Je me suis mariée il y a huit mois. Auparavant j’ai vécu dans la même propriété que ma sœur, son mari et leurs deux petites filles. De sorte que les joies du mariage furent accompagnées par la peine de ne plus voir quotidiennement ma famille. Je me trouvais dans une nouvelle banlieue, une nouvelle maison et une nouvelle famille.
J’ai toujours trouvé le changement difficile, même quand c’était pour quelque chose de meilleur. Dieu merci, le mariage apporte bien des raisons de se réjouir. Pourtant j’ai toujours besoin de chercher l’aide du Seigneur.
Voici quatre conseils qui pourront nous aider dans nos changements de circonstances.
Regarder en haut
Le changement est déstabilisant lorsqu’il bouleverse nos habitudes. Il se peut qu’une nouvelle personne s’installe chez nous, ou même que nous déménagions dans une nouvelle maison. Notre charge de travail peut augmenter, réduisant le temps que nous avions auparavant pour nous reposer ou voir nos amis. Notre promenade habituelle de l’après-midi peut désormais se dérouler dans des rues inconnues. Il se peut que nous ne voyions plus ou ne parlions plus quotidiennement à un être cher.
Mais un aspect de notre vie quotidienne reste inchangé : notre Dieu reste le même. Son caractère et ses attributs constituent un rocher inébranlable qui nous apporte stabilité et paix, même lorsque le paysage autour de nous change.
Mais un aspect de notre vie quotidienne reste inchangé : notre Dieu reste le même.
C’est une grande source de paix que de savoir que Dieu est immuable — il « ne change jamais ». Quand vous vous sentez instable, cherchez votre réconfort dans Jacques 1.17 : « Tout bienfait et tout don parfait viennent d’en haut ; ils descendent du Père des lumières, en qui il n’y a ni changement ni l’ombre d’une variation. » Méditez sur des versets comme Psaumes 102.25-27, Malachie 3.6 et Hébreux 13.8.
Des cantiques m’ont consolée alors que je devais m’adapter à la vie conjugale. Nous avons chanté, à notre mariage, un de mes cantiques favoris : « Grande est ta fidélité », et les vérités contenues dans sa première strophe continuent de me fortifier :
Grande est ta fidélité, ô Dieu, mon Père ;
Il n’y a pas d’ombre de changement en toi,
Tu ne changes pas, tes compassions ne font jamais défaut ;
Ce que tu as été, tu le seras éternellement.
Regarder en arrière
Bien entendu, le mariage n’est pas le premier changement intervenu dans ma vie. Ma jeunesse s’est passée à l’école et à l’université. J’ai eu de nombreux emplois. Mes parents ont déménagé dans une ville différente. J’ai changé d’églises. Je me suis fait des amis et je les ai perdus. J’ai contracté une maladie chronique et j’en ai été guérie. Je me suis engagée dans une relation pour la première fois.
Avec le recul, je vois la miséricorde de Dieu à chaque étape. Il a pourvu à mes besoins matériels, émotionnels et spirituels. Il s’est même servi des changements les plus difficiles pour me rapprocher de lui et me faire grandir dans la foi et la piété. Je peux attester par expérience, et pas seulement par une connaissance intellectuelle, que « tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu » (Romains 8.28).
Au milieu des changements, nous devrions tenir compte des commandements que Dieu a donnés à son peuple dans l’Ancien Testament : ils étaient appelés à se souvenir. Le Psaume 105 relate les « merveilles » (v. 2, 5) de Dieu pour son peuple à travers les générations, en particulier lors de l’Exode. Ils avaient pour mission d’enseigner aux autres (v. 1) et à leurs enfants (Ps 145.4 ; Deut. 6.20-25) la fidélité de Dieu, ce qui signifie qu’ils devaient eux-mêmes se remémorer cette histoire.
Ce type de souvenir aussi alimente notre foi. Dieu est resté fidèle lors de chaque changement dans ma vie jusqu’aujourd’hui. Et il le sera aussi dans celui-ci.
