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Je poste donc je suis. Être le premier à commenter, avoir des likes et des retweets… être la reine du ratio. Au milieu de tout cela : des flots de paroles. La société est devenue un flot de paroles dans lequel il est difficile de s’y retrouver. Les statistiques : 5 800 posts par seconde, tous réseaux confondus. En moyenne 50 mots par posts. Total : 290 000 mots par seconde. Énorme ! Le monde digital a non seulement bouleversé nos manières de communiquer, mais aussi le volume de ce que nous disons. Cela a aussi changé ce que nous cherchons à faire à travers ce flot de paroles.  Est-ce que nous communiquons vraiment ? Est-ce que nous cherchons à nous distraire, à créer une image différente de nous-mêmes ? Le nombre incessant de mots échangés en ligne pose deux questions.

La première question : à quoi sert la parole ? Est-ce que nous cherchons encore à dire, à entrer en relation ? Et voici la deuxième question : au milieu de ce flot incessant, quelle place la Parole de Dieu peut-elle occuper ? Ces deux questions sont cruciales et méritent que les disciples de Christ s’y intéressent. C’est aussi le sujet que la Faculté Jean Calvin a choisi pour sa Conférence FJC des 13-14 mars 2026 : « La parole à l’ère des réseaux sociaux ».

Quelle parole ?

Les réseaux qui exigent une économie de mots tout en ayant un impact maximal. C’est le règne des punchlines. C’est assez rare d’avoir une discussion de fond sur X ou une interaction sérieuse sur TikTok. Vous allez me dire : ce n’est pas le but. OK… mais quel est alors le but des mots que nous utilisons ?

A première vue la Bible ne semble pas nous dire grand-chose sur cette question. Elle nous dit ce qu’est la Parole de Dieu. Elle nous dit que notre parole doit être vraie. Mais nous parle-t-elle de ce qu’est la parole elle-même ? Quelques éléments pour nous faire réfléchir : la parole a la même vocation que l’être humain lui-même. Cet appel est clair en Genèse 1.26-31 : il y a un appel à régner au nom de Dieu et à fructifier. Par ces deux termes, Dieu appelle les humains à rendre visible sa présence sur toute la terre !

La parole devrait être dirigée vers la paix, la justice ou la bienveillance.

La parole, elle aussi, fait partie de cette merveilleuse vocation : elle doit servir à la fructification de l’humanité. La parole devrait donc être dirigée vers la paix, la justice ou la bienveillance. Une parole qui trahit cette vocation cesse d’être une vraie parole. Elle est moins que cela. De même la parole est au service de la présence de Dieu dans le monde – ce que nous voyons bien sûr dans les paroles de Jésus à la fin de l’Évangile de Matthieu. Un terme peut résumer la vocation créationnelle de la parole, celui de la bénédiction, car c’est par une bénédiction que commence le texte de Genèse 1.26. Notre parole se doit d’être une parole de bénédiction !

Le problème, c’est notre cœur

En scrollant sur nos réseaux, nous nous sommes certainement demandé pourquoi nous pouvions facilement « déraper » dès que nous sommes derrière un clavier. C’est un peu comme lorsqu’on se met au volant et qu’on devient une autre personne. Et oui ! « La langue est un feu qui peut embraser une grande forêt » avertissait Jacques (3.5) et bienheureux celui qui peut la maîtriser. Jacques nous rappelle que nous sommes appelés à bénir avec nos paroles (3.9-10). Renouvelés par le Saint-Esprit, nous sommes appelés à modeler nos paroles sur les paroles de Dieu qui ne veut pas la mort du pécheur, mais désire qu’il vive (Psaume 118.19).

C’est bien sûr là que les problèmes commencent, car notre séparation d’avec Dieu fait de la langue un feu dévorant. Le problème ce n’est donc pas d’abord les réseaux sociaux. Ce n’est pas eux qui font que nous maudissons d’autres chrétiens en ligne. C’est bien notre cœur, dans lequel est encore enraciné le péché, qui détourne une parole qui devrait être bénédiction pour la pervertir.

Il ne faut cependant pas nous voiler les yeux. Quand nous sommes sur nos réseaux préférés, nous avons parfois plus de mal à bénir et à encourager par nos paroles que lorsque nous sommes en face des gens. Et si nous voulons le dire de manière négative : il est beaucoup plus facile d’insulter un frère ou une sœur en Christ en ligne qu’en personne !

De nos paroles à la Parole de Dieu

Partager la Parole, ce n’est pas seulement publier des versets, mais aussi laisser transparaître dans nos paroles et nos attitudes le caractère du Christ.

La parole n’est cependant pas qu’humaine. Elle n’est d’ailleurs pas d’abord humaine, mais divine. Au cœur de nos paroles se trouve le Dieu qui est Parole. Nous entendons la parole de Dieu tout au long de l’Écriture : parole de fidélité, de justice, de jugement et de grâce. La Parole n’est pas seulement un texte ; elle s’est faite chair en Jésus-Christ (Jn 1.14). À l’ère des réseaux, ce rappel est crucial : partager la Parole, ce n’est pas seulement publier des versets, mais aussi laisser transparaître dans nos paroles et nos attitudes le caractère du Christ.

La place de la parole sur les réseaux est un enjeu de taille ! Ce qui est en jeu, c’est notre témoignage en ligne, mais aussi la manière dont les enfants apprennent à parler, à vivre. Il est question de notre évangélisation sur les réseaux. Il est aussi question de la manière dont la culture dans laquelle nous vivons nous transforme à son image si nous ne sommes pas transformés par la Parole de Dieu.

Informations et inscriptions : https://www.helloasso.com/associations/faculte-jean-calvin-institut-prive-de-theologie-protestante-et-evangelique/evenements/conference-fjc-2026

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