Dix choses que la femme de votre pasteur veut vous dire

par Enrique Meseguer de Pixabay

Lucas et Mia semblaient correspondre exactement à la petite Église de Tribeca, en pleine croissance. Tout le monde connaissait leurs personnalités dynamiques. Mia savait très bien engager la conversation de façon charmante avec des intellectuels et des personnes cyniques. Le couple entretenait un réseau de plus en plus fourni parmi l’élite du monde des affaires de New York.

24 mois après leur arrivée l’Église se portait bien. Mais pas Lucas et Mia. Huit mois plus tard, Lucas a annoncé qu’ils partaient. En cinq jours ils ont vidé leur appartement.

Pourquoi de tels couples quittent-ils le ministère ? Parmi toutes les rumeurs qui entourent la démission d’un pasteur, nous ne mentionnons pas souvent les épreuves que le ministère fait peser sur la femme du pasteur et sur leur couple. Nous reconnaissons facilement que le bonheur de chaque conjoint agit sur la santé du couple. Mais nous sommes lents à reconnaître que le bien-être de la femme du pasteur influence la vitalité à long terme de l’Église.

Les épouses de pasteur font face à des challenges uniques. Si vous retenez ce qui suit, et que vous soyez prêts à prier régulièrement pour la femme de votre pasteur et pour son couple, vous verrez que cela peut influencer votre Église plus que vous ne pouvez l’imaginer.

1 Elle existe par elle-même

Elle n’existe pas qu’en fonction de son pasteur de mari. Elle pourrait avoir même des opinions politiques, sociales, et bibliques qui sont différentes de celles de son époux. Mais elle se trouve dans une situation où partager ses opinions pourrait avoir une influence négative sur le travail de son mari.

Permettez-lui d’être qui elle est. Peut-être serez-vous ravi de découvrir combien elle peut être différente de ce que vous aviez pensé.

2 Elle a un appel

Peut-être n’est-il pas l’appel que vous aviez imaginé, peut-être est-elle en train de le découvrir pour elle-même. Beaucoup de femmes considèrent l’appel de leur mari à un poste pastoral particulier comme un appel pour le couple ensemble. D’autres ne sont pas de cet avis. Et certaines femmes, épouses de pasteur, espèrent que quelqu’un, n’importe qui, leur dira ce que doit être leur ministère, pour qu’elles n’en déçoivent pas d’autres.

Perplexe ? Nous aussi. Après des années de service dans un ministère pastoral, certaines femmes parlent d’un sentiment de perte, de ne pas savoir clairement elles-mêmes qui elles sont. Elles étaient trop occupées à servir là où on avait besoin d’elles. Par contre, d’autres peuvent ne participer que très peu au ministère de l’Église, leur appel étant destiné à une autre activité.

3 Elle peut avoir des difficultés financières

Dans un groupe de femmes de pasteur, nous étions en train de discuter de difficultés financières, et de rire des moyens astucieux que nous avions trouvés pour faire en sorte que l’argent « aille un peu plus loin ». J’ai demandé combien d’entre elles avaient dû recevoir des aides de l’État pour se nourrir, à cause des maigres salaires de pasteur. La moitié d’entre elles a levé la main. Cela m’a rappelé combien la situation financière est délicate pour beaucoup de femmes dans le ministère pastoral.

4 Elle partage son mari avec l’Église entière

Les pasteurs peuvent être à la disposition de l’Église 24 heures sur 24. Cela dépend de la taille de l’Église et du nombre d’autres personnes compétentes disponibles. Des dîners en famille, des jours fériés, des vacances, sont souvent interrompus par des situations de crise. Même si certaines causes de dérangement peuvent relever du fait que certains foyers pastoraux n’arrivent pas à mettre des limites entre l’Église et la famille, le ministère implique constamment des crises.

Surtout dans des quartiers à haute risque, le pasteur est souvent la première personne à être appelée quand il y a des tentatives de suicide, quand quelqu’un est emprisonné, quand un membre de l’Église vit une relation injuste, quand un mariage est en difficulté, et ainsi de suite. Même des événements heureux comme des mariages, des compétitions sportives, et des baptêmes peuvent occuper un temps que le pasteur ne passe pas avec sa famille. Des couples pastoraux sont honorés d’être impliqués de cette façon dans la vie de leur communauté. Mais il faut que l’Église se rende compte que leur temps est limité pour de bonnes raisons.

5 Le bavardage peut lui faire mal

Le bavardage, ce sont des propos sans fondement ou des rumeurs, surtout au sujet des affaires privées ou personnelles des autres. Le bavardage n’est pas forcément malveillant. Une règle simple est de ne pas raconter des histoires sur les autres :que chacun donne des informations lui-même sur sa propre vie. Si vous entendez des informations de la part de quelqu’un sur une autre personne, vous pouvez arrêter cette chaîne de bavardage en disant : « Je parie qu’une telle aimerait raconter cette histoire elle-même. »

S’il s’agit de bavardages malveillants, soyez ferme : « Même si cette situation est devenue vraiment préoccupante, je ne veux pas participer à des propos malveillants. Veux-tu m’accompagner pour rencontrer la personne qui parle de cela et m’aider à arrêter les rumeurs qu’elle répand ? Maintenant je peux en rire, mais j’ai découvert à travers des rumeurs des choses qui me concernaient et que je ne connaissais même pas moi-même.

