5 erreurs du pasteur qui débute

Ça y est ! Après des années de formation, beaucoup de prières et de patience, on fait enfin appel à vous pour occuper votre premier poste pastoral ! Et vous êtes déterminé à faire du bon boulot ! Les membres de cette église font partie du peuple de Dieu et, dans sa grâce, il vous appelle à les servir en tant que pasteur. Les idées fourmillent dans votre tête. Ils seront plus forts, plus centrés sur Christ, et plus enracinés dans la doctrine.

Mais trois ans plus tard, vous êtes démis de vos fonctions. Il y a eu ces lettres anonymes, ces relations difficiles avec certains diacres, ces conseils d’anciens houleux…

Que s’est-il passé ? Auriez-vous pu agir différemment ? L’issue était-elle inévitable ?

Il est évident que, dans certaines églises, on trouve des membres qui ne sont pas nés de nouveau. Il existe même des églises qui ne se soumettent pas à l’autorité d’un pasteur, aussi spirituel et talentueux soit-il.

Mais la plupart du temps, le conflit naît lorsqu’un pasteur bien intentionné fait des erreurs au début de son ministère. Voici cinq erreurs courantes que j’ai pu observer.

1. Il veut tout changer tout de suite.

Quand un pasteur accepte un nouveau poste, il a déjà en tête ce qu’il souhaite changer dans l’église. Il élabore une stratégie pour la mener là où elle devrait être, selon sa compréhension de la Bible. Même si certains de ces changements semblent louables, les membres de l’assemblée pourraient se sentir blessés. En voulant enseigner une certaine doctrine ou diriger l’église d’une certaine façon, le nouveau pasteur fait passer le message suivant : « Mes pauvres amis, laissez-moi vous montrer là où vous vous êtes fourvoyés ! »

Le pasteur pourrait avoir raison ! Mais tout en ayant raison, il pourrait être démis de ses fonctions.

Même si cela va à l’encontre de son bon sens, un pasteur qui accepte un nouveau poste doit apprendre à ne pas vouloir tout changer tout de suite. Il devrait avoir une liste de tout ce que, lui, peut faire pour l’église. Parmi ces choses, on pourrait trouver : apporter des prédications bien travaillées, aimer les membres de l’église, gagner ceux qui sont perdus, visiter les personnes sur leurs lieux de travail ou chez elles, exercer l’hospitalité. On a tous tendance à suivre un homme qui travaille dur et qui nous aime. Et puis, la confiance, ça se gagne !

On a tous tendance à suivre un homme qui travaille dur et qui nous aime.

2. Il dénigre la culture de l’église.

Tout comme une famille, chaque église a ses propres particularités, préférences et traditions. Celles-ci ont des origines historiques, théologiques ou sociologiques. Les ignorer serait non seulement idiot, mais aussi dangereux. Une conviction ou une tradition pourrait n’avoir que peu d’importance pour un nouveau pasteur. Mais pour ceux qui ont fait appel à lui et qui lui versent un salaire, ces institutions sont précieuses et constituent peut-être une conviction théologique.

En dénigrant de manière même infime la culture de l’église, le nouveau pasteur peut s’attirer l’hostilité de certains membres, et une fois ce sentiment installé, il aura beaucoup de mal à instaurer des changements, même bibliques.

3. Il clame une autorité sans travailler sa crédibilité.

Ce sont les bonnes relations entre les membres d’une église et son pasteur qui définiront le degré d’autorité de ce dernier. Même si les Écritures sont sans équivoque sur le sujet (on doit se soumettre à nos anciens – Hébreux 13:17), le pasteur, par son attitude, rendra cet exercice plus ou moins facile pour ses paroissiens. S’il doit constamment leur rappeler que c’est lui le chef, c’est déjà trop tard !

On peut, dans son travail, exercer statutairement un rôle de leadership. On n’arrivera à le conserver qu’en maintenant un climat de respect mutuel et d’amour avec les membres de son église. On gagnera en crédibilité en vivant ensemble la souffrance, la joie, les malheurs, les mariages, les enterrements, les visites des malades, les moments de communion fraternelle, et plus que tout, l’enseignement fidèle de la Parole de Dieu.

Les pasteurs qui chercheront à gagner une quelconque autorité sans travailler leur crédibilité auront du mal à conserver leur position de leader.

4. Il confond conviction et préférence.

Lorsqu’un pasteur met l’accent sur ses préférences en les faisant passer pour des vérités bibliques, il perdra la confiance de ses paroissiens, et n’exercera plus d’influence sur eux. Ils ont, eux aussi, le Saint-Esprit et la Bible à disposition. Ils sauront faire la différence entre conviction et préférence.

De plus, s’il utilise les Écritures pour justifier ses exigences personnelles, ils le feront aussi !

Un pasteur sage sera toujours vrai et honnête entre ce qui relève de ses propres préférences et ce qui est clairement dit dans la Bible.

5. Il montre de la colère ou de la peur lorsqu’on s’oppose à lui.

Un pasteur peut à jute titre se sentir blessé ou être en colère lorsqu’il est malmené. Cependant, il ne doit jamais le montrer. La colère engendre la colère, mais celui qui demeure calme face aux insultes ou à l’opposition se montre un excellent leader. La maîtrise de soi est un élément clé dans la gestion des situations délicates.

De même, le pasteur qui montre sa peur lorsqu’on met en doute ses capacités de leader se révèle vulnérable. On a du mal à faire confiance à quelqu’un qui a peur. Le berger qui maîtrise sa peur lorsqu’il est attaqué ou accusé gagnera une plus grande confiance de son troupeau.

En faisant abstraction de son tempérament ou de son expérience, on peut dire que chaque pasteur connaît des difficultés et des moments de crise. Le vrai défi consiste à faire preuve de sagesse, d’humilité, et de service pour qu’en tant que leader, le pasteur agisse dans les situations difficiles de manière à améliorer les choses, et non à les empirer.


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