Devrions-nous utiliser les chants de Béthel dans notre adoration ? 4 questions pour un diagnostic.

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À Watermark Community Church à Dallas, où j’ai le privilège de servir comme pasteur, se trouve, dans une pièce annexe, un mot que j’y ai placé quand j’enseignais sur 2 Pierre :

Avertissement du Médecin général divin :

Ingérer un faux-enseignement compliquera votre vie, voire même éternellement. Examinez les Écritures pour voir si les choses que vous entendez sont vraies.

Voilà un message évident : Évaluer toutes choses à la lumière de la Parole de Dieu, ce qui inclut à la fois l’enseignement que nous entendons mais aussi les chants que nous chantons dans l’adoration communautaire.

Cette discipline est particulièrement appropriée aujourd’hui compte tenu de la popularité des chants de Bethel Music et le souci croissant au sujet de la théologie, des pratiques, de la direction, des enseignements et de l’école du « ministère surnaturel » de Béthel. Puisque nous devons « examiner toutes choses avec soin ; et retenir ce qui est bon » (1 Thess. 5:21), il vaut la peine de se demander si les églises soucieuses d’orthodoxie peuvent chanter des cantiques associés avec des individus ou des organisations qui ont une histoire de croyances ou de pratiques erronées.

Ce n’est pas un enjeu nouveau

Depuis des générations les chrétiens ont accepté des hymnes remplis de vérité, composés par des auteurs qui ont adhéré à des croyances indéfendables ou qui se sont égarés loin de la foi. En voici seulement trois exemples.

  • « A Mighty Fortress Is Our God, »  (« C’est un rempart que notre Dieu »), composé par le réformateur Martin Luther, qui écrivit ses 95 Thèses qui protestaient avec raison contre la corruption dans l’église catholique romaine et déclencha la Réforme protestante, mais qui écrivit aussi Les Juifs et leurs mensonges et Sur le nom ineffable, livres qui étaient enracinés dans l’hostilité et des vues horribles sur les Juifs. (Voyez l’article de Bernard Howard : Luther’s Jewish Problem (Le problème juif de Luther).
  • « Come, Thou Fount of Every Blessing » (« Viens, Toi source de toute bénédiction »), écrit en 1757 par le prédicateur méthodiste Robert Robinson, qui plus tard expérimenta la ligne doctrinale « enclin à s’égarer » en s’éloignant de la foi.
  • « It Is Well with My Soul, » (« Quel repos céleste ») écrit par Horatio Gates Spafford après la perte de ses quatre enfants lors du naufrage du SS Ville du Havre en Novembre 1873. Alors que son œuvre la plus célèbre est cette exaltation de la vérité de la souveraineté de Dieu, son enseignement sur les peines éternelles et sur le Saint-Esprit est au mieux mal informé et, au pire, hérétique.

Alors, des chants qui proclament fortement la vérité de la Parole de Dieu ne devraient-ils plus être utilisés dans l’adoration corporative à cause d’autres croyances ou pratiques erronées de leurs auteurs ou d’églises associées à eux ?

Voici quatre questions qui peuvent nous aider à décider si un chant, un livre ou quelque forme de communication devraient être utilisés.

1. Examinez-vous tout ce que vous consommez (sermons, livres, musique, film) au travers des lunettes de la Parole de Dieu ?

Il est important que tous les croyants soient équipés de l’Écriture afin de pouvoir discerner avec précision (1 Jean 4:1–3) si un sermon, un chant, un livre, un site internet ou un autre média est bien en accord avec l’Écriture et l’Esprit. Chaque croyant devrait être équipé pour distinguer la vérité de l’erreur et vivre en communion avec des croyants mûrs qui pourraient lui demander compte en ce qui concerne son discernement (Prov. 15:22).

Ce n’est pas seulement parce qu’une chose semble juste qu’elle peut passer l’examen de la Parole de Dieu.

Ce n’est pas seulement parce qu’une chose semble juste qu’elle peut passer l’examen de la Parole de Dieu.

 

2. Le chant répond-il pour lui-même, proclamant la vérité de la Parole de Dieu ?

Chaque cantique que chante une église devrait être fondé dans l’Écriture et la saine doctrine et devrait édifier le corps de Christ (Eph. 4:29). Une adoration juste est une forme d’équipement, et si le chant communique des idées non-bibliques, alors il ne devrait pas être accueilli dans l’église. Le choix de chaque chant est la responsabilité des bergers et ceux-ci doivent être sur leurs gardes afin que des loups cruels (Actes 20:28), avec des mélodies entraînantes, ne pénètrent pas dans le troupeau.

