Quatorze considérations pour bien conduire les cultes de famille

Notre fille Aurore[1] aura bientôt 6 ans. Nous avions pris la décision de mettre en place un moment quotidien d’instruction biblique dès le début de sa vie. Voici quelques astuces qui pourraient servir à des parents souhaitant se lancer dans des cultes de famille.

1.    Quel intérêt ?

La Bible prescrit une éducation « dans le Seigneur » (Éphésiens 6.4), et cela passe par la Parole de Dieu (cf. 2 Timothée 3.15). Un culte de famille est un outil parmi d’autres qui peut servir ce but.

2.    Quels participants ?

Si le commandement d’Éphésiens 6.4 est adressé aux pères, d’autres textes mettent en évidence le rôle des mères (1 Timothée 5.10 ; 2 Timothée 1.5). Nous avons estimé opportun que ces moments aient lieu en famille, même si de temps à autre, souvent à cause d’un voyage, l’un des parents est absent.

3.    Quels rôles ?

Le papa assume la responsabilité (Éphésiens 6.4 ; cf. Colossiens 3.21 ; Hébreux 12.4-11), conduit ces moments et donne l’instruction. Mais la maman intervient parfois en cours de route pour faciliter la compréhension d’Aurore ou pour illustrer un point. Nous encourageons des mamans qui élèvent un enfant seules à assumer l’instruction biblique, bien entendu – et à faire appel à d’autres au sein de l’Église pour qu’ils prient pour elles alors qu’elles se lancent dans un tel projet.

4.    Quelle fréquence ?

Nous avons opté pour un moment quotidien, ce qui a l’avantage de faire partie de la routine – un élément de chaque journée qui n’est pas remis en question, comme pour le brossage des dents (presque !). Chez nous, la maman est plus habile que le papa pour veiller à ce que ce moment ait lieu lorsque la routine est dérangée !

5.    Quelle durée ?

Nous préconisons un moment court. Actuellement, notre culte famille dure environ 12 minutes, mais nous savons qu’il peut se faire en 7 minutes si nous sommes pressés. Il y a quelques années, le temps était nettement plus bref. Depuis plusieurs mois, Aurore réclame régulièrement plus de temps de lecture de la Bible, mais nous jugeons sage de résister à cette pression de peur de nous trouver dans le cas de figure inverse…

6.    Quel âge ?

Tant que nous avons la responsabilité de l’éducation, il n’est pas trop tard pour commencer – ni trop tôt ! Nous savons qu’Aurore ne comprenait pas grand-chose durant les premiers mois, mais nous nous sommes souvent laissés surprendre par tout ce qu’elle avait pu saisir et articuler.

7.    Quel matériel ?

Il faudrait se munir d’une Bible pour enfant adaptée à son âge[2] – et passer à une Bible « normale » dès que possible (dès 6 ou 7 ans ?). Nous avons également confectionné des cartes plastifiées qui montrent des photos des familles pour lesquelles nous prions et un autre jeu de cartes qui présentent des métaphores employées dans les Écritures pour évoquer la nature de la Parole de Dieu (lait, lumière, épée…) Nous songeons à la possibilité de confectionner des cartes montrant des attributs de Dieu. Cela nous arrive d’aller rechercher une carte géographique en ligne – ou une image qui puisse rendre une explication plus concrète ou plus claire.

8.    Quel déroulement ?

Nous commençons par demander à Aurore d’évoquer des sujets de reconnaissance : nous voudrions qu’elle soit consciente de la source des dons qu’elle apprécie et que ses affections soient portées vers Dieu. Puis nous piochons dans les cartes pour identifier les personnes pour lesquelles nous prierons et la métaphore de la Parole qui fera l’objet de nos prières (« Nous te remercions de ce que ta Parole est une lampe à nos pieds… ») Ensuite nous passons à la lecture du passage, après quoi nous posons à Aurore des questions – des questions de compréhension et souvent d’application. Le papa prie en fonction de l’application du passage, puis des prières d’intercession (pour Aurore elle-même) clôturent la séance.

9.    Quelle complémentarité ?

Nous ne visons pas à tout faire durant ces moments. Aurore apprend des versets bibliques dans d’autres cadres. Le chant de cantiques figure également dans d’autres contextes. Les conversations lors des repas et les CDs écoutés en voiture sont aussi propices à son éducation. Et elle bénéficie régulièrement de l’école du dimanche.

10. Quelles prières ?

Des prières de confession ne sont pas au programme, parce que nous gérons les questions de discipline sur le moment – lorsqu’elles surviennent –, et nous n’y revenons pas. Les sujets d’intercession pour elle ne varient pas beaucoup d’un jour à l’autre, car nous avons à cœur de prononcer quotidiennement un certain nombre de sujets la concernant – par exemple, pour qu’elle devienne une « Ruth » qui se marie avec un « Boaz » et pour qu’elle soit sage dans son interaction avec le monde (aimant les personnes du monde sans se laisser embarquer par leurs péchés).

11. Quelle souplesse ?

Le fait d’avoir ce culte de famille n’est pas souple, mais sa durée l’est. Un peu de variété se manifeste aussi dans la configuration des prières (Aurore assure régulièrement l’une des prières du début). L’heure de la journée où ce moment est programmé, ainsi que l’endroit où il a lieu, ont souvent varié – même si, la fin de la journée marche bien pour nous depuis quelques années.

12. Quels obstacles ?

Il ne faudrait pas sous-estimer le combat spirituel. Nous prions chaque jour pour le culte de famille. Parfois Aurore n’a pas eu envie de laisser de côté des activités jugées plus intéressantes – et parfois cela n’a pas été facile pour nous de trouver un moment convenable pour le programmer, lorsque nous sommes en voyage, par exemple, ou que la routine est bouleversée.

13. Quelle formation ?

Nous ne ménageons pas de temps de préparation. Il est vrai que plus on est versé dans les Écritures, plus il est facile de tirer des applications appropriées du passage (cf. 2 Timothée 2.15) si elles ne sont pas déjà proposées par la Bible pour enfant qu’on utilise. Mais n’importe quel parent chrétien peut le faire !

14. Quel rendement ?

L’impact d’un moment quotidien dans la durée nous impressionne en ce qui concerne les connaissances bibliques. Nous prions Dieu afin que la vie d’Aurore soit transformée par la Parole (cf. Hébreux 4.12).

Un mot de conclusion

Chaque contexte familial est différent – et chaque enfant l’est également. Ce que nous pratiquons ne s’apparente nullement à la loi des Mèdes et des Perses ! Par ailleurs, nous ne sommes pas des experts, n’ayant pas bénéficié nous-mêmes d’une éducation biblique dans ce cadre. Mais que Dieu nous qualifie toutes et tous pour nos projets d’instruction biblique en famille, à sa seule gloire.

 

[1] Prénom changé.

[2] Parmi les nombreuses options qui sont disponibles en français : celles de David Helm (à partir de 2 ans), de Kevin DeYoung (à partir de 3 ans ?), de Sally Lloyd-Jones (à partir de 3 ans), de Catherine Vos (à partir de 5 ou 6 ans).

EN VOIR PLUS
Chargement