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« Petit » n’est pas un mot particulièrement attrayant dans la plupart des cas. Qui veut un petit compte en banque, un petit niveau d’honneur, ou un emploi avec un petit salaire dans un petit bureau ? Et même si nous pouvions romancer certains avantages qu’il y a à avoir une petite église, je pense que peu de pasteurs, quand ils sont honnêtes, préféreraient que leur église soit petite plutôt que grande et en pleine croissance.

Mais « petit » peut être bon et même révolutionnaire. Pensez au « small ball » [petite balle]  tel qu’il a été pratiqué pendant la saison 2013-14 par les Kansas City Royals, fameux joueurs de baseball. Les Royals ont utilisé une stratégie de « small ball » pour montrer qu’une équipe peut avoir beaucoup de succès sans budget important ni joueurs de baseball très bien payés. Ils ont utilisé une technique de petites étapes méthodiques – au moyen de lancers sur les bases, d’amortis, de bases volées, de sauts sacrifiés – pour amener les coureurs sur les bases et les faire parvenir au tour complet. Et cela a fonctionné.

Dans son excellent ouvrage intitulé Small Teaching, James Lang applique l’idée de petit pour aider les enseignants à devenir plus efficaces dans leur travail. Lang, un professeur, sait que la plupart des enseignants souhaitent développer leurs compétences et devenir plus engageants et efficaces, mais il est difficile d’y parvenir. Les conférences, les livres et les séminaires promettent qu’une refonte radicale de l’éducation et de la pédagogie résoudra tous nos problèmes en tant qu’enseignants.

Lang soutient toutefois, à juste titre, qu’il n’est pas possible pour les enseignants et les professeurs de changer tout ce qu’ils font – de retourner chaque classe, de réorganiser une école entière, de se débarrasser de tout ce qu’on leur a enseigné. Au lieu de cela, il est beaucoup plus sage, réaliste et efficace de faire des petits pas – des petits changements méthodiques dans la façon dont un enseignant aborde l’enseignement et l’apprentissage. Il s’agit d’une approche à petite échelle pour améliorer la pédagogie, et cette approche fonctionne.

Apportez le « small ball » à la prédication

Petite balle. Petit enseignement. Et la petite prédication ?

Considérons un seul petit pas que nous pouvons faire pour nous améliorer en tant que prédicateurs : réfléchir soigneusement à la dernière minute d’un sermon.

« Mieux vaut l’aboutissement d’une affaire que son commencement », plaisante le sage quelque peu cynique de l’Ecclésiaste (7.8). Les spécialistes de l’homilétique et de la rhétorique seraient d’accord – du moins en partie. Le début et la fin d’un sermon sont les parties les plus importantes en termes d’effet et de mémorisation. Nous savons que sur les quelque 3 000 à 4 000 mots d’un sermon de 35 minutes, le cerveau moyen n’en retiendra de manière durable qu’un petit pourcentage. Les illustrations vivantes et les histoires personnelles ont de bonnes chances d’être efficaces. Ce que vous dites dans la première et la dernière minute de votre sermon a une chance d’être retenu. La plupart du reste sera oublié. Il est donc important de prêter attention à cette dernière minute.

Le début et la fin d’un sermon sont les parties les plus importantes en termes d’effet et de mémorisation

Les différents prédicateurs ont des philosophies et des habitudes différentes en ce qui concerne la planification et l’écriture de ce qu’ils vont dire dans leur sermon – des manuscrits complets au simple plan noté sur une feuille. Ce n’est pas grave. Mais tous les prédicateurs devraient réfléchir, planifier et être intentionnels dans la manière dont ils utilisent la précieuse dernière minute. En plus de ne pas attendre la dernière minute pour penser à votre dernière minute, voici quelques conseils pour votre message :

Ce qu’il ne faut pas faire :

  • Oublier de faire atterrir l’avion. Il n’y a pas de pire façon de gâcher une bonne prédication que de s’essouffler, de terminer faiblement, sans clarté, sans finalité. J’ai déjà entendu un prédicateur terminer par « Eh bien, c’est tout ce que j’ai à dire ». Une prédication n’est pas une simple conversation. C’est une expérience communicative intentionnellement conçue. Ne vous envolez pas avec votre prédication jusqu’à ce que vous tombiez en panne d’essence et que vous vous écrasiez. Faites atterrir l’avion avec du carburant dans le réservoir et la sécurité des passagers en tête, en gardant à l’esprit là où vous voulez en arriver.
  • Surprendre vos auditeurs en leur disant que votre message est terminé. Ils doivent recevoir des indices verbaux et non verbaux leur indiquant que vous approchez de la fin. Indiquez à vos auditeurs que vous approchez de la fin en leur donnant une liste numérotée du nombre de points d’application ou en utilisant des expressions comme « Enfin » ou « Pour conclure ». (À condition que vous soyez vraiment sur le point de terminer. Ne dites pas ces choses lorsqu’il ne reste que 10 minutes. Je m’en suis rendu coupable, comme l’ont fait remarquer ma femme et mes enfants).
  • Conclure votre prédication par une prière qui ne s’adresse pas vraiment à Dieu mais qui réitère plutôt vos trois points à l’assemblée. « Seigneur, aide ces gens à se rappeler que (1) nous devrions… ». Ce n’est ni une bonne prière ni une bonne prédication.

Ce qu’il faut faire :

  • Viser le cœur des gens avec des applications très spécifiques. Ne vous contentez pas de platitudes générales et abstraites. Je passe souvent les cinq à sept dernières minutes d’une prédication à appliquer mon propos à des situations réelles d’adolescents, de jeunes mariés, de retraités, d’apathiques, de joyeux, de dépressifs, de brisés ou de personnes confrontées à des douleurs chroniques.
  • Rédiger votre fin. Comme pour la première minute de votre message, la dernière minute est essentielle pour l’effet global, alors ne la laissez pas au hasard et à la paresse. Soyez intentionnel et écrivez ce que vous allez dire, en faisant attention au contenu, à la forme et à la qualité de vos mots.

Visez le cœur des gens avec des applications très spécifiques. Ne vous contentez pas de platitudes générales et abstraites.

  • Terminer sur une note positive et invitante. Si vous terminez par un mot négatif, l’assemblée quittera le culte, heureuse que la prédication soit terminée et l’abandonnera là-même, pas dans son cœur ni son esprit, mais en cherchant à fuir l’inconfort qu’elle aura suscité.
  • Relier l’ensemble du message. Votre idée principale – en termes de contenu et d’application – doit être la dernière chose avec laquelle ils partent. Au moment du déjeuner, ils doivent être capables de se répéter l’essentiel de votre prédication. La dernière minute est le meilleur moment pour l’implanter dans leur cœur et leur esprit.

Comment obtenir un changement durable dans un régime, un exercice ou l’acquisition d’une nouvelle compétence ? Comment corriger le slice de mon coup de golf ? Comment perdre les 5 kilos pris durant l’hiver ? Comment puis-je m’améliorer en tant que prédicateur ? En faisant des petits pas dans la même direction au fil du temps.

Des petits pas réfléchis, fidèles et intentionnels sont la voie vers la croissance et l’amélioration. Alors venez commencer petit.

Note de l'éditeur : 

Traduction de Joshua Sims de l’article Think Small for Big Improvements in Preaching

Cet extrait est tiré du nouveau livre de Jonathan Pennington, Small Preaching : 25 Little Things You Can Do Now to Become a Better Preacher (Lexham Press, 2021).

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