Les bergers doivent être sur leurs gardes afin que des loups cruels, avec des mélodies entraînantes, ne pénètrent pas dans le troupeau.

Durant des années à Watermark nous avons examiné d’innombrables chants quant à leur clarté, depuis « Away in a Manger » jusqu’à « Reckless Love. » Nous nous posons constamment des questions telles que : « Est-il approprié de décrire l’amour de Dieu comme « submergeant tout, ne cessant jamais et téméraire ? » – comme le dit le chœur de « Reckless Love. » Il est de la responsabilité des conducteurs spirituels dans chaque église de poser ces exigences. Ce n’est pas exagéré de dire que de cela dépendent la protection qu’ils doivent exercer sur leurs frères et sœurs (Actes 20:28–30) et le jugement futur qui leur sera appliqué (Héb. 13:17).

 

3. Est-il possible de séparer la vérité que l’on chante de l’erreur de ceux qui y sont associés ?

Une église n’est jamais plus en danger que quand un faux-docteur y communique sous couvert de proclamer la vérité (2 Cor. 11:14; Actes 16:16–18). En plus du problème des faux-docteurs, nous devons veiller à ne pas diriger les autres vers des ministères d’individus de bonne intention mais sérieusement associés avec une théologie et des pratiques fausses ou erronées.

La direction de Béthel ainsi que les enseignements et pratiques adoptés par ses membres, étudiants et partenaires de ministère devraient, au minimum, tomber dans cette catégorie . Promouvoir leurs chants – même si les chants eux-mêmes sont corrects théologiquement – pourrait ouvrir les autres à des messages supplémentaires et à des idées qui sont erronés en pratique et sur le plan théologique.

Dans l’histoire, on connaît au moins un exemple significatif où la musique et les paroles ont été un moyen de propager l’hérésie. Arius (de 250 à 336 de notre ère) a été un bon compositeur de chants tout autant qu’un théologien qui niait la divinité de Christ. Il affirmait, à tort, que Jésus était un être fini, créé avec quelques attributs divins – mais pas le Dieu éternel. La popularité de ses mélodies et chants contribua à une diffusion rapide de ses idées hérétiques.

Nous devons reconnaître qu’un chant bien écrit peut rapidement mener les autres vers une place désertée par la vérité. Alors qu’il est peu probable que beaucoup, aujourd’hui, iront creuser les sermons d’Horatio Spafford s’ils chantent « It Is Well, » (« Quel repos céleste ») de nombreuses personnes, en revanche, vont vouloir en savoir plus sur « l’école surnaturelle du ministère » de Béthel à cause de leur excellente musique.

 

4. Est-ce que le fait d’utiliser un chant nous détermine à soutenir activement le ministère égaré d’où il est issu ?

Peut-être que l’implication qu’on peut le moins éviter est le fait qu’utiliser les chants issus de ces ministères, les soutient financièrement. Même si vous protégez votre troupeau de leur influence future, vous allez inévitablement fortifier leur ministère. Le rapport coût-bénéfice de ces vérités doit être bien pesé dans votre décision finale.

 

Examinez toutes choses

Notre équipe examine le contenu et les implications de chaque chant que nous chantons – qu’il vienne de nos propres artistes à Watermark, de Béthel Music, de Hillsong, de Passion, ou de toute autre communauté ou artiste individuel. Il est fréquemment arrivé que nous choisissions de ne pas chanter certains chants parce que nous ne croyons pas que le contenu en soit théologiquement approprié ou qu’il glorifie Dieu. Dans le même temps, nous chantons parfois des paroles et de la musique écrites ou produites par des églises dont ne voudrions pas avoir les saints parmi nos disciples.

Nous n’avons pas besoin d’être paranoïaques, mais il nous faut être vigilants. Que tout ce que nous mettons devant l’église de Jésus nous assure que « nous ne soyons plus des enfants, ballotés çà et là par les vagues et emportés par tout vent de doctrine, par l’habileté humaine et par ses ruses dans tous les moyens de séduction » (Eph. 4:14).

Des mélodies entraînantes peuvent causer bien des troubles, aussi écoutez avec soin et guidez votre église avec une conviction pieuse. Ne chantez pas un chant seulement parce que les gens l’aiment ; chantez-le parce qu’il est conforme à la vérité et vous conduit là où vous trouvez plus de la vérité de Dieu.

Note de l'éditeur : 

Pour aller plus loin nous vous recommandons cet article de ToutPourSaGloire : 9 choses que vous devriez savoir à propos du mouvement Bethel Church

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