6 Elle pense constamment aux attentes irréalisables des autres (et d’elle-même)

Qui n’y pense pas? Que cela vienne de la part de nos mamans, de nos enfants, de notre patron ou de voisins difficiles, nous expérimentons toutes le poids des attentes des autres. Mais imaginez que vous viviez avec l’attente des membres de l’Église, que vous deviez être présente chaque fois que les portes de l’Église sont ouvertes. Et si on vous disait comment vous deviez vous habiller ? Comment vos enfants devaient se comporter ? Ce qu’il faudrait dire ou pas à un moment particulier? Comment vous devriez dépenser votre argent ? Combien de personnes vous devriez inviter pour un repas chez vous ? Vous seriez surpris de savoir combien de fois des femmes de pasteur sont critiquées pour ces choses.

Beaucoup de femmes de pasteur travaillent aussi à temps complet, participent à plusieurs ministères de l’Église, rencontrent des couples pour la préparation au mariage ou pour le conseil conjugal, et assistent à des événements dans la commune où elles habitent. Leur vie est déjà bien remplie. Il faut rappeler à la femme de votre pasteur que ce qui importe réellement c’est l’attente de son Père céleste .

7 Elle trouve probablement que des amitiés dans l’Église sont compliquées

Il lui est presque impossible de savoir si une amitié à l’intérieur de l’Église existe parce que quelqu’un est vraiment amie avec elle ou parce qu’elle est simplement amie à cause du rôle de son mari. Beaucoup de femmes découvrent, quand leur mari quitte un poste pastoral, que des personnes qu’elles pensaient être leurs amies ne l’étaient pas réellement. Elles pensaient que les cartes de Noël, les invitations, les longues conversations autour d’une tasse de café, ou des sorties ensemble, étaient dues à l’amitié. Quel choc de découvrir que sans le rôle de son mari pasteur, il n’y avait plus d’amitié.

La même chose peut se passer si les rôles sont inversés. Des membres de l’Église peuvent penser qu’ils étaient des amis proches du couple pastoral, et ils sont dans une situation semblable quand le pasteur et sa famille partent. C’est douloureux pour tous ceux qui sont concernés. On peut cultiver des amitiés riches, mais il faut de la maturité, et on doit comprendre qu’on ne peut pas parler de tout.

8 Les critiques de son mari lui font mal

On a dit aux pasteurs qu’ils ne travaillaient pas assez, ne faisaient pas assez de cours de disciples, ne prêchaient pas assez bien, ne rendaient pas assez visite aux membres, et ainsi de suite. Tout le monde a sa propre idée du cahier des charges d’un pasteur. Mais personne ne se rend compte qu’il est impossible de répondre à toutes ces attentes. Combien d’heures un pasteur doit-il travailler ? Cinquante ? Quatre-vingts ? Il a beaucoup à faire, et d’habitude il n’y a personne pour l’arrêter sauf sa femme. Quand on le critique pour ne pas en faire assez, elle peut se sentir coupable d’avoir essayé de l’aider à maintenir des limites saines.

Des pasteurs partagent souvent avec leur femme les commentaires d’un responsable mécontent pendant une réunion difficile. Mais elle n’est pas présente quand une telle situation trouve une solution, et souvent elle ne sait même pas si elle est résolue. Elle n’a personne avec qui en parler.

Et contrairement aux faits racontés aux épouses dont le mari travaille dans d’autres métiers, ces faits concernent des personnes qui assistent au culte avec elle. Quand vous rencontrez une femme de pasteur qui semble être particulièrement sage, qui sait qui elle est, et qui peut dire la vérité avec bonté, vous êtes en présence d’une femme qui est passée au travers du feu. Retenez bien tout ce que pouvez apprendre de sa part, même si c’est seulement en l’observant.

9 Elle vit une situation de stress et d’ambiguïté

L’ambiguïté fait partie intégrante du ministère. Pour la famille du pasteur, le système n’est pas clair. Tous les membres de la famille participent directement ou indirectement à l’Église. Il y a une attente de la part des membres quant au rôle qui doit être joué par le pasteur, par sa femme, et même par leurs enfants. Ce niveau d’ambiguïté est cause d’un niveau élevé de stress pour les femmes de pasteur. Il faut lui montrer la même compassion que vous auriez envers quelqu’un qui vient de recevoir une mauvaise nouvelle. Pourquoi ? Parce que cela a sans doute souvent été son expérience.

Mais contrairement à d’autres qui expérimentent le chagrin, elle ne peut probablement pas évoquer cet événement et ses suites, ou le gérer avec d’autres membres de l’Église. Apprendre qu’un collaborateur fidèle a l’intention de démissionner, qu’un responsable clé est dans une relation d’adultère, que l’Église ne peut pas payer ses factures, que le poste de son mari est en danger, que son amie la plus proche a décidé de ne plus venir à l’Église ; voici le genre de révélations que des femmes dans le ministère doivent affronter régulièrement.

Toutes les femmes de pasteur n’expérimentent pas toutes ces choses. Beaucoup bénéficient d’une communauté de croyants aimante et attentive à ses besoins. Et la plupart des femmes de pasteur que je connais sont heureuses de travailler en binôme avec leur mari pour faire avancer le royaume de Dieu dans leur ville.

Malgré les différences, ce que toutes les femmes de pasteurs ont en commun, c’est mon numéro 10.

10 Sa justice vient de Christ

Sa justice – comme la mienne ou la vôtre – ne vient pas de sa capacité à répondre aux attentes des autres, de son assistance au culte, de sa connaissance des Écritures, de la somme d’argent qu’elle dépense ou qu’elle économise pour s’habiller. Si elle a fait confiance à Christ pour son salut, le verdict a été prononcé au tribunal de Dieu. Ses fautes, ses manquements, sa honte, et ses péchés ont été déposés sur Jésus Christ. Il a pris sur lui la punition qu’elle méritait. Et en plus, Dieu lui a donné la justice de Christ. Les femmes de pasteur ont reçu le verdict ; elles sont des filles bien-aimées, elles ont été justifiées.

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