Obtenez gratuitement votre accès aux 8 plénières et 12 ateliers de la conférence "L'Exode, un peuple libéré"

×
Parcourir

La sainteté est une chose belle et ravissante. Nous absorbons des notions étranges de la sainteté dès notre enfance, comme si c’était une chose mélancolique, maussade, amère, et déplaisante; mais il n’y a que ce qui est doux et ravissant.

Jonathan Edwards

L’observation de Edwards capte bien les pensées et les sentiments contradictoires concernant la sainteté. Quelques-uns l’associent avec tout ce qui est amer et sévère dans la religion. Quand d’autres entendent le mot « saint », ils pensent immédiatement à l’attitude propre juste et moralisatrice qui ressemble plus comme le pharisaïsme qu’une ressemblance à Christ.

Mais Edwards a raison. En dépit de ces « idées étranges » qui demeurent dans nos cœurs, la sainteté véritable est « douce et ravissante ».  Si cela ne met pas une fin à l’idée que le Puritanisme est « la crainte obsédante que quelqu’un, quelque part, puisse être heureux », nous ne savons pas quoi le fera.

Les Puritains ont beaucoup à nous enseigner concernant la nature et la source de la sainteté et le moyen de l’atteindre.

La nature de la sainteté

Les Puritains, suivant Calvin et les réformateurs, ont pris soin de distinguer entre la justification et la sanctification. La justification traite la culpabilité et la punition du péché et change notre statut légal devant le Juge divin de « coupable » à « juste ». La sanctification, au contraire, traite la puissance et la pollution du péché, nous rendant définitivement libres de la domination du péché tout en nous purifiant de la souillure du péché et en nous renouvelant dans l’image de Dieu.

En général, les Puritains ont défini la sainteté dans les termes suivants: (1) la purification de nos natures de la souillure et la pollution du péché; (2) le renouvellement de l’homme entier (esprit, âme, et corps) selon l’image de Dieu; (3) la conformité au saint caractère de Dieu, tel qu’exprimé dans sa loi morale et exemplifié dans l’humanité de Jésus; et (4) l’obéissance personnelle à Dieu par la puissance du Saint-Esprit, exprimée par la piété dans toutes les sphères de la vie – la vie personnelle, la vie au foyer, et la vie publique.

Owen a fourni une analyse à fond de la nature de la sainteté dans son Livre 4 de Pneumatologia. Sa définition combine la chaine des catégories bibliques-théologiques (doctrines de Dieu, de Christ, de l’Esprit et des alliances) avec la trame de la théologie pratique et pastorale (purification du péché, rénovation spirituelle, et obéissance à Dieu):

La sanctification est une œuvre immédiate de l’Esprit de Dieu dans les âmes des croyants, purifiant leurs natures de la pollution et de la souillure du péché, renouvelant en eux l’image de Dieu, et rendant capable, ainsi, à partir d’un principe spirituel et habituel de la grâce, à céder dans l’obéissance à Dieu, selon les termes de la nouvelle alliance, en vue de la vie et de la mort de Jésus-Christ.

La source de la sainteté

La grâce salvatrice de Dieu, révélée en Jésus, déclarée dans l’évangile, appliquée par l’Esprit, et reçue par la foi, est la fontaine à partir de laquelle coulent toutes les rivières de sainteté. Les Puritains pouvaient souligner différents aspects de l’œuvre de Dieu dans la sanctification, dépendant du contexte et de l’attention sur laquelle leurs sermons et discours se centrent, mais tous auraient été d’accord avec le WestminsterShorter Catechism que « la sanctification est l’œuvre de la grâce gratuite de Dieu ».

Un des livres puritains des plus importants sur la sanctification a surgi des doutes et des luttes personnels de Walter Marshall, qui a vécu des années de conflit spirituel intérieur dans sa quête d’assurance. Marshall avait lu plusieurs des traités pratiques de Richard Baxter sur la vie de sainteté, mais il ne trouvait pas que cela l’aidait. Il a finalement trouvé de l’aide après avoir confessé ses péchés et ses luttes à Thomas Goodwin, qui était son ainé de 28 ans. Après avoir entendu la confession de Marshall, Goodwin lui a fait remarquer qu’il avait oublié de confesser son plus grand péché – l’incroyance.  Sous la direction de Goodwin, Marshall a commencé à concentrer son attention sur la personne et œuvre de Christ. Le fait de centrer son attention ainsi a changé le cours de sa vie et de son ministère, le conduisant vers une sainteté plus profonde, et une vraie paix dans sa conscience.

À partir de cette expérience, Marshall a écrit The Gospel Mystery of Sanctification (le Mystère évangélique de la sanctification), qui a été publié 12 ans après sa mort, et que John Murray a appelé « le livre le plus important sur la sanctification qui ait jamais été écrit ». Au cœur du livre de Marshall se trouve la doctrine de l’union du croyant avec Christ.  Dans 14 « directions », Marshall a argumenté que la sanctification découle de la foi dans l’œuvre accomplie de Christ et de la communion avec lui par la puissance de l’Esprit. Quoiqu’il faille poursuivre la sainteté, et qu’il faut utiliser tous les moyens de grâce pour l’accomplir, la source de toute vie de sainteté est la plénitude inépuisable de Christ.

Les moyens de sanctification

Ceci ne signifie pas, toutefois, qu’il n’y a pas de place pour utiliser les moyens de grâce, tels que l’examen de soi, la méditation, et la prière. Marshall encourage l’usage de tous ces moyens, mais il se souciait que bien de gens ne savaient pas comment utiliser ces moyens de manière correcte. Il écrit:

L’usage correct des moyens de grâce, est un point dans lequel plusieurs sont ignorants qui les utilisent avec beaucoup de zèle et de diligence; et ainsi ils perdent, non seulement leur labeur et le bénéfice des moyens, mais ils les détournent pour leur propre destruction.

Ceci explique pourquoi Marshal a commencé son approche à la sanctification avec les premiers principes et a mis le fondement d’une vie sainte dans le mystère de l’union du croyant avec Christ.  Le premier pas pour vivre une vie de sainteté n’est pas notre œuvre, mais celle de Christ.

Les Puritains nous rappellent que la grâce vient avant les œuvres. La justification vient en premier, et c’est suivi par la sanctification. La foi précède les fruits de la foi. Leur approche christocentrique à la doctrine de la sanctification fortifie notre compréhension de ces vérités.

Note de l'éditeur : 

Cet article a été initialement publié sur The Gospel Coalition. La traduction est publiée ici avec permission.

EN VOIR PLUS
Chargement