Existe-t-il des preuves du Paradis ?

by jeffjuit on Pixabay

Des choses invisibles existent-elles ? La réponse paraît évidente lorsque vous considérez l’oxygène, la gravité ou le signal Wi-Fi (que vous utilisez sûrement pour lire cet article). Par contre, qu’en est-il des réalités invisibles qui ne peuvent être prouvées scientifiquement ? Eh bien pensez à l’amour, à la dignité, à la justice ou à l’espoir. Maintenant, est-ce qu’il pourrait y avoir un monde spirituel qui, bien qu’invisible, soit tout à fait réel ? C’est précisément ce que la Bible enseigne (2 Corinthiens 4:18).

Le Paradis est l’une de ces réalités.

Il est impossible de prouver l’existence du Paradis comme nous pourrions le faire pour prouver l’existence de Paris. Néanmoins, cela ne signifie pas que l’endroit est fictif. Certes, la croyance au Paradis ne relève finalement que de la foi : pas une foi aveugle ou irrationnelle, mais une foi quand même. Comme le dit l’auteur de Hébreux, « la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas » (Hébreux 11:1).

Les chrétiens croient essentiellement au Paradis parce qu’ils croient en la Bible qui en parle très clairement. Vous pouvez miser votre vie sur la Parole de Dieu en toute confiance. Mais il est vrai que nous souhaitons souvent quelque chose de plus tangible, de plus vérifiable, de plus marquant que les mots d’un livre. Pourtant, Pierre nous dit que l’Écriture est une révélation « plus certaine » que Jésus lui-même dans sa gloire transfigurée (2 Pierre 1:19). Cette affirmation est saisissante. Il est en train de dire que la Bible est elle-même l’une des « preuves » les plus convaincantes que Dieu nous ait jamais données.

Bien que les Écritures ne répondent pas à tout ce que voudrions savoir, elles nous disent tout ce que nous devons savoir. C’est un témoignage complet, entier et suffisant.

Le Paradis est-il réel ?

Le Paradis est une idée familière pour beaucoup d’entre nous, mais qu’est-ce que c’est exactement ? C’est tout simplement l’endroit où Dieu vit. Nous récitons bien : « Notre Père, qui est aux Cieux ». Toutefois, cela ne signifie pas que Dieu est absent ailleurs — il est présent partout. Mais le Paradis est le lieu où sa présence, pleine de bénédictions, réside de manière unique. C’est le lieu de notre trésor (Matthieu 19:21), de notre citoyenneté (Philippiens 3:20), de notre héritage (1 Pierre 1:4-5), et de toute notre espérance (Colossiens 1:5).

Vous avez peut-être remarqué que je continue d’utiliser le mot « lieu ». C’est parce que le Ciel n’est pas un simple concept ou un état d’esprit : c’est un endroit réel (Jean 14:2-3, Actes 1:9-11,7:55-56). Quand nous autres disciples de Jésus mourons, nos corps restent sur terre, mais nos âmes entrent immédiatement dans la présence de Dieu (Philippiens 1:23, 2 Corinthiens 5.8). C’est une situation temporaire, un « état intermédiaire », jusqu’au jour où Jésus reviendra et où notre corps sera renouvelé et réuni pour toujours avec notre âme.

Pas d’anges potelés

Notre ultime espoir en tant que chrétiens n’est donc pas la destruction de cette Terre, mais sa restauration. Un jour, la cité céleste divisera les Cieux et les pécheurs rachetés hériteront d’un monde racheté (Apocalypse 21:1-4, à comparer avec 2 Pierre 3:13et Romains 8.13). C’est pourquoi les Écritures nous présentent notre future maison en termes tangibles et matériels : « de nouveaux Cieux et une nouvelle Terre » (Ésaïe 65:17; 2 Pierre 3:13; Apocalypse 21:1-4). En d’autres termes, nous ne flotterons pas avec des harpes dorées aux côtés d’anges potelés. Nous courrons, travaillerons, jouerons, chanterons, rirons, nous reposerons et nous délecterons des merveilles infinies du Dieu bon et magnifique.

Il est donc bien de parler de l’éternité en termes de « Paradis », pour peu que nous nous souvenions que ce mot n’est qu’un raccourci pour les « nouveaux Cieux et la nouvelle Terre », un monde de joie éternelle et croissante en présence de notre Roi.

Des désirs qui révèlent

Selon l’Ecclésiaste, Dieu a « mis dans l’être humain le sens de l’éternité » (Ecclésiaste 3:11). Comme nous sommes des personnes façonnées à son image, nous sommes des êtres éternels avec un désir inné et un potentiel pour la vie éternelle. Nous avons été faits pour vivre éternellement.

