Dieu est t-il vraiment impassible ?

Qui est vraiment Dieu ? Est-il celui qui n’est point un homme pour se repentir (1 Samuel 15.29) ? Est-il celui qui se repent d’avoir choisi Saül (1 Samuel 15.11) ? Se repent-il ou pas ? Au verset 11 de notre chapitre, Dieu dit de lui-même qu’il se repent d’avoir choisi Saül. Au verset 29, Samuel nous dit que Dieu n’est pas un homme pour se repentir.

Samuel se trompe-t-il sur Dieu, le contredit-il ? Dans l’absolu, ce serait une possibilité. Mais ici, nous savons que ce n’est pas le cas.

En effet, Samuel ne fait que citer une parole que Dieu avait dite lors de l’exode (Nb 23.19). C’est donc Dieu lui-même qui nous dit qu’il n’est pas un homme pour se repentir (Nb 23.19), Samuel ne fait que répéter ce que Dieu avait dit auparavant. Pourtant, Dieu nous affirme qu’il se repent d’avoir choisi Saül (1 Sam 15.11).

Bien entendu, Dieu n’a ni oublié ce qu’il avait dit, ni changé d’avis sur qui il est. Il veut nous faire réfléchir. Dieu se décrit de deux manières, sous un certain point de vue, contrairement à l’homme, il ne change pas d’avis, ne regrette rien. Sous un autre angle, Dieu se repent.

Un phénomène analogue peut nous aider à comprendre. Dieu se décrit comme celui qui a un œil pour voir, des oreilles pour entendre et un bras pour sauver. Or, nous savons que Dieu n’a pas de corps.

Nous comprenons qu’il nous parle de manière imagée pour que nous puissions le comprendre. Quand nous voyons quelqu’un dans la détresse, que nous entendons ses cris, nous utilisons notre bras pour l’aider et le sortir de sa situation. Le bras est l’outil de la délivrance, les yeux et les oreilles, les outils qui permettent de prendre connaissance de la situation.

Quand nous crions à lui, puisque Dieu connaît notre situation, il s’attribue des yeux et des oreilles pour nous dire qu’il sait. Ce n’est pas le moment d’être le plus exact possible, ce n’est pas le moment pour que Dieu nous décrive exactement comment il fait pour savoir, c’est le moment où nous avons besoin de savoir que Dieu sait. Alors il nous dit simplement, j’ai vu, j’ai entendu.

De même, un moment de détresse n’est souvent pas le moment où nous donnons tous les détails de la délivrance à venir. Nous avons besoin d’être rassurés rapidement, alors Dieu s’attribue un bras pour que nous comprenions qu’il va utiliser sa puissance pour nous aider. Dans un sens Dieu n’a pas de bras, dans un autre, il en a un puisqu’il nous délivre.

Notez que j’emploie le verbe « attribuer ». Dieu s’attribue quelque chose qui n’est pas à lui à proprement parler. C’est pour cela que nous parlons des attributs de Dieu. Ce ne sont pas de vraies parties de Dieu, mais Dieu se les attribue de manière imagée et nous suivons son exemple lorsque nous parlons de lui.

Ce qui est vrai du bras de Dieu est vrai aussi de toute émotion ou caractéristique que nous attribuons à Dieu. Ce n’est pas que Dieu éprouve de la repentance, de la peine, d’avoir choisi Saül. Nombres 23.19 est clair : tout ce qui arrive est le résultat de ce que Dieu a voulu et décrété. Dieu voulait que Saül règne un temps, puis soit remplacé par David. A nos yeux, il semble que Dieu change d’avis. Alors Dieu s’attribue la repentance pour que nous le comprenions.

De la même manière que Dieu n’a pas réellement de corps, il n’a pas réellement d’émotions comme nous en avons. Nous disons qu’il n’a pas de passions, qu’il est impassible. C’est-à-dire que les événements extérieurs ne font pas bouger qui il est, ce qu’il ressent. Son amour ne varie pas car il est l’amour même. Il en va de même avec sa justice.

De la même manière sa colère n'est pas vraiment une émotion chez lui, elle est l'expression de son amour immuable contre l'injustice qu'il ne peut approuver. L’amour de Dieu réagit contre le mal en le punissant. Puisque nous punissons lorsque nous sommes en colère contre le mal, alors nous attribuons à Dieu la notion de colère, c'est à dire que nous disons de Dieu qu'il est en colère, même si ce n'est pas à proprement parler le cas.

Rien ne pourrait être plus réconfortant pour nous. Le roi qu’il a réellement choisi n’est ni Saul ni David, ils ne sont que des précurseurs du véritable roi choisi par Dieu, Jésus. Dieu ne se repentira jamais de ce choix. De même il ne se repentira jamais de l’amour qu’il vous porte si vous croyez en lui. L’amour du Dieu impassible est manifesté pour vous à la croix et Dieu n’est pas un homme pour se repentir.


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