Une check-list pour un ministère résilient et efficace

Dans trois mois le séminaire de Évangile 21 se tiendra à Genève. Plus de 400 personnes sont déjà inscrites pour l'événement et nous anticipons un temps riche en enseignement, discussion et communion fraternelle.

Cet article de Brad Dickson et Etienne Grosrenaud est un avant-goût de l’atelier “Persévérer dans le ministère : survivre ou progresser”. Si vous n'êtes pas encore inscrit, nous espérons que cet article vous mettra l'eau à la bouche !


Comment tenir dans la durée et porter du fruit dans le ministère à temps plein ?

Mais d’abord, pourquoi poser cette question ? Nous ne croyons pas que le ministère à temps plein soit plus spirituel qu’un ministère mené à côté d’un travail séculier, mais nous croyons qu’il est différent.

Une image peut probablement nous aider, avec toutes les limites d’une image. La plupart des chrétiens sont assis sur un tabouret à trois pieds. Ils ont leur vie spirituelle personnelle, leur vie professionnelle, et leur vie familiale. Il faut certes une recherche constante d’équilibre, mais les trois pieds sont là. Le pasteur est comme assis sur un tabouret à un seul pied où vie personnelle, vie professionnelle et vie familiale se confondent. L’exercice peut se montrer compliqué !

Une étude approfondie aux Etats-Unis pointe cinq domaines où les pasteurs (engagés dans un ministère dit “à plein temps”) doivent investir régulièrement s’ils souhaitent tenir dans la durée et porter du fruit dans le ministère.

1. La formation spirituelle (vie intérieure)

Par ceci nous entendons tout effort effectué pour continuer à grandir dans la connaissance de Dieu et dans la relation avec lui. Il serait malheureusement faux de présumer que les pasteurs et missionnaires progressent naturellement dans leur marche chrétienne grâce au service particulier qui est le leur. La gestion du temps est très souvent une grande difficulté pour eux. L’urgent étouffe l’essentiel. Le ministère se substitue vite à la relation avec le Seigneur. Ils connaissent tous les moyens de grâce que Dieu a donnés à ses élus pour progresser et pour se protéger des attaques de l’ennemi ; ils exhortent volontiers leurs paroissiens à s’en saisir, mais le cordonnier est parfois le moins bien chaussé…

2. Le mariage et la famille

Une tentation inconsciente mais forte du pasteur est de faire de son succès dans le ministère une idole. Si tel est le cas, il est fort à craindre que les premiers sacrifiés sur l’autel soient son épouse et ses enfants. Comme l’a si bien dit C.S. Lewis : « mettez les choses secondes à la place des choses premières et vous risquez de perdre les deux ».

La Parole elle-même nous dit que si nous ne savons pas bien gérer notre famille, nous ne sommes pas qualifiés pour être responsables d’église (1 Ti 3.5).

Un bon mariage est une source d’énergie inestimable dans le service de Dieu. Mais un bon mariage n’est pas le fruit du hasard …

3. L’hygiène de vie

Prendre soin de soi, correctement compris, n’est pas un péché d’égocentrisme mais une gestion responsable d’un des biens les plus fondamentaux que le Seigneur nous ait accordé : notre santé. Parfois la chose la plus spirituelle à faire dans notre journée peut-être d’aller courir 30 minutes ou de refuser une deuxième part de gâteau. La gestion du sommeil a également une influence certaine sur notre santé physique et morale. S’il est rare d’entendre un chrétien adulte être fier de la quantité de nourriture qu’il ingurgite, il est malheureusement moins rare d’entendre un responsable d’église faire part de sa capacité à veiller tard et à se lever tôt.

L’hygiène de vie s’étend aussi à la bonne gestion des relations humaines. Ai-je des amis, tout simplement ? Certaines relations sont consommatrices d’énergie, d’autres sont énergisantes. Il ne faut pas négliger de recharger ses batteries relationnelles.

4. La gestion des relations humaines

De nombreux diplômés de nos instituts de formation sont surpris, une fois dans le ministère, de découvrir que leur rôle dans l’Eglise dépasse de loin les seules fonctions d’enseignement et de conseil. Ils sont tout autant (sinon plus) animateurs, gestionnaires et leaders, sans forcement avoir dans leur besace toutes les dispositions et les outils nécessaires pour gérer ces aspects complexes de leur ministère. Ils sont pris de court par le nombre de conflits qu’ils découvrent ou dans lesquels ils se trouvent impliqués dans la vie de l’Église. Il leur est impossible d’éviter ces conflits ; la manière dont ils apprennent à les gérer fera une grande différence dans leur capacité à durer et à porter du fruit.

Il existe de nombreuses formations, chrétiennes ou non, qui permettent de cheminer dans les domaines de la découverte de soi, de la communication, de l’écoute, de la médiation et du leadership. Le pasteur avisé ne s’en privera pas.

5. L’intelligence culturelle

Est-ce choquant de dire que le serviteur de Dieu ne peut se contenter de lire sa Bible et de prier pour être utile entre les mains de son Maître ? Il doit aussi s’intéresser aux sciences sociales et à la culture pour apporter une parole de Dieu pour son temps. Si la mesure de toutes choses est la révélation définitive de Dieu dans la Bible, Dieu, en dispensant la grâce commune, a aussi permis aux scientifiques et aux artistes d’enrichir nos vies. Quand est-ce la dernière fois que vous êtes allé au cinéma ou que vous avez lu un livre qui ne soit pas écrit par un chrétien évangélique ? Un pasteur qui passe sous silence un événement sociétal majeur n’aide pas le peuple de Dieu à interpréter le monde selon une vision chrétienne.

Où commencer ?

Il peut être accablant pour le serviteur de Dieu de penser qu’il doit constamment progresser dans tous les domaines cités ci-dessus. Heureusement qu’il se sait dépendant de la grâce de Dieu qui l’a appelé et qui se sert de lui en dépit de ses insuffisances. Mais pour se remettre en route, pourquoi ne pas utiliser cet article comme base de discussion avec un pair dans le ministère puis prendre chacun une résolution simple et réalisable pour lesquelles vous pouvez vous tenir redevable ?


NDE : article inspiré et librement adapté de l’article en anglais : «What it Takes to Survive and Thrive in Ministry » de Bob Burns. 

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