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« Priez sans cesse ! » : voilà une exhortation (1 Thessaloniciens 5.17) qui peut paraître un peu irréaliste pour les hommes et les femmes ultra-occupés que nous sommes. Comment puis-je prier sans cesse alors que je suis sollicité par mon travail, ma famille, mes nombreuses relations et mes non moins nombreuses activités ? Pour aller dans le sens de l’apôtre Paul et vivre une vie de piété conforme à ce que Dieu attend de nous, nous avons certainement besoin de deux choses complémentaires : des temps de prière et la prière en tout temps.

Une relation avec Dieu un peu minimaliste ?

Imaginez… Vous êtes marié, mais votre communication se résume à des petits bouts de phrase par-ci par-là au fil de la journée : « Peux-tu me passer le sel ? », « Tu es belle ce matin ». Et quand votre épouse vous demande de vous arrêter un moment pour discuter, vous lui répondez : « Ecoute, je n’ai pas le temps ; et puis j’ai du mal à me concentrer quand je te parle, alors je préfère que nous en restions là. Et puis, tu sais bien que je t’aime, que je te parle ou pas ». Il arrive hélas que notre relation avec Dieu ressemble un peu à cela. Mais peut-on alors réellement parler de « relation » ? Une relation se construit, et nous ne construirons rien du tout si nous sommes toujours trop occupés pour nous arrêter aux pieds de notre Seigneur. Nous sommes appelés à « choisir la bonne part », comme l’avait si bien compris Marie, la sœur de Marthe (Luc 10.42).

Prier ne nous coûtera jamais la fosse aux lions… et pourtant…

Le prophète Daniel avait développé cette habitude de s’arrêter pour prendre des temps de prière, au point que la menace d’être dévoré par des lions n’y change rien. Qu’importe le coût : Daniel aime être en relation avec Dieu par la prière et il s’y tiendra quoi qu’il arrive. Pour nous, le coût de la prière est bien moindre : c’est peut-être laisser notre téléphone de côté un instant ; c’est se lever un peu plus tôt le matin ; c’est renoncer à un loisir. Un coût qui nous paraît souvent trop élevé…

Pour nous, le coût de la prière est bien moindre : c’est peut-être laisser notre téléphone de côté un instant ; c’est se lever un peu plus tôt le matin ; c’est renoncer à un loisir.

Il n’y a pourtant pas de miracle : si nous ne prenons pas le temps de prier, nous ne prierons pas ! Les puritains allaient jusqu’à exhorter : « Priez jusqu’à ce que vous priiez ! », avec cette idée qu’il faut du temps pour dépasser le stade de la prière un peu « formelle » et se mettre à prier réellement, d’une prière qui déborde du cœur. Aucune relation ne se développe sans qu’on y investisse du temps, et la relation avec Dieu ne fait pas exception.

En panne sèche par manque de carburant

Donald Carson, dans son livre La prière renouvelée, raconte l’anecdote d’un homme qui s’est retrouvé en panne sèche, parce que, attendu à une importante réunion, il ne voulait pas perdre de temps à s’arrêter à une station-service. Combien de fois faisons-nous ce même mauvais calcul : plutôt que de nous arrêter pour prier, nous courons frénétiquement après nos obligations. Or, comme le rappelle Paul Miller dans Une vie en prière, la logique chrétienne est toute inverse : plus il y a de pression, plus je dois prier. Pensez à Jésus : constamment sous pression, il éprouve le besoin de s’arrêter pour prier (Marc 1.35), quand bien même il est en communion permanente avec son Père. Il y a un côté pathétique à penser que nous pouvons nous passer de la prière, alors que Jésus lui-même en avait besoin…

La prière est une arme dont nous avons besoin, au milieu du combat de la vie

La prière est une arme dont nous avons besoin, au milieu du combat de la vie : combat contre notre propre péché et nos mauvais penchants, combat contre le diable qui cherche par tous les moyens à nous faire chuter ou à nous rendre vulnérables. Vis-à-vis de la prière, le but de Satan est donc clair : il souhaite affaiblir notre vie de prière, bien conscient qu’un chrétien qui ne prie pas est un chrétien inoffensif.

Un lieu calme, un temps calme et un cœur calme

De quoi avons-nous besoin pour vivre des temps de prière ? David MacIntyre, dans son petit ouvrage The Hidden Life of Prayer, appelle les chrétiens à aspirer à un lieu calme, un temps calme et un cœur calme, comme Jésus exhortait finalement ses disciples : « Mais toi, quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est dans le lieu secret ; et ton Père qui voit dans le secret te le rendra » (Matthieu 6.6). De tels moments ne tomberont pas du ciel : ils doivent être planifiés et anticipés. Certains y verront peut-être une sorte de formalisme : « La prière doit être spontanée et sortir du cœur ! », s’exclameront-ils. Nous constatons cependant que notre cœur a souvent besoin d’être aidé par une saine discipline…

Ne cherchons pas à battre le record du monde d’apnée !

