Une idée de témoignage communautaire

par rawpixel de Pixabay

Cet article fait partie de la série : Le ministère féminin sous toutes ses formes

Si on me demande ce qui me motive le plus dans l’Église, je réponds sans hésiter l’évangélisation et la vie communautaire.

Les résultats de l’enquête réalisée par l’Institut de sondage BVA en 2015 à la demande de la Commission évangélisation du CNEF ont permis de connaître l’avis des personnes interrogées sur « la façon dont les chrétiens communiquent sur leur religion », autrement dit, sur nos moyens d’évangélisation. Voici quelques éléments qui ressortent de ce sondage :

  • Plus de 6 Français sur 10 pratiquent une religion au moins pour les grandes fêtes
  • 23% des personnes souhaiteraient entendre parler de la foi autour d’un café
  • 48% des Français considèrent qu’il est normal que les chrétiens communiquent leurs idées
  • S’ils étaient à la recherche d’informations concernant une religion, plus de 6 Français sur 10 préféreraient s’informer auprès d’une personne de cette religion.

De plus on sait qu’aujourd’hui une forte majorité des personnes qui se convertissent le font grâce aux relations amicales avec un ou des chrétiens.

Ces résultats confirment ce que nous constatons depuis huit ans année après année lors de l’activité Brico Noël que nous organisons dans les locaux de notre assemblée quelques semaines avant Noël.

Sans que cela s’oppose à notre responsabilité personnelle et individuelle d’évangéliser et de faire des disciples, nous avons également une responsabilité en tant qu’Église de participer à l’œuvre de Christ en étant intentionnellement des témoins là où Dieu nous a placés en tant que communauté.

Mais qu’est-ce au juste Brico Noël ?

C’est une journée qui a lieu en principe, le dernier week-end du mois de novembre et durant laquelle nous proposons des ateliers différents (6 à 8 ateliers différents) pour permettre aux enfants dès 3 ans de venir fabriquer eux-mêmes leurs cadeaux de Noël pour les membres de leur famille. Un enfant ne vient jamais seul et notre désir est de pouvoir créer durant cette journée un lieu convivial où il est aisé de s’assoir pour prendre un café 😀

Chaque atelier est payant et chaque enfant qui vient à cette journée, peut faire autant d’ateliers qu’il le souhaite. Nous essayons de préparer des bricolages de qualité, tout en essayant de ne pas reprendre les « classiques » que les enfants ont tendance à réaliser à l’école.

Cette journée implique la collaboration de toute l’Église, grands et petits, jeunes et vieux, hommes et femmes, bricoleurs et non bricoleurs…

Si cette journée existe, c’est premièrement grâce aux enfants de notre Église. Ce sont effectivement eux qui vont distribuer toutes les invitations à leurs copains d’école, voisins, et qui en parlent autour deux. Ensuite, c’est une équipe de responsables d’ateliers qui chaque année travaille à réfléchir à de nouveaux bricolages et à la manière de pouvoir tenir l’atelier en tenant compte de certaines contraintes : à partir de quel âge peut-on proposer cet atelier ? Il ne faut pas que le bricolage dure plus de 30 minutes, ni qu’il ne coûte trop cher…

Puis, c’est toute l’Église qui s’implique dans cette journée :

  • la veille de l’événement une équipe réaménage les salles de l’Église
  • le jour J, une équipe tient une buvette où nous vendons des crêpes et des gaufres mais où toutes les boissons sont offertes
  • une équipe s’occupe des vestiaires et de donner des invitations ou de la documentation aux personnes lors du départ
  • une équipe s’occupe de l’accueil et de vendre les billets
  • des personnes s’impliquent directement dans les ateliers de bricolage
  • en fin de journée, une autre équipe nous rejoint pour nous aider à ranger la salle
  • et…. les anciens et le pasteur qui chaque année sont présents dans la salle et à la buvette pour discuter avec nos visiteurs.

Et ce, sans compter nos aînés engagés dans la prière, nous préparent des pâtes à crêpes et à gaufres…. C’est une vraie fourmilière… Et le jour J, nous sommes près de 70 à arborer notre T-shirt aux couleurs de l’Église pour accueillir nos visiteurs, que pour une partie nous connaissons personnellement puisque ce sont nos amis et ou des amis de nos enfants, parfois nous les connaissons juste de vue puisque nous les rencontrons à la sortie de l’école quand nous allons chercher nos enfants…

C’est une formidable opportunité pour l’Église de servir tous ensemble, d’être témoin de l’amour qui nous unit, de pouvoir entrer en contact avec des gens de notre entourage grâce à ces invitations et à nos enfants qui n’ont pas peur d’inviter parfois toute leur classe.

Mais c’est aussi une opportunité pour les gens qui viennent nous voir à cette occasion. S’il est vrai qu’au premier abord il s’agit d’une journée de bricolage, il n’est pas rare d’entendre des commentaires du genre « l’ambiance qui règne chez nous est vraiment particulière », « qu’il est beau de voir toutes les générations travailler ensemble », « comment ça se fait que vous ayez autant de jeunes dans votre Église » – dès le collège, les jeunes peuvent aider durant la journée et se retrouvent régulièrement derrière la crêpière ou participent à l’encadrement d’un atelier -, « combien on aime venir à cette journée dans votre Église »…. Certains d’entre eux font même de la pub et invitent leurs amis.

Au fil des années, grâce à la confiance gagnée, certains des enfants ont participé à des activités organisées par notre assemblée, comme le club biblique, ou un camp de ski, ou encore un camp d’été. Des parents ont même accepté de suivre l’une ou l’autre étude biblique et certains autres ont eu un entretien avec le pasteur ou ont accepté de lire la Bible.

Pour la première fois l’année dernière, nous avons vu nos voisins musulmans entrer dans l’Église lors de Brico Noël.

Si je suis persuadée de la valeur d’une telle journée tant pour le bien de l’Église par la communion fraternelle que nous y expérimentons, que pour son témoignage dans notre voisinage non seulement en tant que communauté mais aussi en tant qu’individus, ce n’est qu’une journée et qu’une forme de témoignage. Je rêve de l’étape suivante…

D’une nouvelle étape où nous pourrions aller plus loin avec ces enfants en proposant un centre aéré durant une semaine de vacances scolaires par exemple.

Et il y a aussi tous les habitants de la commune dans laquelle se trouve établie notre Église et qui n’ont pas d’enfants, qui n’entreront jamais dans une Église, qui ne connaissent pas de chrétiens…. Il nous incombe en tant que communauté d’être des témoins là où Dieu nous a placés et de trouver des idées afin de participer encore plus à la vie locale en nous impliquant davantage dans la vie sociale et associative.

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