Jésus n’est pas mort pour moi

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Bizarre, voire choquant comme titre. Je l’ai choisi pour illustrer une redécouverte que j’ai faite en lisant l’Épitre aux Éphésiens. À la lecture du chapitre 1, j’ai été forcée d’admettre que le salut servait un but bien plus grand que mon seul rachat, et je vous invite à le redécouvrir avec moi.

Paul salue les Éphésiens, puis, il passe une dizaine de versets à bénir Dieu pour son œuvre de salut dans la vie des Éphésiens et dans la sienne : v 3 « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ »

Il poursuit, citant toutes les bénédictions dont Dieu nous a fait cadeau : l’élection, l’adoption, la rédemption par son sang, la rémission des péchés, la connaissance de son plan, l’héritage, le sceau du Saint Esprit…

Toutes ces bénédictions sont extraordinaires, et nous conduisent à la reconnaissance pour l’œuvre de Dieu dans nos vies, Nous lisons ce chapitre, et nous sommes émerveillés de tout ce que Dieu a mis en œuvre pour nous.

Mais, ne nous nous arrêtons pas là.

Que dit vraiment Éphésiens 1.1-14 ? (Je vous invite à le lire avant de continuer cet article)

Dieu n’a pas déployé toutes ces bénédictions spirituelles avec notre salut comme seule finalité. En fait, en lisant ce texte nous nous rendons compte qu’Il est Lui-même la finalité de notre rachat, et que nous en sommes les bénéficiaires presque « collatéraux ». Notre salut, notre élection, notre adoption n’est pas le but de Dieu pour l’humanité…

Dieu a tout fait à la louange de sa gloire

  • v.6 : Dieu nous a élus, prédestinés et adoptés « selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce »

  • v. 12 : Dieu nous a faits héritiers et prédestinés « afin que nous servions à la louange de sa gloire »

  • v. 14 : Dieu nous a donné le saint esprit qui nous scelle et qui est un gage de notre héritage « pour la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa gloire. »

Quel beau refrain ! Il nous montre que tout ce que Dieu fait dans notre vie est un moyen pour faire éclater sa propre gloire. Il est certain qu’il nous aime, la Bible nous le certifie, (Jean 3:16) mais ce que Dieu aime par- dessus tout, c’est sa gloire.

Notre but de rachetés, c’est de servir à montrer à tous, sur la terre et dans les lieux célestes, la gloire resplendissante de celui qui a voulu, conçu, et accompli ce salut.

Voir notre salut à travers ce prisme de « moyen » et non de « but » pour Dieu a des répercussions sur notre compréhension de notre place dans l’univers.

Une mise en garde : n’inversons pas le but et le moyen.

Se croire le but suprême de Dieu, se placer au centre de son plan pour l’univers mène à des conséquences désastreuses.

John Piper, répondant à la question d’un auditeur sur le contenu de certains chants d’assemblée, dit ceci :

« Il y a un courant d’enseignement dans certains chants, qui, il me semble, passe à côté de la gravité de la passion de Dieu pour sa gloire au- dessus de tout. […]

Dieu n’est pas seul et misérable sans nous.

Il ne se réjouit pas en nous parce que nous comblerions quelque chose qui lui manquait – sa divinité faiblissante serait renforcée par notre présence- maintenant que nous sommes sauvés il est comblé. Ce n’est pas la grande image dépeinte par la Bible !

[…] Le plaisir que Dieu prend en nous est uniquement dû au débordement de sa plénitude, pas la compensation de son vide intérieur.

Il y a un chant qui dit

« Tel une rose
Foulée par nos pieds,
Tu m’as sauvé,
Tu m’as aimé,
Par-dessus tout »

Ce n’est pas vrai ! Et cela ne nous aide pas. Je ne suis même pas certain de ce que cela voudrait dire. Au- dessus de tout quoi ? Au-dessus de tous les autres hommes que tu as sauvés tu m’aimes moi par- dessus tout ? Non, ça ne peut pas être ça… Au-dessus de sa propre gloire ? Non, pas au- dessus de sa propre gloire. Alors quoi ? […]

Il nous a sauvés précisément pour que nous puissions savourer sa gloire comme le trésor suprême de l’univers, au -dessus de tout. »

source : https://www.desiringgod.org/interviews/when-worship-lyrics-miss-the-mark

traduction libre.

 

Voici le vrai problème, si nous pensons que nous sommes le but ultime de Dieu, nous courons le risque de changer l’Évangile. Un évangile dont je suis le centre n’est plus l’Évangile du tout ! Si je suis le but de Dieu, je suis méritante, spéciale, aimable.

L’évangile « anthropocentrique » (centré sur l’homme) rend Dieu petit et minable car il sous-entend que Dieu n’est pas parfaitement comblé en lui-même, au sein de la Trinité. Un Dieu qui n’a pas tout ce dont il a besoin en lui-même, un Dieu qui a besoin de nous, n’est plus Dieu car il n’est pas parfait.

Dieu serait-il égoïste et orgueilleux de nous utiliser pour louer sa gloire ? Mais qui donc dans l’univers est son égal ? Si nous nous vantons, faisons des choses pour notre gloire, nous sommes orgueilleux car nous ne sommes pas parfaits. Mais Dieu ne fait que dire la vérité à son sujet, et veut que nous la disions avec Lui ! Il est parfait, glorieux, digne de toutes les louanges.

Le bon fruit de retrouver ma juste place

L’Évangile parle de quelque chose de plus grand que moi, mon nombril et mon salut. Il parle de Dieu, il est l’alpha, et l’oméga, le début du salut, et sa finalité.

 Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, conformément au projet bienveillant qu’il avait formé en Christ pour le mettre à exécution lorsque le moment serait vraiment venu, à savoir de tout réunir sous l’autorité du Messie[c], aussi bien ce qui est dans le ciel que ce qui est sur la terre. Éphésiens 1:9-10

Ce fut pour moi un soulagement, et une source de respect mêlé d’admiration quand j’ai compris que Dieu m’a sauvée pour la louange de sa gloire. Je peux maintenant être sûre et certaine (si je ne l’étais pas déjà) que je n’avais rien de « sauvable », et qu’il n’y a rien que je puisse faire pour mon salut.

Je peux enfin détourner le regard de mon nombril, de mes faiblesses, de mes ratés, de ce que je réussis ou accomplis pour le tourner vers sa gloire,

Toute la beauté de ce texte réside dans le fait que, même si je n’ai rien pu faire, et ne pourrai jamais rien faire pour Dieu, Il a choisi de m’inclure dans son plan. Il m’y a même inextricablement liée ! Je ne suis pas simplement invitée par un faire- part à rejoindre son plan, mais grâce au salut, je suis la mariée ! Mon plaisir, ma joie, c’est d’avoir le privilège d’être unie à tout ce qui est sur la terre et dans les cieux, sous l’autorité du Messie.

Le but de ma vie ? contempler Sa gloire et la louer pour l’éternité.


Une rubrique qui désire encourager les femmes individuellement et communautairement à creuser davantage la Parole de Dieu pour en faire une boussole qui oriente les réflexions et qui conforte toutes les décisions de la vie.
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