Le Dieu qui déclare juste le coupable (11/14)

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Dieu doit-il nous déclarer non coupables parce que nos bonnes actions compensent notre culpabilité pour nos mauvaises actions ? C’est de l’autojustification, pas plus crédible devant le tribunal divin que devant un tribunal contemporain. La Bible ne dit jamais que les bonnes actions compensent les mauvaises, mais que Dieu déclare justes les coupables !

Etudions Romains 3:21-26.

ROMAINS 3:21-26 À LA LUMIÈRE DE ROMAINS 1:18-3:20

Toute l’argumentation de Paul dans son introduction nous montre que nous sommes coupables devant Dieu (Rom 1:18-19).

Cette déclaration est tellement éloignée de l’image que les gens ont d’eux-mêmes aujourd’hui que nous pouvons la rejeter si nous ne sommes pas sensibles au message global de la Bible.

Bien sûr il y a beaucoup de gens qui font du bien, mais la question n’est pas de savoir si de bonnes choses sont accomplies (l’art, l’humanitaire, etc). La Bible présente les êtres humains comme d’affreuses contradictions : avec un potentiel, reflétant des éléments de la bonté et de la gloire de Dieu, mais en même temps corrompus, mauvais, égocentriques. La racine du mal, selon la Bible, se trouve dans la rupture de notre relation avec Dieu, pour suivre notre propre chemin.

Ce que Dieu entend par le mal, c’est que, porteurs de l’image de Dieu, les hommes ont profané leur Créateur, alors que le commandement le plus important selon Jésus, c’est : «  tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force, et ton prochain comme toi-même » (Mc 12:30-31). Or vous et moi sommes coupables de l’enfreindre. Ça peut paraître fanatique, utopique, mais c’est ce que Dieu considère comme normal. C’est pourquoi Romains 3:12 peut dire : « Tous sont égarés, ensemble ils sont pervertis, il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul », parce que « la crainte de Dieu n’est pas devant leurs yeux. » (Rom 3:18)

Comment pouvons-nous être restaurés par Dieu ?

ROMAINS 3:21-26

1. La révélation de la justice de Dieu en relation avec l’AT (Rom 3:21)

Dans 2 chapitres, Paul a démontré que nous sommes coupables, ingrats, idolâtres, pécheurs, devant un Dieu juste. Comment être juste à Ses yeux ?

« Mais maintenant, sans la loi, est manifestée la justice de Dieu » i.e. maintenant que Jésus est venu, sans la loi donnée par Moïse, la justice parfaite de Dieu est manifestée. Ailleurs, Paul dit que nous sommes sous une Nouvelle Alliance, un nouveau système de références. Cependant, cette Justice de Dieu est »attestée dans la loi et les prophètes » parce que l’AT révèle que l’alliance de la loi anticipait ce qui vient maintenant (par exemple, le sang des sacrifices d’animaux porté dans le lieu très saint le jour du Grand Pardon préfigurait l’ultime sacrifice de Jésus-Christ).

2. La justice de Dieu disponible pour tous, sans distinction de race mais sous la condition de la foi (Rom 3:22-23)

Les deux « tous » relient ce paragraphe aux deux chapitres précédents, qui présentaient que tous ont besoin de cette justice provenant de Dieu, accordée par la foi en J-C., pour les Juifs et les non-Juifs. Cette justice de Dieu est disponible pour tous ceux qui croient.

Comment Dieu l’a-t-Il fait ?

3. La source de la justice de Dieu dans la provision du Christ-Jésus, par grâce, comme propitiation pour nos péchés (Rom 3:24-25)

« Car il n’y a pas de distinction : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Christ-Jésus. C’est Lui que Dieu a destiné comme moyen d’expiation (comme victime propitiatoire) pour ceux qui auraient la foi en son sang » (Rom 3:24-25)

Expliquons ces termes théologiques.

– Rédemption

La rédemption, ou le rachat, étaient des termes commerciaux (on peut toujours racheter un prêt). Le rachat s’appliquait par exemple aux esclaves qui pouvaient racheter leur liberté. Paul nous dit que nous avons obtenu une rédemption, une libération de notre esclavage du péché ; nous avons été rachetés, par sa grâce.

– Propitiation/Expiation

La propitiation est un acte de sacrifice qui rend Dieu propice, i.e. favorable ; c’est un acte par lequel Dieu nous devient favorable ; Il n’est plus en colère contre nous.

D’autres traductions préfèrent « expiation ». C’est l’acte par lequel le péché est annulé, effacé, payé.

L’expiation vise le péché, la propitiation vise Dieu.

En fait, il ne peut y avoir propitiation (détournement de la colère de Dieu) sans qu’il y ait également expiation (annulation du péché). Les deux sont indissociables. Christ est un sacrifice d’expiation pour le pardon des péchés et il détourne la colère de Dieu en étant un sacrifice propitiatoire.

Sa colère exige que justice soit faite mais Il en paye Lui-même le prix ; à travers Son fils Il subit la punition au nom de ceux qui placent leur foi en Lui.

4. La démonstration de la justice de Dieu par la croix de Jésus-Christ (Rom 3:25-26)

Dieu « a voulu montrer sa justice dans le temps présent, de manière à être (reconnu) juste, tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus. » (Rom 3 :26)

Dieu a fait cela « afin de montrer sa justice », pas simplement pour nous aimer, nous pardonner ou nous racheter. Où serait la justice si le péché n’avait pas été payé ? Par ce moyen, Dieu déclare justes des coupables en payant pour eux, et Il démontre sa propre justice et son amour.

A la croix, Dieu a été juste et a déclaré justes ceux qui placent leur foi en Lui. Dieu me voit maintenant à travers le prisme de Jésus ; mon péché est vu comme le sien et il en a payé le prix. Et sa justice, sa perfection, est vue comme la mienne.

ROMAINS 3:27-31

Paul souligne ici quatre points importants sur la foi :

1. La foi exclut la vantardise (Rom 3:27; 4:1-2)

Car nul mérite n’a influencé l’approbation de Dieu.

2. La foi est nécessaire pour préserver la grâce (Rom 3:28; 4:3-8)

Car si nous réussissions à gagner la faveur de Dieu, elle ne serait plus dispensée en fonction de Sa grâce.

3. La foi est nécessaire pour que les Juifs et les non-Juifs soient sauvés (Rom 3:29-30; 4:9-17)

Car le Dieu du monothéisme est le Dieu de tous, qu’Il soit reconnu ou non ; mais la foi seule permet d’être reconnus justes devant Dieu.

4. Loin d’annuler la loi, la foi chrétienne l’accomplit et la confirme (Rom 3:31; 4:18-25)

Car la manifestation de la justice de Dieu était anticipée et annoncée par l’alliance de la loi dès le début de Sa révélation.

UN DERNIER MOT SUR LA FOI

« Foi » et « croire » sont les termes centraux de ce chapitre de Romains. Dans le monde occidental, le mot « foi » a deux sens, dont aucun n’est utilisé par Paul.

  1. La foi est souvent l’équivalent de la religion ; chacun sa foi, sa religion.

  2. La foi se rapporte aussi à une notion de choix personnel, subjectif, religieux, qui n’est pas rattaché à la vérité ou aux faits.

  3. Dans la Bible, l’objet de notre foi, i.e. en qui et en quoi nous croyons, est capital. Ainsi, si nous croyons que Christ est ressuscité alors qu’Il ne l’est pas, notre foi n’a aucune valeur, car la validation de la foi dépend en partie de la véracité de l’objet de notre foi.


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Résumé : Catherine D. – Acheter le livre : Le Dieu qui est là (CLE | Amazon).

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