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Les vertus non-négociables du leadership

Oubliez un ingrédient, et toute la recette est ratée. Certaines choses sont tout simplement essentielles. Quand il s’agit de conduire les autres, la tâche est impossible sans la confiance. C’est pourquoi la confiance est au cœur du leadership. Si vous êtes appelés à diriger, vous êtes appelés à servir la confiance que les autres placent en vous. Les étudiants veulent pouvoir avoir confiance en ceux qui les enseignent. Les époux veulent pouvoir avoir confiance l’un dans l’autre. Les membres d’église veulent pouvoir avoir confiance en leurs pasteurs. Et les employés veulent pouvoir avoir confiance dans leurs dirigeants.

Quand la confiance est absente, ceux qui suivent disparaissent.

En tant que leader, j’espère certainement que ceux avec lesquels je travaille font confiance à ma compétence. Je souhaite qu’ils me fassent confiance pour que j’exerce un sain jugement, que je sois astucieux et innovant, que je sache anticiper les défis et les opportunités et positionner notre organisation pour le succès. Et il est certain que je souhaite cela aussi de la part de ma femme et de mes enfants. Je suppose que c’est également votre cas.

Si ceux que nous dirigeons ont des doutes au sujet de notre caractère, peu importe ce qu’ils pensent de notre compétence.

Mais notre capacité de  leadership sera limitée de façon non proportionnelle par un abus de confiance en notre caractère. Si ceux que nous dirigeons ont des doutes au sujet de notre caractère, peu importe ce qu’ils pensent de notre compétence.

Ainsi, comment cultivons-nous et fortifions-nous la confiance ? Voici quatre directions pratiques.

1. Dire la vérité

Toujours. Vous pourriez penser que cela va de soi quand nous parlons de leadership chrétien, n’est-ce pas ? Mais si nous nous connaissons nous-mêmes, nous savons combien il est facile de glisser graduellement dans le mensonge et dans toutes sortes d’« ombres » sur la vérité.

Certainement, peut-être que nous ne voudrons pas regarder quelqu’un dans les yeux et lui mentir directement (ce qui serait spirituellement effrayant). Mais qu’en est-il pour ce qui est de ne dire que la moitié de la vérité ou d’accentuer certaines choses afin d’égarer notre interlocuteur ? Qu’en est-il si ceux avec lesquels nous travaillons disent : « Bien, mais prenez ce qu’il dit avec des pincettes,  parce que vous savez comment il s’entend à toujours tordre la réalité » ?

Ceux que vous dirigez – que ce soit à la maison, au travail ou dans l’église – doivent être capables de miser sur vous comme quelqu’un qui dit la vérité, sans réserve.

Ceux que vous conduisez – que ce soit à la maison, au travail ou dans l’église – doivent être capables de miser sur vous comme quelqu’un qui dit la vérité, sans réserve. Tout au long des Écritures, Dieu nous est présenté comme complètement digne de confiance. On peut lui faire confiance parce qu’il est toujours véridique. Les autres peuvent-ils dire cela de vous ?

2. Dire « Je demande pardon »

Si vous êtes appelés à diriger, apprenez à faire usage de ces trois mots. Vous devrez les redire souvent. Et cela parce que vous allez décevoir des gens et les laisser tomber. Il se peut qu’il y ait eu de votre part une faute de jugement : vous pensiez que le « plan A » était la bonne solution, mais vous vous êtes trompés. Et maintenant, les conséquences de votre décision frappent les gens et ils sont déçus et bouleversés. Ou bien, vous pourriez avoir dit cela parce que vous connaissez la bonne façon de procéder mais cela a entraîné des décisions réellement dures qui vont causer des difficultés ou un traumatisme dans la vie de quelqu’un.

Je suis convaincu que, pour certains dirigeants, « je demande pardon » ce sont les mots les plus difficiles à prononcer. Vous ne les entendrez tout simplement jamais les dire. Si c’est votre cas, alors inquiétez-vous.

Il ne s’agit pas seulement de ces grands moments, dans le leadership, où vous avez à renvoyer quelqu’un ou à supprimer un poste. Il s’agit de demander pardon quand vous avez péché contre un collègue, un membre de la famille ou un autre membre de l’église. Il s’agit d’abandonner la précipitation avec laquelle vous cherchez à vous excuser vous-mêmes ou à justifier vos actions. Il ne s’agit pas de capituler devant l’envie de s’en prendre à ceux qui vous critiquent quand ils ont raison.

