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Si je devais résumer en une seule phrase la morale du Nouveau Testament, voici ce que je dirais : Soyez vous-même. Ça peut sonner étrange, presque hérétique étant donné l’importance que met notre culture sur le fait d’être fidèle à soi-même. Malheureusement, comme la plupart des pires erreurs du monde, cette pensée véhicule une vérité profondément pervertie. Lorsque les gens disent « Détends-toi, tu es né comme ça », ou « Arrête de vouloir être quelqu’un que tu n’es pas et sois toi-même », ils tombent sur une pensée extrêmement biblique. Dieu veut effectivement que vous soyez vous-même et que vous restiez fidèles à vous-même. Toutefois, le « vous » auquel il pense est le « vous » que vous êtes par la grâce, et non selon votre nature. Vous devriez peut-être relire la dernière phrase encore une fois pour vous assurer de bien la comprendre, car c’est ainsi que vous pourrez faire la différence entre vivre dans le péché et vivre dans la justice. Dieu ne dit pas : « Détends-toi, tu es né comme ça. » Il dit plutôt : « J’ai une bonne nouvelle pour toi, tu es né de nouveau, tu n’es plus la même personne qu’avant. »

L’union à Christ change tout

En tant que croyants, vous appartenez à Christ. Ce n’est pas tout, vous êtes attachés à lui. Par la foi, par le Saint-Esprit, vous êtes unis à lui. Christ vit en vous, et vous en lui. Vous êtes un avec Christ, alors vivez comme lui. Soyez vous-mêmes. C’est le message si souvent répété dans le Nouveau Testament :

  • En Christ, nous sommes morts au péché et vivants pour la justice. « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie » (Ro 6.4 ; voir aussi Col 3.1-3).

  • En Christ, nous sommes de nouvelles créations, afin que nous puissions vivre pour lui et non pour nous-mêmes. « Et il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Co 5.15,17).

  • En Christ, notre nature pécheresse est mise à mort et une nouvelle forme de vie (une nouvelle personne, en fait) est à l’œuvre en nous. « J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Ga 2.20).

  • En Christ, nous ne sommes plus des enfants de désobéissance et des enfants de colère, mais nous sommes vivants avec Christ, capables daccomplir les œuvres quil a préparées pour nous. « Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus vivants avec Christ (c’est par grâce que vous êtes sauvés) ; il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions » (Ep 2.4-6,10).

  • En Christ, nous pouvons marcher comme lui. « Ainsi donc, comme vous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ, marchez en lui » (Col 2.6).

  • En Christ, nous sommes saints et précieux, et nous sommes appelés à vivre en toute connaissance de cause. « Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous de sentiments de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. Mais par-dessus toutes ces choses, revêtez-vous de l’amour, qui est le lien de la perfection » (Col 3.12-14).

Maintes fois, la Bible nous rappelle notre identité en Christ pour nous exhorter à lui obéir. Ne cherchez pas la sainteté parce que vous avez terriblement peur de Dieu. Poursuivez la sainteté parce que vous avez totalement confiance que vous lui appartenez déjà.

L’autre voie romaine

Le lien entre l’union avec Christ et la sanctification ne pourrait pas être plus clair que dans Romains 6. Dans ce passage, Paul tente de répondre à la question « Devons-nous continuer de pécher afin que la grâce abonde ? » Juste avant, Paul prônait la justification par la foi seule, par la grâce seule, en Christ seul. Il anticipe maintenant cette objection : si la grâce est si grande, nous pouvons continuer à pécher (Ro 6.1). « Hé ! on peut avoir le meilleur des deux mondes ! Le péché dans cette vie et la gloire dans l’autre ! » Évidemment, cette logique n’est pas tirée de l’Évangile. Jude 4 nous met en garde contre « [les] impies, qui changent la grâce de notre Dieu en dérèglement, et qui renient notre seul maître et Seigneur Jésus-Christ ».

De toute évidence, la grâce n’est pas une vignette autorisant le péché. Paul aime parler du scandale de la grâce offerte gratuitement. En fait, il ne passe jamais à côté de ce message. Ce n’est pas comme si Paul frappait fort sur la grâce pendant un certain temps et disait ensuite, « ça suffit pour la grâce. Passons maintenant aux choses sérieuses, parlons de toutes les autres choses que vous devez faire maintenant pour être justifiés ». Au contraire, il ne passe jamais à autre chose que la grâce. Toutefois – et ceci est extrêmement important – il était avide de chanter les louanges de la grâce, tant dans la justification que la sanctification. Paul dit que, par cette grâce et la puissance de cette grâce, vous serez différents de telle et telle façon maintenant que vous êtes chrétiens.