Le désir de l’humanité pour un bonheur sans fin est insatiable et indéniable. Considérez l’inquiétude et l’insatisfaction que nous constatons souvent parmi les personnes les plus accomplies de ce monde. Ils ont tout, et pourtant il leur manque quelque chose. Comme l’a dit l’acteur Jim Carrey : « Je pense que tout le monde devrait devenir riche et célèbre, et faire tout ce qu’il a jamais rêvé afin qu’il puisse voir que ce n’est pas la réponse. »

Comment cela s’explique-t-il ?

Dans un long essai intitulé « Du conte de fées », J.R.R. Tolkien s’interroge sur l’amour humain pour les histoires fantastiques. [1] Dans notre bonne vieille société moderne, nous savons bien que les contes ne sont pas vrais ; alors pourquoi sommes-nous si attirés par eux ?[1] Tolkien suggère que les contes contiennent des caractéristiques qui résonnent de manière unique dans nos âmes, des choses comme par exemple :

  • Le sacrifice héroïque de sa personne
  • La fuite hors du temps
  • La communion avec des êtres non-humains
  • Le bien triomphant du mal
  • L’échappement à la mort
  • L’amour sans séparation (« Ils vécurent heureux pour toujours »)

Les contes de fées captent les désirs que la fiction réaliste ne peut pas atteindre. Bien que nous soyons intellectuellement convaincus que rien ne peut satisfaire nos désirs liés à ce qui est « trop beau pour être vrai », ces désirs continuent à nous suivre. Dans notre for intérieur, nous soupçonnons —espérons— inlassablement que notre monde n’est pas comme il devrait l’être et qu’il n’en sera pas toujours ainsi. En nous transportant dans des endroits « imaginaires », les contes de fées réveillent donc en nous des aspirations bien « réelles » et bien enracinées. Ils pointent vers une réalité sous-jacente que nous savons, profondément dans notre âme, comme étant en quelque sorte vraie.

La beauté du christianisme réside dans le fait que l’Évangile n’est pas juste une histoire magnifique qui révèle une réalité cachée : mais il est lui-même la réalité cachée que révèlent toutes les autres histoires.  Avec le retour de Jésus, tout ce qui nous a toujours paru insaisissable, lointain et « trop beau pour être vrai » deviendra notre quotidien, enveloppant notre expérience et nous inondant de joie.

C.S. Lewis, l’ami de Tolkien, l’exprime peut-être de manière plus claire : « Si nous trouvons en nous un désir que rien dans ce monde ne peut satisfaire, l’explication la plus probable est que nous avons été faits pour un autre monde. » [2]

La porte ouverte du Paradis

« Ni le Christ ni le Paradis ne peuvent être hyperbolisés », a observé le puritain Thomas Brooks [3]. Il est impossible de surestimer à quel point la vie dans le monde à venir avec Christ sera merveilleuse. Le Paradis sera éternel car la grâce de Dieu sera sans limite et l’exploration que nous en ferons, aussi.

Bien que vous et moi ne puissions pas « prouver » scientifiquement l’existence (ou la non-existence, bien sûr) du Paradis, cela reste une croyance entièrement plausible. Le témoignage fiable des Écritures et les désirs insatiables de notre âme attestent avec puissance de sa réalité.

Finalement, il est essentiel de se rappeler que la seule raison pour laquelle nous pouvons aller au Ciel est que Dieu a quitté le Ciel pour venir à nous. Il y a deux milles ans, en la personne de Jésus-Christ, Dieu a vécu la vie que nous n’avons pas réussi à vivre. Il a subi la mort que nous méritons de subir et a ressuscité afin que tous ceux qui l’acceptent puissent l’apprécier pour toujours.

Si vous faites confiance à Jésus pour le salut, le Juge du cosmos vous regarde —votre péché et tout le reste— et à la place il voit son Fils sans tâche.

« Vous êtes-vous déjà arrêté pour penser », demande A.W. Tozer, « que Dieu va être aussi heureux de vous avoir avec lui au Paradis que vous l’êtes d’y être un jour ? » [4]

Dieu est impatient. L’êtes-vous ?

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[1] Tim Keller pose, de manière utile, cette question dans une conférence intitulée « Hope That Transforms » (L’espoir qui transforme). La discussion qu’il y eut alors autour de l’œuvre de Tolkien a beaucoup inspiré cet article. Son essai « Des contes de fées » est disponible en anglais : On Fairy Stories (Tolkien)

[2] S. Lewis dans Mere Christianity (Les fondements du christianisme en français, traduit)

[3] Thomas Brook dans Precious Remedies Against Satan’s Devices (en français « Précieuses solutions contre les manigances de Satan », non traduit)

[4] W. Tozer dans The Attributes of God, Volume 1 (La connaissance de l’Éternel en français, traduit)

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