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Le père Noël est-il plus important que Jésus ?

À chaque fois que Noël approche, certains chrétiens bien intentionnés s’interrogent sur le rôle démesuré que l’on attribue au père Noël dans les festivités de décembre.

Avons-nous oublié le vrai sens de Noël ? Avons-nous enfoui nos souvenirs de la nativité sous des couches de sentimentalisme consumériste, de décorations ou de musiques de Noël, et de cadeaux pour les enfants ? Les contes de fées (mais aussi les rennes, les bonhommes de neige et le père Noël) nous détournent-ils de la véritable histoire de l’incarnation de Jésus ?

Jésus est la raison pour laquelle nous nous réjouissons en cette saison [NDE : « Jesus is the reason for the season » est une phrase très souvent publiée durant le temps de Noël]. Ne l’oublions pas et rappelons-le autour de nous. Si c’est la vérité, alors, nous les chrétiens ne devrions-nous pas nous méfier de toutes ces choses nées hors du contexte biblique que nous accumulons ou ajoutons à nos célébrations en églises ? Ne devrions-nous pas en finir avec ces chansons pleines de bons sentiments, rejeter ce mercantilisme saisonnier et mettre de côté le père Noël afin de pouvoir focaliser toute notre attention sur le Messie venu pour nous sauver ?

C’est une façon de voir les choses, et loin de moi l’idée de juger les chrétiens qui pensent de cette manière, si leur conscience les pousse à suivre ce chemin. Toutefois, en ce qui me concerne, il m’apparaît peu judicieux de nous sentir aussi préoccupés par l’opposition entre Jésus et le père Noël.

Des friandises et de la bonne viande

Je l’avoue, quand il s’agit de Noël, j’aime tout ! Les pulls moches, les bonbons aux parfums bizarres, les grands classiques des films de Noël et les lumières qui clignotent au-dedans et au-dehors des maisons. J’aime tout particulièrement la musique de Noël, et même les chansons qui parlent de promenades en traîneau, de petites maisons en pain d’épices et de châtaignes dans la cheminée. Si c’est une chanson de Noël traditionnelle, alors je l’aime (toutes les chansons de Noël ne sont pas à prendre, il y a des limites tout de même !)

Alors, quand j’entends dire qu’il ne faut pas aimer tous ces ajouts superflus à la saison de Noël parce que c’est dangereux, j’ai un peu l’impression d’entendre une grand-mère grincheuse qui vous dit de ne plus manger de bonbons parce ce que vous n’aurez plus assez faim pour la dinde et le gigot. Oui, c’est vrai que si vous n’avez pas la patience d’attendre la viande et les pommes de terre, une trop grande quantité de bonbons va vous donner des haut-le-cœur. Mais, c’est justement ça le but de faire un festin : pouvoir reprendre de la viande, des légumes en sauce, des hors-d’œuvre et des petits pains moelleux. Et pour couronner le tout, saupoudrez l’ensemble de petites douceurs sucrées. Tout l’intérêt d’un repas de fête, c’est l’abondance, pas la radinerie.

Et, je crois, du moins je pense, qu’il y a toujours un peu de radinerie qui se cache derrière ces avertissements qui poussent les chrétiens à se tourner seulement vers ce qui est sacré à cette époque de l’année, comme si tout n’était qu’un jeu à somme nulle : cela revient à dire que pour profiter des sucreries, il faut se priver des viandes et inversement.

Une explosion de joie glorieuse

Au lieu de cela, il me semble que l’atmosphère de Noël devrait nous éclabousser des conséquences d’une explosion de joie glorieuse. Si nous pouvons nous sentir libres d’avoir le cœur léger, c’est parce que le véritable sens de cette période de l’année est celui d’un message aussi sérieux. Parce que le Pain de Vie est venu des cieux, nous sommes libres de jouir de l’abondance généreusement accordée pour préparer ce repas de fêtes. Parce que Christ s’est incarné, la joie s’est répandue dans le monde entier, restructurant tout sur son passage : elle transforme les célébrations païennes de l’hiver, elle pourvoit une bande sonore à l’ensemble de la société, elle conduit tout le monde à faire une pause (même ceux qui ne suivent pas Jésus) et les invite à célébrer quelque chose, ne serait-ce qu’un jour ou deux.

Qui plus est, malgré son côté commercial et ses dérives séculières, il est impossible d’ignorer le sens originel de la période de Noël. Ces films de Noël joyeusement irréalistes témoignent, bien qu’imparfaitement, de la véritable histoire de notre monde : une comédie divine s’il était possible de la qualifier ainsi. Les chansons qui célèbrent l’abondance de nourriture, la famille et les amis évoquent le jour où nous ne ressentirons plus jamais le mal du pays auquel nous appartenons. Les cadeaux abondent dans le sillage d’un Dieu qui est lui-même celui qui donne bien plus que n’importe qui.

Sous les différentes couches

Rien de ce que je dis ici ne pourrait justifier certains des détournements mercantiles les plus détestables de la fête de Noël. Oui, certainement, nous devrions parfois nous débarrasser de toutes ces couches superposées au-dessus des fondements véritables de la venue de Christ, afin de réduire au silence le brouhaha ambiant. Alors, comme Snoopy, Charlie Brown et ses amis, nous pourrions écouter Linus réciter Luc 2 avec son doudou : « Voilà pourquoi Noël est si important, Charlie Brown ! » [NDE : à retrouver sur https://www.dailymotion.com/video/x7y857b à partir de 20:00]

Mais parce que nous savons bien de quoi il est question à Noël, parce que nous nous régalons de bonnes viandes, nous sommes libres de profiter des desserts et d’écouter les bandes musicales de nos films de Noël préférés comme « Christmas Time is Here » de Vince Guaraldi pour « Joyeux Noël, Charlie Brown ! » ou « Somewhere in My Memory » de John Williams pour « Maman, j’ai raté l’avion ! ». Nous remercions Dieu pour toutes ses bénédictions, même celles qui coulent de la source de la rivière, et même pour le Père Noël.

« Croyez-vous au Père Noël ? » Bien sûr ! Saint-Nicolas était un homme bien réel, qui avait offert de vrais cadeaux à de vrais enfants. Une légende prétend que le vieux Saint-Nicolas aurait giflé Arius, l’hérétique, et cette image peut prêter à sourire. Mais nous pouvons nous réjouir parce que cet ancien homme de foi a répandu la joie de Noël.

La bonne raison de nous réjouir en cette saison

Même ceux qui militent pour que cette période de l’année soit purement et simplement séculière, dépourvue de toute connotation religieuse, ne pourront jamais modifier la réalité : notre société porte l’empreinte de la naissance de Jésus. Il est la raison pour laquelle nous nous réjouissons en cette saison, que nous le reconnaissions ou non, que nous évoquions son nom ou non. Ce n’est pas parce que nous avons remplacé « après J.-C. » par « è. c. » (ère commune) que le calendrier ne commence plus au jour où l’ange a annoncé la naissance de Jésus, ou qu’il cesse de témoigner qu’un Dieu fait homme est venu dans un lieu reculé de la Galilée. Son influence perdure.

Quelle meilleure manière de célébrer l’abondance de la grâce de Dieu que de partager un repas de fêtes tous ensemble en profitant de tout ce que nous aimons à cette période de l’année ? Alors, prenez plaisir à regarder des films romantiques, à accrocher des guirlandes lumineuses autour des sapins, à créer votre playlist des meilleurs chants de Noël, et à essayer d’apercevoir furtivement au travers des vitres enneigées un lutin ou un renne. Dieu est avec nous. Décorons les façades de nos maisons.

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