Pour Paul, la motivation commence à partir de votre identité en Christ. Lisez Romains 6 et constatez ce qui est vraiment objectif, définitif et irréversible en vous en tant que chrétien. Vous avez été baptisés en Jésus-Christ (v. 3). Vous avez été crucifiés avec Christ (v. 6). Vous êtes morts avec Christ (v. 8). Vous avez été ensevelis avec Christ (v. 4). Vous êtes ressuscités avec Christ (v. 4, 5).

En tant que chrétiens, nous ne ressentons pas toujours notre proximité avec Jésus. Cela ne change pas la réalité de notre union avec lui. Il nous est dit de nous regarder « comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ » (Ro 6.11), parce que c’est la vérité. Nous devons reconnaître qui nous sommes en Jésus, morts au péché et vivants pour la justice. Un jour, j’ai entendu l’histoire d’un homme qui luttait avec l’attraction physique envers les hommes, qui avait avoué à son mentor qu’il allait retourner sur la scène d’un bar gai le soir même. Son pasteur a simplement répondu : « Je ne crois pas que tu le feras, car ce n’est pas qui tu es. » C’est un bon conseil, et même très biblique.

La relation entre nous et le péché change fondamentalement et irrévocablement lorsque nous sommes unis à Christ. L’ancien nous a été crucifié (Ro 6.6), et le péché ne domine plus sur nous (v. 14). Cela ne veut pas dire que la partie de nous appelée « vieille nature » a été remplacée par une autre partie appelée « nouvelle nature ». Paul ne parle pas de parties. Il parle de position. Notre vieille nature est ce que nous étions « en Adam » (voir Ro 5.12-21). La mort, le péché, le châtiment, la transgression, voilà l’équipe qui se trouve « en Adam ». Nous sommes morts à cette équipe. Le contrat a été résilié. Nous représentons maintenant l’équipe « en Christ ». Être unis avec Christ, c’est comme être placés dans une équipe de football alors que nous n’avons nous-mêmes aucun talent. Bien que nous n’ayons pas mérité notre place au sein de l’équipe, maintenant que nous portons le chandail de l’équipe, nous voulons jouer comme de vrais joueurs de football.

En Christ, le péché ne nous mettra jamais K-O

La Bible est réaliste au sujet de la sainteté. Ne vous imaginez pas que ce discours glorieux sur la mort au péché et la vie avec Dieu signifie que nous n’éprouverons plus aucune difficulté ou que le péché n’apparaîtra plus dans notre vie. La vie chrétienne nécessite que nous obéissions. Elle implique un combat. Cela dit, c’est un combat que nous gagnerons. Vous n’êtes pas seuls dans le ring. L’Esprit de Christ est de votre côté, il vous masse les épaules, il tient la chaudière, il met ses bras autour de vous, et il vous dit juste avant votre prochain round avec le péché : « Tu vas l’avoir. » Le péché est capable de cogner dur. Il peut vous frapper en plein visage à plusieurs reprises. Il peut même vous faire tomber sur vos genoux, mais si vous êtes en Christ, il ne vous mettra jamais K.-O. Vous n’êtes plus des esclaves, vous êtes libres. Le péché ne domine plus sur vous. Il ne le peut pas. Il ne le fera pas. Un nouveau Roi est assis sur le trône. Vous servez un tout autre maître. Vous vous inclinez devant un autre Seigneur.

En effet, Dieu nous dit : « Parce que vous croyez en Jésus, je vous ai unis à lui par le Saint-Esprit. Lorsqu’il est mort, vous êtes morts. Lorsqu’il est ressuscité, vous êtes ressuscités avec lui. Il a sa place au ciel, donc vous avez aussi une place au ciel. Il est saint, donc vous êtes saints. Vous êtes aujourd’hui, en toute objectivité et en vérité, des enfants saints bien-aimés de Dieu, morts au péché, vivants pour la justice, et assis dans mon lieu céleste et saint. Maintenant, vivez selon ce que vous avez entendu. » Voilà comment les indicatifs et les impératifs travaillent ensemble en union avec Christ. C’est aussi une manière un peu plus longue de dire « soyez vous-mêmes ».


NDE : Cet article est un extrait adapté au format blog du livre La faille dans notre sainteté de Kevin DeYoung sorti aux éditions Impact. Distributeur France : Xl6 et Canadiens : Publications chrétiennes. Reproduction interdite.

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