Une réponse aux explications alternatives à la Résurrection

La possibilité d'un argument ne nécessite pas de probabilité.

Permettez-moi de laisser là, par elle-même, la phrase ci-dessus. Relisez-la. Elle crée une thèse épistémologique de base pour tout ce qui suit. L'idée est la suivante : le seul fait que quelqu'un propose une autre explication pour quelque chose, ne la rend pas probable. Chaque jour nous vivons suivant ce principe. Par exemple, si je pointais ma télécommande vers le téléviseur, appuyais sur le bouton d'alimentation et que le téléviseur s'allume, l'explication la plus probable serait que les ondes radio de la télécommande ont déclenché l'interrupteur principal du téléviseur. Y a t-il d'autres explications possibles ? Bien sûr que oui. Par exemple, Il aurait pu y avoir un problème technique dans le téléviseur. La télécommande de mon voisin aurait pu d'une manière ou d'une autre activer mon téléviseur au moment même où j’appuyais sur ma télécommande. Ou, il aurait pu y avoir une minuterie sur le téléviseur qui l'ait allumé au moment même où j'appuyais sur la télécommande. Les possibilités sont infinies. La question est la suivante : qu'est ce qui est le plus probable ?

Quand on en vient au sujet de la résurrection du Christ, hormis la plus évidente (le Christ réellement ressuscité des morts), il existe un nombre infini d'explications possibles et alternatives au développement de la croyance dans le Christ ressuscité. Pendant des siècles, les sceptiques et les non-croyants ont offert leurs explications possibles, mais, à mon avis, elles n'ont jamais constitué de bonnes probabilités.

Récemment, je lisais quatre explications possibles que j'aimerais développer.

1. Le corps de Jésus a été directement enlevé de la croix et mis dans le tombeau des criminels par un Juif pieu. Nous savons que les Juifs n'aiment pas laisser une personne accrochée à un arbre ou un morceau de bois pendant toute une nuit. Deutéronome 21:23 dit: « Son corps ne devra pas rester toute la nuit sur l'arbre, mais tu l'enterreras le jour même; (car celui qui est pendu [est] maudit de Dieu); que ta terre que l'Éternel, ton Dieu, te donne [pour] héritage, ne soit pas ainsi souillée ». 

Est-ce que cela constitue une explication possible ? Absolument ! Une bonne probabilité ? Je ne le pense pas. Comment cela aurait-il pu être ? Il n'y a tout simplement pas de preuves qui permettraient de croire à une telle version. Il faudrait une foi aveugle pour transformer une telle possibilité en un “credo” personnel.

2. Le corps de Jésus aurait été pris directement après la crucifixion et jeté dans la Géhenne. Peut-être qu'un soldat romain l'a fait. Louis Feldman a fait valoir que ce sont les Romains qui ont mis Jésus à mort et que les Juifs n'avaient rien à voir avec cela. Feldman affirme que les récits évangéliques, qui placent le blâme sur les dirigeants juifs, sont si pleins d'erreurs que de toute évidence les choses n'ont pas pu se passer comme ils le décrivent.

Ici, nous sommes à nouveau confrontés à une possibilité, sans qu'aucune justification historique ne la rende raisonnablement et crédible. Remarquez cette exagération : “de toute évidence les choses n'ont pas pu se passer comme ils le décrivent”. Évident pour qui ?

3. Le corps de Jésus aurait été pris par Joseph d'Arimathée et placé dans un tombeau différent. Nous savons que le premier tombeau où Jésus aurait été placé était un nouveau tombeau de la famille et peut-être que Joseph avait une autre tombe ailleurs dans laquelle le corps aurait été déplacé. La Bible dit qu'il était un homme riche, il est donc raisonnable de supposer qu'il pouvait avoir une autre tombe.

Certes, il est raisonnable de croire qu'il pouvait avoir une autre tombe, et alors ? Il est raisonnable de croire que le fils de Joseph avait un autre tombeau dans laquelle Jésus aurait été emmené Il est raisonnable de croire que Joseph a donné des tombes, de riche qu'il était, à ceux qui en avaient le besoin et qu'il avait des douzaines de tombes. Mais parce qu'il existe une théorie historique ayant le caractère d'une possibilité (cf: “Joseph aurait pu avoir une autre tombe”), cela ne signifie pas qu'il soit légitime de placer sa confiance dans une telle théorie historique au détriment d'une autre possibilité beaucoup plus probable car basée elle, sur des preuves réelles.

4. L'histoire du tombeau vide serait un embellissement ultérieur du récit évangélique. En d'autres termes, l'histoire que nous avons dans les Évangiles n'aurait pas du tout eu lieu. Cela est certainement une possibilité. Nous savons que le premier compte-rendu de la résurrection dans 1 Corinthiens 15 ne contient aucune mention du tombeau vide, ni des femmes qui le visitent. La première mention dans un Évangile, celui de Marc, se termine brusquement avec les femmes qui quittent le tombeau apeurées et dans le silence. Robert Price fait la remarque suivante : n'est-il pas évident que l'allégation selon laquelle “les femmes n'ont rien dit à personne, car elles avaient peur” a pour fonction d'expliquer au lecteur pourquoi rien de tout cela n'avait été entendu avant (”A l'heure actuelle, il sent déjà”).

Oui, cela est certainement possible, mais il n'y a aucune preuve pour étayer cette version. Elle prétend le faire, mais ne crée en réalité aucun doute raisonnable quant à l'évènement de la résurrection. Surtout qu'au-delà de la tombe vide, il existe beaucoup d'autres preuves attestant que le Christ ait réellement ressuscité (à savoir par exemple, le phénomène de la croissance numérique du christianisme dans un environnement hostile, l’acceptation totale des apôtres de mourir pour leur foi, le témoignage précoce du Nouveau Testament, le sentiment d’embarras dans le récit évangélique et l’incapacité des sceptiques à présenter un corps au premier siècle). Sans parler de l'étrangeté que constituait, pour un arrière-plan juif au premier siècle, la croyance et l'annonce d'un Messie crucifié et ressuscité.

En fin de compte, il peut y avoir toutes sortes d'autres explications possibles (je pourrais moi-même en présenter des centaines de plus). Mais nous ne devrions jamais nous laisser tromper. Ce n’est pas parce qu’une explication est possible qu’elle est automatiquement digne d'une réelle considération. L'explication la plus simple est que le Christ est ressuscité. Si vous ne commencez pas avec des présupposés anti-surnaturels (par exemple, les cadavres ne peuvent pas revivre, par conséquent, le Christ n'a pas pu ressusciter), alors vous pouvez vraiment vous fier aux preuves évidentes et ne pas chercher des explications alternatives. Elles sont certes possibles, mais tirées par les cheveux et improbables. De telles acrobaties me font penser qu'il faut davantage de foi aveugle pour ne pas croire en la résurrection du Christ que pour y croire. 


Traduction : Ulisses

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