois, nous pouvons être rejetés à cause d’un Jésus, et d’un Dieu, dont nos contemporains se sont fait une fausse image. Soyons donc certains que lorsque nous parlons du Seigneur, notre interlocuteur comprenne bien de qui nous sommes les témoins !

Si le monde hait Jésus à cause de vous… c’est un problème : dans un monde idéal… quoi ? Dans un monde idéal, nous serions des témoins toujours fidèles de Jésus-Christ ? C’est vrai, et c’est un appel auquel nous devons répondre tous les jours.

Pourquoi est-ce plus compliqué ? Parce que nous ne sommes pas parfaits et que, malheureusement, nous ne sommes pas toujours fidèles à notre Maître. Notre style d’humour, notre ironie mal placée, nos convictions sociales, politiques, et économiques, nos hésitations et nos doutes… tout peut affecter le message que nous proclamons. C’est vrai, nous le reconnaissons avec humilité, et nous prions : Viens, Seigneur, au secours de nos faiblesses ! Mais c’est aussi « plus compliqué », parce que si nous sommes fidèles au Seigneur, alors le monde pourra haïr Jésus à cause de nous car nous reflèterons alors son amour et sa compassion. Oui… c’est plus compliqué !

Une opposition à Dieu

Je vais me permettre une dernière complication. L’un des problèmes les plus sérieux qui pourrait se cacher derrière ces deux phrases facilement mémorisables, c’est qu’il est possible de très mal la comprendre. En disant cela, il serait possible de penser que nous pouvons être la principale raison pour laquelle nos contemporains rejettent Christ. Malheureusement, nous pouvons être l’une de ces raisons. C’est difficile à reconnaître, mais l’Esprit nous convainc que c’est parfois le cas.

Est-ce cependant la principale raison ? Ne serait-ce pas à dire que nos contemporains sont dans une situation neutre par rapport à Christ ? Ils ne sont ni pour ni contre, jusqu’à ce que nous leur parlions de lui, n’est-ce pas ? Oui… et non.

Oui, car comment croiraient-ils, et comment le rejetteraient-ils, s’ils n’entendaient pas parler de lui (Rm 10.14) ? Si Christ n’est pas annoncé, comment pourrait-il être rejeté ?

Non, car nous sommes tous opposés à Dieu, nous sommes tous ses ennemis jusqu’à ce que Christ nous saisisse. Nous sommes tous des ennemis de Dieu !

Si nous le rejetons, ce n’est pas d’abord à cause d’un manque de preuves, ou à cause du caractère du chrétien, mais parce que nous désirons quelqu’un d’autre que lui. Nous désirons la gloire, nous voulons nous faire un nom, nous espérons en la science, nous adorons la raison… tout, sauf le Dieu de l’Ecriture, tout, sauf Jésus !

Et cependant…

Il y a bien un « cependant » : nous devons faire attention à la manière dont nous proclamons la bonne nouvelle. Il faut que cette dernière demeure « bonne », non seulement dans son contenu, mais aussi dans la manière que nous utilisons pour la dire et la vivre. Nous ne devrions jamais sous-estimer le lien fort qui existe entre ce qui est dit et la personne qui l’exprime. Si nous sommes tant allergiques à certains discours, c’est aussi à cause de celui qui parle !

Nos contemporains rejettent d’abord Dieu et son Christ à cause d’un détournement de cœur : ils ont pris en otage la vérité par leur injustice (Rm 1.18). Rappelons-nous cela, tout en veillant à notre intégrité. Veillons ainsi à ce que ce soit toujours le cas ! Veillons à notre caractère, veillons à notre vie quotidienne, veillons à ce que si Christ est rejeté, ce soit à cause de sa personne et de son œuvre.

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