Les conseils sont-ils toujours bons ?

Pendant ma dernière année à l'université, j'étais complètement surmenée, stressée et angoissée tout le temps. Le semestre se dressait devant moi comme une gigantesque montagne infranchissable. Non seulement je devais valider une Unité de Valeur universitaire (ou crédit en Suisse et au Québec) de 20 heures, valider un stage de relation d'aide, et occuper un travail à temps partiel, mais encore je planifiais mon mariage à des centaines de kilomètres. Une aumônière chrétienne venait visiter le campus une fois par semaine pour rencontrer les étudiants. L'un de mes professeurs m'a conseillée de prendre rendez-vous avec elle. Je lui ai présenté une liste de toutes les choses que je faisais et lui ai expliqué à quel point j'étais surmenée et stressée. J'ai quitté son bureau avec une autre liste. Elle me donnait des conseils sur la manière de gérer mon temps avec plus d'efficacité, me prescrivait de mettre en place des stratégies supposées m’aider et me recommandait de prendre suffisamment de repos. Elle a également parlé d'un système de soutien, et m'a encouragée à me confier à des amis proches. 

Il s'agissait de suggestions constructives qu’il était bon de suivre. Mais une chose manquait cruellement : elle ne m'a jamais orientée vers Jésus.

Le problème avec les bons conseils

Quand nos amis partagent leurs problèmes avec nous, nous leur donnons souvent des conseils. C'est l'une des caractéristiques de l'amitié : nous partageons avec quelqu'un d'autre des idées et des solutions qui nous ont aidés quand nous avions nous-mêmes des problèmes. Qu'il s'agisse de conseils sur la gestion de l'argent, sur la gestion de son emploi du temps, ou d'idées  pour aider les enfants à mieux dormir la nuit, nous aimons partager des expériences  avec d'autres.

Nous sommes prompts à penser que le salut se trouve dans nos propres solutions.

Le problème survient quand nos conseils sont identiques à ceux que pourrait donner un aumônier issu d'une autre religion ou quelqu'un de pas religieux du tout. Si un athée suggérait les mêmes pratiques d'éducation ou un bouddhiste les mêmes stratégies de gestion du stress que nous, alors notre relation d'aide n’est pas complète. Bien que la vérité demeure la même sans se soucier de qui la dit, les conseils que donnent des disciples de Christ doivent pointer du doigt la source de toute vérité.

La vraie sagesse et la vraie connaissance ne peuvent être trouvées qu'en Christ seul. Colossiens 2:3 nous dit que c'est en Christ que sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance. Christ est la sagesse faite chair. Et « c'est grâce à lui que vous êtes en Jésus-Christ, lui qui est devenu, par la volonté de Dieu, notre sagesse, notre justice, la source de notre sainteté et notre libérateur » (1 Cor 1:30).

De plus, donner des conseils (aussi utiles soient-ils) éloignés de la vérité de Christ peut souvent encourager un pharisien repenti à ajouter vos suggestions à une liste déjà longue de choses à faire, et peut éloigner de leur vie l’œuvre de la grâce de Christ. Nos cœurs producteurs d'idoles sont prompts à prendre toute sorte de conseils et à placer tous leurs espoirs en eux. 

Nous sommes prompts à penser que le salut se trouve dans nos propres solutions.

Dans le cas de mon expérience de relation d'aide, j'ai simplement remplacé une liste par une autre. J'ai suivi à la lettre la liste de mon aumônière. J'en ai consciencieusement coché chaque case. Mais finalement, je ne me sentais pas mieux qu'avant. J'étais toujours aussi épuisée et surmenée parce que j'avais besoin d'espérer en Christ, de savoir qu'il me suffisait. Mon cœur avait besoin d'entendre que Christ s'intéressait aux fardeaux que je portais. S’ il avait tant fait pour me sauver du péché et de la mort, ne serait-il pas d'autant plus présent à mes côtés dans ces luttes ? Comment pourrais-je ne pas croire qu'il peut me rendre fort et m'aider pendant cette épisode si stressant ? J'avais besoin de croire, de me confier en Christ et de me reposer dans sa grâce, non dans mes capacités à gérer mon temps.

Donner des conseils centrés sur Christ

Les petits trucs pratiques que nous donnons si facilement à nos amis ne fonctionnent pas nécessairement pour eux. Même si un bon système de gestion financière peut avoir sorti votre famille de son endettement, cela ne fonctionnera pas nécessairement de la même façon pour votre ami. La méthode que vous avez utilisée pour aider vos enfants en bas âge à passer leurs nuits ne fonctionnera pas pour tout le monde. 

Mais la sagesse de la Parole de Dieu est toujours bénéfique. Peu importe la situation, rappeler à ses amis qui ils sont grâce à ce que Christ a fait est source de vie. C’est une vérité de valeur, plus rafraîchissante pour l'âme qu'un millier de bouquins de méthodologie. Leur rappeler qu'ils ont plus de valeur aux yeux de Dieu que les moineaux qu'il n'oublie pas de nourrir au quotidien est une vérité à laquelle ils peuvent s'accrocher quand leurs finances sont serrées. Pousser ses amis vers le Dieu qui les a façonnés, qui les a sauvés, qui travaille en eux au cœur du stress que leur cause leur travail, les pousser ainsi est un conseil sage, durable et vrai. Dire la vérité à ses amis à propos du Dieu souverain, qui règne, et qui prend soin de chaque détail de leur vie leur donne un réel espoir au cœur de l'incertitude de l'avenir.

Je ne dis pas que nous ne devrions jamais donner des conseils pratiques. Partager ses idées utiles pour encourager les enfants à participer à la vie de la maison, pour choisir une bonne école, pour équilibrer le budget familial peut toujours être utile. Mais ne donnez pas de conseils sans vous inspirer de la sagesse incarnée, Jésus-Christ. Ne distribuez pas vos conseils comme s'ils étaient le sauveur dont vos amis ont besoin pour mener une meilleure vie. Au contraire, encouragez-les à chercher le Sauveur. C'est en Christ seul que nous trouvons la vraie sagesse, celle qui dure et qui change les vies.


Traduction : Charlotte Delbecque

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