"Redécouvrir l'Église locale" nous invite à revenir à la case départ et à nous interroger sur notre conception de l’Église. Il nous oblige à réfléchir à notre rôle en tant que membre, à notre rapport avec l’autorité, à notre besoin de relations significatives, ainsi qu’à notre responsabilité envers un monde en souffrance.

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« Hommes, frères, que ferons-nous ? » (Actes 2.37)

Cette reprise, hors contexte, de la question posée à Jérusalem lors de la Pentecôte rappelle que l’examen des données bibliques concernant le diable doit se traduire concrètement.

La cible : la chair

Le premier texte de cette série nommait les trois ennemis du chrétien, : la chair, le monde et le diable. Le diable va principalement utiliser les faiblesses de la chair et l’attrait du monde pour faire chuter le chrétien.

David a probablement péché par orgueil en ordonnant, poussé par le diable, de dénombrer le peuple d’Israël (1 Chroniques 21.1). Malgré la tentation bien réelle, David est responsable et donc coupable (1 Chroniques 21.8) d’avoir cédé à l’influence du diable.

De la même manière, si le diable a tenté Ananias, ce dernier est clairement coupable d’avoir menti et doit subir la conséquence de sa faute (Actes 5.3-5). La volonté de se montrer aux autres bien meilleur que ce que l’on est réellement a été utilisée par le diable pour tenter Ananias et son épouse.

Paul met en garde contre la colère mal gérée qui peut devenir une faiblesse dont se sert le diable pour faire chuter les enfants de Dieu (Éphésiens 4.26-27). De même, le refus de la sexualité dans le cadre du couple est aussi une source de tentation (1 Corinthiens 7.5).

Le chrétien doit ainsi être vigilant pour ne pas se placer dans une situation de faiblesse. Le péché n’est jamais excusé ; le chrétien qui pèche est responsable. Mais pour éviter de pécher, il est nécessaire de fuir la tentation. Un alcoolique qui fréquente les débits de boissons risque de chuter non à cause de sa faiblesse lorsqu’il se trouve à l’intérieur d’un bar, mais premièrement parce qu’il a fréquenté un lieu qu’il aurait dû absolument éviter.

Le combat spirituel fait partie de la vie chrétienne. Il se manifeste par la lutte contre le péché par la repentance et l’exercice de la foi dans l’humilité.

Résister[1]

Jacques, Pierre et Paul utilisent le même impératif : résistez (Éphésiens 6.13 ; Jacques 4.7 ; 1 Pierre 5.9).

Jacques 4.1-10

Jacques met en garde contre les mauvais désirs de la chair et invite, pour les contrer, à se soumettre à Dieu. Le chrétien doit lutter contre les attaques du diable qui cherche à l’éloigner de Dieu en lui faisant désirer d’autres biens que sa présence. La chair est ainsi tentée par l’attrait du monde, sous l’action du diable.

Le remède est clair : résistez ! De manière plus concrète, il s’agit de revenir à Dieu, de reconnaître son besoin de purification et de désirer se soumettre à Dieu en toutes choses, dans un processus de repentance (Jacques 4.7-10).

L’élément clé de la victoire n’est donc pas spectaculaire. Au lieu de céder aux tentations de la chair et de se laisser éblouir par le monde, il est nécessaire de se repentir, de refuser toute tentation, de choisir de se soumettre à Dieu et de demander son pardon.

1 Pierre 5.5-11

Pierre écrit à ceux qui souffrent et sont effrayés par ce qu’ils vivent. Il leur commande de résister par une foi ferme. Malgré les épreuves, ils tiennent bon en continuant à faire confiance au Dieu souverain et vainqueur qui promet la gloire aux siens (1 Pierre 5.10-11).

Là aussi, la clé de la victoire n’est pas spectaculaire. Il s’agit de la foi dans les promesses de Dieu, en la réalité de ses soins présents qui invitent à la confiance même dans l’adversité.

Pierre (1 Pierre 5.5) et Jacques (Jacques 4.6) citent tous les deux le même passage (Proverbes 3.34) : dans le combat spirituel, l’humilité est essentielle. La victoire ne vient pas de nous, l’ennemi est trop puissant. La victoire est donnée à tous ceux qui se réfugient humblement en Dieu, Lui qui, en Jésus-Christ, est le grand vainqueur du diable.

Éphésiens 6.10-20

Même si la lettre aux Éphésiens est peut-être une lettre circulaire, Paul écrit à des croyants de la région et de la ville d’Éphèse. Actes 19 décrit un contexte marqué par l’occultisme, les pratiques magiques et l’adoration de nombreuses divinités. Pour vaincre l’emprise du diable, Paul enseigne, si bien que beaucoup se repentent et manifestent leur volonté de suivre Dieu par des actes concrets qui limitent les sources de tentation (Actes 19.18-19).

La lettre aux Éphésiens contient le passage le plus développé concernant le combat spirituel du croyant. La résistance se fait en comptant sur la force donnée par Dieu, ce qui correspond à l’humilité demandée par Pierre et Jacques. Le combat spirituel se mène par :

  • la vérité qui démasque l’erreur du père du mensonge (Jean 8.44) ;
  • la justice donnée par Dieu qui rend inopérante les flèches de l’accusateur (Zacharie 3.1 ; Apocalypse 12.10) ;
  • les bienfaits qui découlent de l’Évangile qui procure au croyant la paix avec Dieu (Romains 5.1) ;
  • la foi, citée par Pierre, qui permet de compter sur la victoire de Christ et de s’appuyer sur les promesses de Dieu (Hébreux 11.1) ;
  • la certitude du salut donné par Christ qui garantit la victoire du croyant (Romains 8.31-39) ;
  • la Parole de Dieu, utile non seulement pour se protéger des attaques en recherchant ce qui est digne de confiance, mais qui permet aussi l’annonce de l’Évangile, seul moyen de délivrer une personne de l’emprise du diable ;
  • la prière qui exprime la dépendance constante au Dieu victorieux et qui conduit à se laisser transformer par Dieu pour être ses porte-parole dans le monde.

Pour résumer

Le combat spirituel fait donc partie de la vie chrétienne. Il se manifeste par la lutte contre le péché par la repentance et l’exercice de la foi dans l’humilité. L’enfant de Dieu s’appuie sur la victoire passée de Christ à la croix, le soutien présent du Dieu vivant et l’accomplissement futur et certain de toutes les promesses divines.

Le combat spirituel personnel s’enracine donc dans une vie quotidienne, dans l’obéissance et la dépendance de Dieu. Le prochain article montrera des éléments supplémentaires qui impliquent l’Église et l’annonce de l’Évangile.

[1] David POWLISON, « Combattre le bon combat », La Maison de la Bible, 2002, p. 143-153, a été une base précieuse pour la rédaction de cette partie.

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