Je suis convaincu que, pour certains dirigeants, « je demande pardon » ce sont les mots les plus difficiles à prononcer. Vous ne les entendrez tout simplement jamais les dire. Si c’est votre cas, alors inquiétez-vous. Apprenez à dire ces mots rapidement et humblement, et vous rendrez service à votre âme sur le long terme alors que vous dirigez.

3. Prenez sur vous la responsabilité de vos fautes et partagez vos succès

Vous êtes-vous déjà trouvés en présence de quelqu’un, ou avez-vous déjà travaillé avec quelqu’un qui s’attribue tout le crédit pour chaque succès dans l’organisation, et ne prend jamais sa part des blâmes quand les choses vont mal ? Pourquoi les ventes ont-elles augmenté ? À cause du leader, bien entendu. Pourquoi les ventes ont-elles baissé ? Évidemment pas à cause du leader. Cela doit être la faute de ces gens du département du marketing. J’aimerais pouvoir vous dire que ce type de leader ne se trouve que dans les lieux de travail séculiers. Mais ce n’est pas le cas. Un tel narcissisme mondain peut facilement infecter un leader chrétien ou une organisation chrétienne.

Bien diriger signifie que nous ne cherchons pas à éviter le blâme. En fait, si vous occupez un poste de direction, vous aurez souvent à assumer la responsabilité pour des choses qui n’ont pas résulté directement de votre prise de décision, mais elles se sont produites sous votre surveillance. Quand un leader fait cela, la confiance monte en flèche. La loyauté est approfondie. Par contre, quand un leader refuse de prendre la responsabilité et pointe toujours le doigt sur un subordonné, regardez combien rapidement les personnes commencent à envoyer leur CV pour candidater à d’autres emplois.

Ce même principe est vrai pour nos familles et nos églises. Quand nous dirigeons, nous prenons les coups pour les autres, y compris les membres de notre propre famille.

4. Apprendre la différence entre responsabilité et possessivité

Ceci est une différence subtile et pourtant dangereuse. Mais si nous la gérons mal, cela peut miner de façon significative la capacité des autres à nous faire confiance.

Diriger pourra signifier que vous assumez la responsabilité ultime pour certains buts, certaines stratégies, certaines personnes et ainsi de suite. Cela signifiera souvent que vous serez le premier à arriver et le dernier à partir. Cela signifiera souvent, non pas du micro-management, mais le fait de développer une large connaissance des composants du système ou réseau dont vous êtes responsable. Les dirigeants ne peuvent se permettre le luxe de dire : « Je m’en fiche » quand il s’agit de leurs responsabilités, puisque c’est une question de service. Mais méfiez-vous de la confusion entre un sage sens de votre responsabilité et le sens de la possession. Par exemple, nous pouvons être tentés de parler à la première personne du singulier quand nous devrions parler au pluriel.

Faire vraiment confiance est la devise du leadership efficace. Sans elle, vous ne pouvez diriger les autres.

Les personnes avec lesquelles vous travaillez – particulièrement celles qui sont sous votre direction – ne sont pas « vos gens, votre équipe » et ainsi de suite. Un regard chrétien les considère comme porteurs de l’image de Dieu (qu’ils soient croyants ou non), et notre but ultime est de nous servir de notre autorité et de notre influence pour qu’ils puissent s’épanouir et trouver la joie en se soumettant au gouvernement de Dieu.

Apprendre cette différence vous rendra aussi moins installés dans une posture défensive ou trop sensible aux reproches. Quand il est critiqué, un leader possessif riposte avec défensive. Quand on propose une autre manière de faire, le leader possessif prend cela pour une attaque personnelle. Quand un membre de l’équipe la quitte pour une autre opportunité, le leader possessif prend cela pour une trahison quant à la loyauté. Et peu de choses tuent la confiance en un leader comme la possessivité centrée sur lui-même.

La confiance comme devise

Faire vraiment confiance est la devise du leadership efficace. Sans elle, vous ne pouvez diriger les autres.

La confiance peut être placée en de nouveaux leaders au sein d’une organisation, mais seulement pour un temps. Finalement, chaque dirigeant doit établir sa crédibilité. Cela peut prendre des années pour être développé, mais cela se perd en un instant.

En tant que leader, vous ferez des erreurs. Vous serez toujours conscients de vos limitations et de vos déficiences. Et vous pourrez occasionnellement perdre la confiance de ceux que vous dirigez. Mais, la bonne nouvelle est que notre Sauveur travaille au moyen de leaders imparfaits – il n’a pas d’autre choix. Même quand nous tombons, il ne le fait pas. Et c’est une bonne nouvelle pour tous.

Traduit de : The Non-Negotiable Virtue in Leadership

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