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Note de l'éditeur : 

Cet article est extrait de « Le dessein de Dieu pour l’Église » dans lequel Conrad Mbewe qui, puisant dans trois décennies de travail pastoral en Zambie, vise à équiper les pasteurs et les responsables d’église avec des principes bibliques adaptés.

Nous avons vu que Jésus-Christ est à la fois le fondateur et le chef de l’Église. Examinons plus en détail les autres liens de Jésus avec l’Église. Toutes les illustrations que nous allons passer en revue ne font qu’étayer la raison pour laquelle il est logique de croire que Jésus n’est pas seulement le fondateur, mais aussi le chef de l’Église.

1. Il l’a reçue

Les élus, qui forment la véritable Église, ont été donnés à Jésus-Christ par Dieu le Père. Dans ce que nous appelons la prière sacerdotale du Seigneur Jésus-Christ, il dit ceci :

J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés ; et ils ont gardé ta Parole […] C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi ; et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux (Jn 17.6,9,10).

Plus tôt dans cette prière, Jésus dit au Père qu’il a reçu l’autorité sur toute chair pour transmettre ainsi la vie éternelle à tous ceux que le Père lui a donnés (Jn 17.2). Il ne fait aucun doute que, si les gens qui composent l’Église appartiennent à Christ, il est logique qu’il ait le droit de la conduire comme il l’entend.

2. Il l’a rachetée

Quand Jésus est mort sur la croix, il a payé le prix de la rédemption des personnes qui composent l’Église. À la question « Pour qui Jésus est-il mort ? », nous répondons souvent sans réfléchir à deux fois : « Jésus est mort pour le monde ». C’est vrai. Il est « l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » (Jn 1.29). Nous trouvons des mots similaires dans le verset le plus célèbre de la Bible, Jean 3.16. Toutefois, la Bible utilise souvent le mot « monde » pour souligner le fait que l’Évangile n’est pas exclusivement destiné aux Juifs, mais aux non-Juifs également. Le terme « monde » ne désigne pas toujours tout individu venu au monde depuis la Création. Plus précisément, la Bible enseigne que Jésus est mort pour son peuple élu, ceux que le Père lui a donnés avant la fondation du monde. Jésus parle de donner sa vie exclusivement pour ses brebis. Il dit : « Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis […] Je connais mes brebis, et elles me connaissent, comme le Père me connaît et comme je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis » (Jn 10.11,14,15). Le passage de la Bible indiquant le plus clairement que Jésus est mort pour son Église est sans doute Éphésiens 5.25-27 :

Maris, que chacun aime sa femme, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant et en la lavant par l’eau de la Parole, pour faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable.

S’adressant aux anciens d’Éphèse dans son discours d’adieu, Paul dit : « Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Église de Dieu, qu’il s’est acquis par son propre sang » (Ac 20.28). Jésus-Christ s’est acquis un peuple pour lui-même qui constitue désormais la véritable Église dans le ciel et sur la terre. Il a donc le droit d’agir avec lui comme il l’entend. Il l’a racheté par son propre sang !

3. Il l’a fiancée

L’Église est appelée l’épouse de Christ. La célébration des noces de l’Agneau viendra couronner l’histoire (Ap 19.7). L’épouse, appelée ici la nouvelle Jérusalem, apparaîtra magnifiquement ornée pour rencontrer son époux, le Seigneur Jésus-Christ (Ap 21.2). L’Église est ainsi appelée « la femme de l’Agneau » (Ap 21.9). Ce sera l’union de Christ avec l’Église qu’il a acquise en livrant sa vie sur la croix. Cette relation, celle de Christ avec son Église en tant que mari et femme, est le grand argument de l’apôtre Paul pour expliquer les liens qui unissent une épouse et son mari :

Femmes, que chacune soit soumise à son mari, comme au Seigneur ; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Église qui est son corps, et dont il est le Sauveur. Or, de même que l’Église est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l’être à leur mari en toutes choses. Maris, que chacun aime sa femme, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle (Ép 5.22-25).

L’idée maitresse est évidente : l’Église doit se soumettre à Christ, l’Époux.

4. Il la guide

Une autre image notable du Nouveau Testament représentant Jésus chef de l’Église est celle de son rôle de grand berger des brebis. Un berger ne protège pas seulement les brebis, il leur indique où se nourrir. D’ordinaire, lorsqu’un berger a beaucoup de brebis, il les répartit en les confiant à d’autres bergers qui travaillent ensuite sous sa supervision directe. Ces derniers sont appelés des bergers-assistants. C’est ce que sont les dirigeants d’Églises. Ce sont des bergers-assistants sous la supervision de Jésus-Christ, le grand berger des brebis. L’apôtre Pierre a utilisé cette image pour encourager les anciens à accomplir leur travail avec soin. Il a écrit :

Voici les exhortations que j’adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi, ancien comme eux, témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être manifestée : Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement […] Et lorsque le souverain berger paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire (1 Pi 5.1,2,4).