Cependant, ces « temps de prière », aussi indispensables et profitables soient-ils, ne suffisent pas à notre vie de piété, s’ils ne sont pas accompagnés de la « prière en tout temps ». Le record du monde d’apnée s’élève à 11 minutes et 35 secondes. Mais même son détenteur, Stéphane Mifsud, a dû ensuite se remettre à respirer ! Nous avons été créés pour respirer… et créés pour prier ; ce n’est pas un hasard si la prière a parfois été décrite comme la respiration de l’âme. Pour Ole Hallesby, auteur du livre Prière, elle est « le moyen dont Dieu se sert pour faire de ce cœur desséché et flétri une demeure digne de son Fils ».

Toute circonstance devient un sujet de prière

Prier sans cesse, c’est ainsi prier en toutes sortes de situations et développer le réflexe de la prière, à l’image de Néhémie, qui adresse à Dieu une « prière-flash » lorsque le roi Artaxerxès le prend au dépourvu et lui pose une question : « Je priai le Dieu des cieux et je répondis au roi… » (Néhémie 1.4-5). Prier sans cesse, c’est être à tel point en communion avec Dieu que toute circonstance devient un sujet de prière. Vous venez de passer une heure agréable avec un ami ? Priez Dieu pour le remercier de ce moment. Vous allez être en retard à votre rendez-vous à cause d’un imprévu ? Priez Dieu de vous donner la patience et la paix. Vous partez faire du shopping ? Recommandez-vous à Dieu pour qu’il vous accorde sa sagesse. Vous êtes encouragé de la belle période que vous traversez en famille ? Louez Dieu sans vous lasser pour ce bienfait. Vous traversez un temps de désert ? Lancez constamment à Dieu vos SOS et lamentez-vous devant lui.

Un remède au cynisme

Nous avons besoin de prendre toujours plus conscience que Dieu est là, présent dans nos vies, à côté de nous : dans notre bureau, notre voiture, notre chambre à coucher. Dieu est présent dans notre réalité et il y a agi. Prier en toutes circonstances constitue un bon remède au cynisme, cette attitude qui ne s’attend à rien et qui tend à oublier que Dieu est actif dans notre vraie vie.

François Fénelon a écrit : « Parlez à Dieu de vos ennuis, afin que Dieu vous console ; dites à Dieu vos joies, afin que Dieu les calme ; dites Dieu vos désirs, pour que Dieu les purifie ; dites à Dieu vos aversions, pour que Dieu vous aide à les vaincre ; parlez à Dieu de vos tentations, pour que Dieu vous en protège ; montrez à Dieu les blessures de votre cœur, pour que Dieu guérisse. Si vous déversez ainsi toutes vos faiblesses, vos besoins, vos ennuis, vous ne manquerez pas de quoi dire ».

Prier plutôt que râler

Prier sans cesse conduit encore à la dépendance, parce que la prière démontre en soi le besoin de Dieu, même pour des choses qui peuvent paraître toutes banales ou pour lesquelles nous comptons essentiellement sur notre propre intelligence ou nos compétences. Prier sans cesse conduit à la paix, parce que notre regard se met à changer : si nous prions plutôt que de râler, nous verrons les circonstances avec davantage d’optimisme ; si nous prions plutôt que de critiquer, nous verrons les gens avec moins d’arrogance ou d’impatience. Prier sans cesse conduit à l’amour, comme l’a écrit Dietrich Bonhoeffer dans De la vie communautaire : « Quand je prie pour un frère, je ne peux plus, en dépit de toutes les misères qu’il peut me faire, le condamner ou le haïr. Son visage, qui m’était peut-être étrange et insupportable, se transforme au cours de l’intercession dans le visage du frère pour lequel Christ est mort, le visage du pécheur gracié ».

Si nous prions plutôt que de râler, nous verrons les circonstances avec davantage d’optimisme ; si nous prions plutôt que de critiquer, nous verrons les gens avec moins d’arrogance ou d’impatience

Le Ciel, un lieu de prières

Prier sans cesse conduit à la reconnaissance, car chaque requête exaucée peut déboucher sur des actions de grâces, et chaque démonstration de la bonté de Dieu autour de moi peut susciter la louange. Celui qui « prie comme il respire » amène à Dieu sa reconnaissance pour son petit café au soleil, pour la santé de ses enfants, pour la journée de travail qui s’est bien passée ; il reconnaît que tout don excellent lui vient du Père des lumières (Jacques 1.17) ; il se maintient dans un état d’émerveillement devant les diverses manifestations de la gloire de Dieu dans la Création et devant les innombrables facettes de la grâce de Dieu dans la Rédemption. Nous avons été créés pour louer Dieu. Et finalement, que sera le Ciel sinon un lieu où le peuple de Dieu le louera – et donc le priera avec reconnaissance – pour son salut en Jésus-Christ ? Là, les temps de prière et la prière en tout temps nous seront pleinement naturels et feront notre joie !

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