Regarder en avant
Chaque période présente des occasions d’expérimenter des bénédictions de la part de Dieu qui n’étaient pas disponibles dans nos circonstances précédentes. Pourtant, dans ce monde déchu, nous n’obtiendrons jamais la plénitude de la joie. Il y aura toujours des compromis à faire.
En me mariant, j’ai renoncé à m’impliquer au quotidien dans la vie de mes nièces. Mais je me suis ouverte à la possibilité d’avoir mes propres enfants. En déménageant, j’ai renoncé au plaisir d’avoir un jardin où je pouvais observer certaines de mes espèces d’oiseaux préférées. Mais j’ai gagné un nouveau chez-moi avec une fenêtre au-dessus de l’évier de ma cuisine, bien plus d’espace que mon studio, et de nouveaux oiseaux ravissants. Nous pouvons célébrer nos nouvelles bénédictions tout en déplorant celles d’autrefois.
Mais un jour nous n’aurons plus à faire de compromis. Nous allons entrer dans un monde de délices et de joie sans fin — plus de séparation d’avec Dieu, plus de séparation d’avec ceux qui sont en Christ et que nous aimons. Une joie sans fin, des délices sans fin, sans rien qui vienne les gâcher. Ne pas avoir tout ce que je désire aujourd’hui est une bénédiction, car cela me rappelle que ce monde n’est pas ma patrie et fait tourner mon cœur vers le monde à venir.
Regarder autour
Alors que nous regardons vers le haut, en arrière et devant, nous ne devons pas oublier d’être présents là où Dieu nous a placés actuellement. La Bible nous ordonne fréquemment de vivre dans une attitude de gratitude quotidienne (voyez Ps 103.2 ; Éph. 5.20 ; Col. 3.17 ; 1 Thess. 5.18).
Dans le roman de Wendell Berry Jayber Crow, le personnage principal quitte Port William, la ville où il a vécu durant des décennies. Il choisit ce changement, mais il lui est toujours difficile de quitter sa maison et les siens. Pourtant, au milieu de cette peine, il a une perspective que nous ferions bien d’imiter :
La création de ce jardin a marqué la fin de mon départ de Port William. À cette époque, j’avais naturellement regretté d’avoir abandonné mon jardin en ville. Je m’en étais affligé, en me remémorant l’aspect de ces jeunes plants pleins de fraîcheur alignés en longues rangées derrière la boutique. Ils étaient pour moi à la fois de l’art et de la musique. Mais à présent, j’ai planté un autre jardin dans un autre endroit, dans un sol différent, et l’espoir a détourné mon esprit de ces pensées.
Permettez à l’attente des miséricordes futures de Dieu de vous empêcher de vous enliser dans la nostalgie ou le chagrin. Confiez votre douleur au Seigneur, et demandez-lui de vous montrer quels jardins attendent de s’épanouir dans votre nouvelle vie.
Permettez à l’attente des miséricordes futures de Dieu de vous empêcher de vous enliser dans la nostalgie ou le chagrin.
Lorsque vous doutez que ce jour arrive jamais, regardez autour de vous les autres chrétiens. Chaque dimanche, lorsque je me réunis avec ma communauté, je vois une veuve qui a perdu son mari d’un cancer à l’âge de 42 ans — et qui sert fidèlement et avec joie dans plusieurs domaines de ministère. Je vois une femme, autrefois indifférente au christianisme, qui s’est fait baptiser moins d’un an après avoir failli perdre son fils adolescent, membre de notre église, à cause d’une maladie cardiaque. Je vois des hommes et des femmes qui persévèrent dans leur quête du Seigneur malgré la perte de leur emploi, l’infertilité et les changements ordinaires mais difficiles de la vie.
À travers toutes sortes d’épreuves et de transitions, ces croyants s’appuient sur la fidélité du Seigneur. Laissez-vous encourager par son œuvre dans la vie des autres tandis que vous attendez que vos propres fleurs s’épanouissent.
De quelque manière que votre monde change, gardez vos yeux sur Dieu — Celui qui ne change jamais, Celui qui a toujours été fidèle à son peuple, Celui qui nous amènera en sécurité à la maison et Celui qui nous fait des dons pour qu’aujourd’hui nous en jouissions.