Cela renforce l’idée que les dirigeants d’Églises ne sont pas l’autorité ultime dans l’Église. C’est Jésus-Christ. Ils devraient accomplir leur tâche comme le veut Jésus. À son retour, il les rétribuera en conséquence.

Quelques implications

Ceux que Dieu a utilisés pour implanter des Églises ne devraient pas se considérer comme les fondateurs de l’Église, car ils ne le sont pas. Ils ne sont que des instruments entre les mains du chef suprême de l’Église, le Seigneur Jésus-Christ. Il les a déployés pour implanter telle ou telle Église, comme il l’a fait avec les apôtres dans la Bible. Jésus est le seul fondateur de l’Église. Comme indiqué au début de ce chapitre, nous avons aujourd’hui trop de dirigeants d’Églises en Afrique qui prétendent être les fondateurs des Églises qu’ils ont implantées. C’est particulièrement le cas lorsque d’autres assemblées ont été établies à partir de la première et qu’elles en portent le nom. Cette personne veille à ce que le site Internet de l’Église et ses cartes de visite indiquent bien qu’il en est le fondateur. Quand bien même il aurait implanté une Église, il est sage d’éviter des termes aussi exagérés et de réaliser que nous ne sommes que des instruments entre les mains de Dieu. Comme Paul le disait :

Qu’est-ce donc qu’Apollos, et qu’est-ce que Paul ? Des serviteurs, par le moyen desquels vous avez cru, selon que le Seigneur l’a donné à chacun. J’ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître, en sorte que ce n’est pas celui qui plante qui est quelque chose, ni celui qui arrose, mais Dieu qui fait croître […] Car nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, l’édifice de Dieu (1 Co 3.5-7,9).

Malheureusement, cette situation atteint parfois une telle ampleur que, même lorsque ce genre de dirigeant tombe dans un péché grave et scandaleux, il insiste sur le fait qu’on ne peut ni le démettre de ses fonctions ni le discipliner de quelque manière que ce soit. Il exige le départ de ceux qui sollicitent sa démission, étant donné qu’il est le fondateur de l’Église. C’est comme s’il avait le droit inaliénable d’être le seul aux commandes de l’Église, en dépit de son état spirituel. Il est nécessaire d’inverser cette tendance en s’assurant que Jésus n’ait pas de concurrence. Lui seul est le fondateur de l’Église. Aucun être humain n’a payé le prix pour racheter l’Église. Seul Christ l’a fait, et il exige la sainteté, en particulier de la part des dirigeants de l’Église. Ils devront lui rendre des comptes à son retour. Ceux qui ont usurpé la position de Christ et maltraité son Église le paieront cher ce jour-là.

Les pasteurs ne doivent pas faire ce que bon leur semble avec l’Église. Il faut constamment se poser cette question : « Que dit la Bible ?

Les pasteurs ne doivent pas faire ce que bon leur semble avec l’Église. Il faut constamment se poser cette question : « Que dit la Bible ? » Le Saint-Esprit a veillé à nous révéler la pensée du chef de l’Église dans les saintes Écritures. Ceux qui dirigent l’Église devraient les consulter assidûment pour voir ce qu’elles enseignent. Lorsque Paul envoie Timothée comme pasteur de l’Église d’Éphèse, il craint que ce dernier ne finisse par diriger l’Église selon son propre raisonnement pragmatique. Une « bonne idée » n’en pas une si la Bible ne la valide pas. Aussi Paul a-t-il envoyé à Timothée la lettre que nous appelons 1 Timothée. Paul lui a dit : « Je t’écris ces choses, avec l’espérance d’aller bientôt vers toi ; mais, si je tarde, tu sauras comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité » (1 Ti 3.14,15). Paul ne voulait prendre aucun risque. Sa lettre à Timothée regorge d’instructions sur des sujets tels que les rôles masculins et féminins dans l’Église, les qualifications requises pour être un ancien et un diacre dans l’Église, la façon dont l’Église devrait s’occuper des personnes vulnérables en son sein, ainsi que de leurs pasteurs, etc.

De nos jours, nous voyons des Églises faire ce que Jésus ne leur a jamais demandé de faire dans sa Parole. Les dirigeants de l’Église veulent parfois utiliser la force des nombres pour influencer les élections politiques, voire contrôler les élections. Le chef de l’Église a-t-il dit que l’Église devait agir ainsi ? Dans le chapitre suivant, nous examinerons de plus près la mission de l’Église. Pour l’instant, je me contenterai de dire qu’il est très improbable que Jésus ait inclus l’influence ou le contrôle des élections politiques comme l’un des objectifs de son Église.

N’oublions jamais que le dirigeant ultime de l’Église est le Seigneur Jésus-Christ. Il en est le fondateur et le chef. Il était mort, mais il est revenu à la vie. Il est vivant et en bonne santé, il marche au milieu des chandeliers d’or (Ap 2.1), et taille leurs mèches

Cet article est un extrait de « Le dessin de Dieu pour l’Église« , retrouvez ici les articles de la même série

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