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Éteignez les lumières, rangez les sapins. Arrêtez la musique, faites silence. Nous ne pouvons nous réjouir, nos cœurs sont abattus. Cette année, Noël fait trop mal. Ces phrases font-elles écho à votre cœur ? À cette période de l’année qui est la plus sombre, où les jours sont courts, nos rues, nos quartiers, tentent de chasser l’obscurité et créer de la gaieté, comme pour palier ce manque de lumière naturelle par des ajouts festifs et éphémères. Pour tant de personnes, Noël est douloureux. Centré sur la famille, la lumière, le confort et la joie, cette période de l’année renvoie à ces personnes tout ce qui leur manque.
Pour ceux qui souffrent, qui sont en deuil, qui traversent une épreuve, ces lumières peuvent être aveuglantes. Une envie de tamiser la lumière, de ne pas être ébloui, pour ne pas creuser davantage ce décalage entre les émotions ressenties et l’ambiance générale. Ce fut mon cas, il y a quelques années. Notre réveillon de Noël, consacré à préparer l’enterrement de notre fils, était bien loin de ce à quoi nous nous étions préparés. Les petites fenêtres de notre calendrier de l’avent n’étaient pas censées aboutir à cela. Du jour au lendemain, tout ce qui réjouissait mon cœur et m’aidait à préparer ce beau moment de l’année m’était devenu si lourd à supporter. L’obscurité paraît alors plus appropriée qu’une lumière forcée. Nos anciens cantiques de Noël semblent faire écho à cette réalité, et celui-ci en particulier :

Ô viens, Berger que Dieu nous a promis,
Entends au loin ton peuple qui gémit ;
Dans la violence il vit son exil,
De ses souffrances quand renaîtra-t-il1 ?

Ce premier couplet du chant « O viens Emmanuel » rappelle l’histoire du peuple d’Israël, plongé dans les ténèbres de son éloignement de Dieu, dans l’attente d’une délivrance. Le chant tel que nous le connaissons aujourd’hui date du 19ème siècle, mais ses origines remontent vraisemblablement à un chant grégorien du 8ème siècle. Les moines chantaient chaque jour un couplet parmi les sept qui composent ce chant pour se préparer à Noël. En effet, chaque couplet commençait par un aspect de l’attente du Messie selon les Écritures. Cette attente qui est enfin comblée selon ces mots du prophète Ésaïe

Le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière ; Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre de la mort une lumière resplendit (Ésaïe 9.1)

Pour le peuple d’Israël, il y a l’exil, l’attente de la délivrance par le Messie, mais surtout, pour eux comme pour nous, la fin de l’errance dans l’obscurité de notre péché. Ce que le refrain de ce chant proclame :

Chantez, chantez, il vient à notre appel,

Combler nos cœurs, Emmanuel.

De quoi avons-nous besoin en ce Noël ? Plus de lumière, plus de chaleur ? Non, nos cœurs ont besoin de repentance, de réconciliation avec notre Créateur, et cette réconciliation, Dieu l’a rendue possible par la venue de son Fils, Emmanuel. Il a fait briller la seule lumière qui peut vraiment nous sauver. Nos cœurs peuvent être comblés en Lui, même dans la souffrance. Comme ce chant nous le rappelle, notre attente est à la fois terminée, par la délivrance qui nous est donnée, et à la fois renouvelée, dans l’espérance de son retour. Pour vous qui souffrez, qui vivez la réalité du mal dans notre monde, la lumière de votre salut resplendit.

Les ténèbres dans lesquelles nous nous trouvons peuvent sembler si épaisses. Pour ceux qui souffrent, la réalité de la délivrance ne signifie pas l’arrêt immédiat de la douleur. Il y a l’obscurité de nos épreuves terrestres, que Dieu soulève peu à peu par ses bontés renouvelées. Mais il y a cette autre obscurité, celle de notre péché, dont nous sommes à jamais délivrés. Les chants traditionnels de Noël parlent d’un petit enfant dans une crèche, les décorations sont colorées et joyeuses… nous n’associons pas naturellement Noël avec l’obscurité et la réalité du péché, et pourtant c’est parce que nous étions dans l’obscurité, perdus dans notre péché, que Dieu a envoyé son Fils. Si nous n’avions pas connu l’obscurité, nous n’aurions pas besoin de Noël.

Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, Et la domination reposera sur son épaule ; On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père Éternel, Prince de la paix. (Ésaïe 9.5)

Si on éteignait les lumières, rangeait les sapins, Christ serait toujours Roi. Si on arrêtait de chanter, Christ régnerait encore et l’auteur de notre espérance serait toujours le Prince de la paix.

Qui est celui que nous célébrons ? Celui qui s’est fait homme « afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort » (Hébreux 2.14) Ainsi, celui qui est la raison de cette fête m’a donné le moyen de la célébrer, même dans le deuil, car il est celui qui a sonné la fin de cette mort qui me fait tant souffrir. Puisons dans la Parole la réalité de ce que Dieu a fait, dès aujourd’hui et au retour de notre Sauveur :

Et tu as changé mes lamentations en allégresse, tu m’as retiré mes habits de deuil pour me donner un habit de fête. Ainsi mon cœur chante des louanges et ne reste pas muet. Éternel, mon Dieu, je te louerai toujours. Ps 30.12-13 

Votre espérance est-elle en Christ ? Que ce soit le sujet de votre joie. Ce jour de fête vous remplit de nostalgie ou de tristesse? Regardez à Celui qui a offert sa vie. Que ce soit, peut-être dans les larmes, un jour pour chanter Emmanuel :

Ô viens, Jésus, tracer notre chemin,
Visite-nous, Étoile du matin,
Du fond de nos regards fais monter
L’éclat soudain du jour d’éternité.

1De nombreuses versions de ce chant traduit du latin existent, et toutes ne reflètent pas le message initial de l’attente du Sauveur.

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