Le Dieu qui règne (5/14)

Regarder la vidéo.

Qu’évoque en nous le terme « roi » ?

LE RÈGNE DE DIEU SUR TOUT

Dans les temps bibliques, un roi règne et possède l’autorité ; sa souveraineté recouvre tous les domaines. Dans la Bible cette idée s’intègre dès le récit de la création : il a tout créé, tout lui appartient, et il règne. Selon cette logique, vous et moi sommes dans le royaume de Dieu que ça nous plaise ou non.

LE RÈGNE DE DIEU SUR ISRAËL

Dans l’AT, les Israélites constituent sa nation. Selon cette logique-là, nous ne sommes sous son règne que si nous appartenons à son alliance. 

LE LIVRE DES JUGES

Une fois en terre promise, le peuple oublie Dieu qui autorise plusieurs jugements. Ils implorent Dieu qui suscite alors un juge/chef qui les libère de leurs oppresseurs. Puis le peuple se détourne à nouveau de Dieu pour des dieux païens et s’ensuit une nouvelle série de jugements suivis d’un autre appel à Dieu qui suscite un autre juge/chef et le cycle recommence. Le refrain du livre des Juges est : « en ce temps-là, il n’y avait point de roi en Israël ; chacun faisait ce qui lui semblait bon » (Jg 2:25). C’est comme si le narrateur voyait dans un roi l’ordre, la protection et la sauvegarde de sa nation. 

SAÜL

Israël réclame un roi pour être comme les nations voisines et non pour les ramener à l’alliance avec Dieu ; Dieu leur suscite un roi qui devient rapidement corrompu, paranoïaque et impie (voir 1Sam 8-31).

DAVID

Dieu suscite un autre roi pour leur montrer ce que peut être un bon roi, un homme selon son cœur : David, qui unifie la nation et apporte la paix, l’ordre et la prospérité au peuple (voir 1Sam 16 et 2Sam 1-5).

2 SAMUEL 7

David était censé être un régent pour le compte de Dieu.

1. Un roi aux initiatives religieuses limitées (2Sam 7:1-11)

David décide de construire un temple pour l’arche de l’alliance de Dieu qui réside sous une tente (2Sam 7:1-2). Mais Dieu informe le prophète Nathan que tel n’est pas son projet, pour deux raisons :

  1. Dieu seul prend l’initiative (2Sam 7:5-7). Il a appelé Abraham, l’a guidé dans un nouveau pays et lui a offert une alliance. Puis Dieu a pris l’initiative avec Moïse. Le temple sera construit, mais par Salomon son fils, et c’est Dieu qui en prendra l’initiative.
  2. Dieu rend ses serviteurs grands et non l’inverse (2Sam 7 : 8-11).

2. La révélation dune dynastie jouissant dune promesse sans fin (2Sam 7:11-17)

« Cest le Seigneur qui fera une maison pour toi… Je susciterai après toi ta descendanceet jaffirmerai son règne. Cest lui qui bâtira une maison pour mon nom et jaffermirai pour toujours son trône royal. Moi je serai son père et lui, il sera mon filsTa maison et ton règne seront pour toujours assurés devant toi, ton trône pour toujours affermi. » (2Sam 7:12-16)

Quelques observations pour clarifier ce passage :

  1. Dieu assure David de ne jamais ôter le trône à son fils comme Il l’a fait pour Saül.
  2. Que veut dire Dieu quand il dit : « je serai son père et il sera mon fils » ? Dans l’Antiquité,  on considérait la descendance physique et la descendance par l’identité. Ainsi dans la Bible un « fils de Bélial » était « un fils de vaurien », par référence au caractère de la personne. Jésus utilise aussi cette métaphore : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! » (Mat 5 : 9). L’idée est la suivante : Dieu est l’artisan de la paix suprême ; si on crée la paix, dans ce sens au moins on agit comme Dieu, et on apparaît comme un fils de Dieu. Plus loin, Jésus conteste que ses opposants soient de vrais fils d’Abraham parce qu’ils ne réagissent pas à la révélation de Dieu comme le faisait Abraham. En termes génétiques ils le sont ; mais pas par leur comportement.Le descendant de David sera fils de Dieu parce qu’il agira à la place de Dieu envers son peuple. S’il s’égare il sera châtié, mais pas écarté comme Saül.
  3. Dans 2Sam 7:16, Dieu déclare que cette dynastie sera établie pour toujours. Cette promesse a été faite 1000 ans av. J.-C.. Deux cents ans après cette promesse, Esaïe entrevoit la venue d’un roi : « un fils nous est donné…Il occupera le siège royal de David et régnera sur son empire » (Es 9:5-6). Il sera un fils davidique et donc aussi un « fils de Dieu » siégeant  pour le compte de Dieu en tant que régent. « On lappellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix » (Es 9:5). Ce langage est extraordinaire, vous en conviendrez : un fils de David qui sera appelé « Dieu puissant » et « Père éternel » ? Il semble promettre un descendant de David auquel le titre de Dieu même serait attribué.

DU ROI DAVID AU ROI JÉSUS

Deux générations plus tard, le royaume se divise en deux et la lignée de David ne règne plus que sur le royaume du sud. Le royaume du nord sera déporté dans l’empire Assyrien. Cent cinquante ans plus tard, le royaume du sud est aussi emmené en exil par l’Empire Babylonien.

Au temps prévu, Dieu rapatrie quelques 50 000 Israélites qui reconstruisent le temple. Ils sont dominés par les Perses, puis les Grecs, eux-mêmes vaincus par les Romains. Le trône n’a toujours pas de roi davidique.

Mais comment commence la première phrase du premier livre du Nouveau Testament ? « Généalogie de Jésus-Christ (le Messie), fils de David, fils d’Abraham » (Mat 1:1). C’est l’accomplissement de la promesse du roi davidique. Et Jésus annonce la venue du « royaume » dès le début de son ministère. Il utilise ce mot de plusieurs façons.

Il parle du royaume qui englobe du bon et du mauvais grain qui sera séparé à la fin.

Plus tard il dira que « si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de dieu » (Jn 3 : 5), i.e. tout le monde n’y est pas inclus ; seuls ceux nés de nouveau le seront.

Jésus dit ailleurs que le royaume est déjà là, et ailleurs encore, qu’il viendra à la fin, à l’achèvement final. La fin de la Seconde guerre mondiale peut nous éclairer. Après le Débarquement, tout le monde savait que la guerre était pratiquement finie. Mais le conflit s’est finalement terminé un an plus tard. Entre le D-day et la victoire, la lutte a continué. 

Notre jour J, c’est la venue de Jésus, sa mort et sa résurrection. Et Jésus déclare après sa résurrection : » Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre » (Mat 28 : 18). Mais Satan n’a pas capitulé. Le royaume est venu, et soit on y est, soit on n’y est pas. Paul dit « Car il faut qu’Il règne jusqu’à ce qu’Il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort » (1 Co 15:25-26). La mort va mourir ! Cela reprend exactement ce qui s’est passé dans Genèse 1, 2 et 3. Jésus-Christ est celui qui affronte la rébellion dont le but était de détrôner Dieu et qui a apporté la mort. Le Roi Jésus a vaincu la mort. Il est le Roi qui sauve et transforme avec puissance son peuple qui reconnaît son autorité en tant que Seigneur.


Don Carson sera présent au séminaire Évangile 21 du 25 au 28 mai 2016 à Genève. Inscrivez-vous !

Résumé : Catherine D. – Acheter le livre : Le Dieu qui est là (CLE | Amazon).

EN VOIR PLUS
Chargement