Coronavirus : Éviter la désunion au moment de prendre des décisions difficiles

Photo by Wolfgang Rottmann on Unsplash

Au début février, alors que nous prenions nos premières décisions au sujet du coronavirus dans notre église en Chine, il ne nous a pas fallu longtemps pour découvrir qu’il allait y avoir bien des occasions de désunion. Par la grâce de Dieu – et en témoignage aux saints pleins de grâce dans notre église – il semble que nous avons été capables de chercher à nous comprendre mutuellement et d’éviter toutes les grosses divisions.

Alors que je vois l’acrimonie progresser aux États-Unis, je pense utile de partager quelques principes au sujet de la façon d’éviter la désunion.

Rappels pour servir l’unité de l’église

1. Vivre le Grand Commandement semblera une chose différente pour des personnes différentes.

Certains vont interpréter « Aime ton prochain » comme un ordre de ne pas mettre un pied hors de sa maison pendant deux mois, sauf pour se procurer les choses indispensables à l’existence. D’autres penseront que « Aime ton prochain » les pousse à rechercher des temps de face à face avec les membres de l’église, même s’il s’agit de moments de masque à masque et en gardant une confortable « distance sociale ».

Le premier type de personne peut en fait avoir à combattre la peur ou avoir sa santé comme idole cachée. Le second peut combattre avec la question de la soumission ou avoir l’indépendance pour idole cachée. Mais si toutes les deux pensent authentiquement qu’elles cherchent à honorer les commandements et la sagesse de l’Écriture, nous pouvons être charitables l’un envers l’autre même si nous arrivons à des conclusions différentes.

2. Les gens peuvent avoir des interprétations différentes des prescriptions faites par le gouvernement ou les agences de santé publique.

Par exemple, là où je vis, le gouvernement a recommandé que les gens restent chez eux autant que possible. Au même moment ils ont autorisé certains lieux à rouvrir : les parcs, les restaurants, les spas et même les centres commerciaux haut de gamme.

Nous pouvons être charitables l’un envers l’autre même si nous arrivons à des conclusions différentes.

Alors, à quoi suis-je censé obéir ? À quoi ressemble la soumission au gouvernement ? Suis-je supposé obéir à ses recommandations, ou seulement à ses réglementations ? Dans ma pensée, la distance entre ce que le gouvernement ordonne et ce qu’il tolère contient des nuances de gris. Un membre de l’église peut dire que l’obéissance signifie rester confiné, parce que c’est ce qui a été recommandé. Un autre peut dire que l’obéissance peut faire plein usage de toutes les permissions que le gouvernement accorde. Si je déjeune avec quelques amis – tout en respectant l’obligation de porter un masque et de me soumettre à des contrôles de température – est-ce que je me soumets ou non au gouvernement ?

Vous pouvez avoir une position sur cette question, mais cela n’a rien à voir avec le point actuel. Pour l’instant, il faut reconnaître que le fait d’obéir aux recommandations du gouvernement n’est pas toujours interprété de la même manière par tout le monde, et nous devons donc faire attention à la manière dont nous réagissons face à ceux qui voient les choses différemment de nous.

3. Vous ne connaissez pas la vie de chacun.

Les gens ont des pièges et des pressions qui leur sont propres. Il existe des tensions dans la vie de chaque individu qui ne se voient pas de l’extérieur. Ainsi une famille peut être plus rapidement mise en quarantaine (et le rester plus longtemps) parce qu’une personne a un système immunitaire compromis ou une prédisposition génétique qui est vraiment préoccupante. Une autre famille peut être dans une période de tension ou avoir des jeunes enfants extrêmement énergiques qui ont tout à fait besoin de sortir un moment ou d’avoir une interaction avec certains adultes. Vous n’avez tout simplement pas l’omniscience pour faire la différence entre un agoraphobe et un claustrophobe, sans faire mention de tous les stades intermédiaires.

Recommandations pour créer l’unité

1. Méditez sur 1 Thessaloniciens 5:12–18.

Lisez lentement et réfléchissez sur les paroles de Paul :

Nous vous prions, frères, d’avoir de la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur, et qui vous exhortent. Ayez pour eux beaucoup d’affection, à cause de leur œuvre. Soyez en paix entre vous. Nous vous prions aussi, frères, avertissez ceux qui vivent dans le désordre, consolez ceux qui sont abattus, supportez les faibles, usez de patience envers tous. Prenez garde que personne ne rende à autrui le mal pour le mal ; mais poursuivez toujours le bien, soit entre vous, soit envers tous. Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses, car c’est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus Christ. (1 Thess. 5:12–18)

Demandez-vous ce que c’est que de respecter ceux qui exercent la fonction de bergers parmi vous et de rechercher la paix. Alors prenez du temps pour considérer avec réflexion où en est chaque personne individuellement pendant ce temps difficile. Tandis que j’ai cherché à paître notre église durant cette période, je me suis constamment rappelé que certaines personnes sont oisives et ont besoin d’être admonestées, d’autres sont timides et ont besoin d’être encouragées, d’autres encore sont faibles et ont besoin d’aide.

Certaines personnes sont oisives et ont besoin d’être admonestées, d’autres sont timides et ont besoin d’être encouragées, d’autres encore sont faibles et ont besoin d’aide.

Si je commence chaque conversation avec cette pensée – au lieu de commencer en voulant m’inscrire pour marquer un point ou gagner dans une argumentation – j’ai une bien plus grande chance de préserver la paix dans les relations, tout en répondant aux vrais besoins dans le même processus.

2. Posez bien des questions et cherchez la compréhension mutuelle.

Ne pensez pas que vous savez pourquoi les gens ont pris certaines décisions. Demandez-le-leur. Si vous n’êtes pas d’accord, faites gentiment savoir votre désaccord et disposez-vous pour un dialogue. Il se peut que vous puissiez être capables d’apporter un élément d’information utile, que celui qui a pris la décision n’avait pas. Ou bien vous pouvez obtenir une compréhension et une appréciation plus claires des raisons pour lesquelles ces décisions ont été prises.

3. Vous les conducteurs de l’enseignement, vous devez sur-communiquer. Et fournir des justifications claires et écrites de vos décisions.

Assurez-vous d’avoir des boucles de rétroaction afin que toute personne, qui est sous votre responsabilité, ait la possibilité d’obtenir des réponses à ses questions.

Essayez d’avoir autant de rencontres un à un qu’il vous est possible pour savoir ce que les personnes font et programmez des entretiens par vidéo-conférence si la rencontre en face à face n’est pas possible dans votre contexte. Bien connaître la situation de votre troupeau vous aidera à prendre de meilleures décisions et à communiquer plus clairement.

4. Prenez vos décisions sans calomnier ceux qui en ont pris d’autres.

Si vous voulez rencontrer d’autres croyants le dimanche matin et que vous pensez que vous avez des raisons pour le faire (de petites réunions en prenant des précautions et ainsi de suite), alors ayez votre culte – mais ne traitez pas tous les autres de « poules mouillées » ou de lâches dans le processus.

Bien connaître la situation de votre troupeau vous aidera à prendre de meilleures décisions et à communiquer plus clairement.

Si vous décidez d’annuler votre culte du dimanche, soyez prudents en disant que votre choix est « évident » ou « la seule décision biblique possible que quelqu’un doit prendre étant donné notre responsabilité d’obéir à l’autorité civile. »

5. Posez le clavier.

Vous n’avez pas besoin de débattre publiquement avec tout le monde en ce moment. Vous n’avez même pas besoin de faire connaître publiquement vos décisions à tout le monde en ce moment. Ayez des conversations en personne, dans la mesure de vos possibilités. Appelez quelqu’un. Donnez à quelqu’un le bénéfice du doute. Acceptez d’être en désaccord parfois.

Nous sommes tous dans le même bateau, mais nous n’allons pas tous voir les choses de la même façon ou les vivre de la même manière. Satan n’aimerait rien de plus que de semer des graines de division pendant cette période. Bien que nous soyons en désaccord sur certaines choses, nous pouvons tous accepter de vivre le Grand Commandement en recherchant la clarté et la charité – au nom de la renommée de notre Sauveur et du bien de notre prochain.

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