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J’aime l’Église locale.

J’aime le culte, la prédication et la communauté. J’aime notre témoignage au monde et l’action sociale. Par-dessus tout, j’aime les pasteurs et les dirigeants de l’Église locale.

Je sais que les pasteurs sont généralement surchargés de travail et sous-payé. Je connais le fardeau spirituel que représente leur charge de berger. J’ai moi-même parcouru ce long chemin, et je comprends donc ce que vivent ce qui ont choisi de vivre cette vie.

Je suis enthousiaste et optimiste à propos de l’Église locale, mais également inquiet. Pourquoi ? Parce que l’Église locale connaît une crise de leadership. Pour chaque pasteur connu qui brille sous les projecteurs il y a des centaines de pasteurs inconnus qui vivent dans l’ombre ou sont devenus des coquilles spirituelles de ce qu’ils étaient autrefois.

Derrière l’échec d’un pasteur se cache une communauté de dirigeants faibles et défaillants.

Des centaines de conversations m’ont convaincu de cela : Derrière l’échec d’un pasteur se cache une communauté de dirigeants faibles et défaillants. Nous n’avons pas seulement une crise pastorale, nous avons une crise de leadership.

Se pourrait-il que la façon dont nous avons structuré la direction de l’Église locale, la façon dont les dirigeants sont en relation les uns avec les autres, la façon dont nous formons la description de poste d’un dirigeant et le style de vie quotidien de la communauté des dirigeants puissent contribuer à l’échec pastoral ?

Ephésiens 4:1-3 est un passage qui devrait concerner chaque membre de l’équipe dirigeante d’une Église : « Je vous encourage donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à vous conduire d’une manière digne de l’appel que vous avez reçu. En toute humilité et douceur, avec patience, supportez-vous les uns les autres dans l’amour. Efforcez-vous de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix ». (S21)

Il m’est impossible de faire une étude détaillée ce simple article mais je voudrais en retirer quatre caractéristiques d’une communauté locale saine de dirigeants d’Église, façonnée par l’évangile de Jésus-Christ.

Humilité

Les humbles leaders aiment servir plus qu’ils n’ont envie de diriger. Ils assument leur incapacité plutôt que de se vanter de leurs aptitudes. Les leaders humbles s’engagent à toujours écouter et apprendre.

Dépendance

Les leaders dépendants reconnaissent que chaque leader doit être dirigé et chaque pasteur encadré. Si le Christ est « la tête du corps », tous les autres ne sont qu’une partie du corps ! (Colossiens 1:18) Les connaissances biblique, les dons spirituels, l’expérience et le succès du ministère ne dispensent pas les pasteurs et les leaders du rôle essentiel du corps de Christ dans leur sanctification.

Redevabilité

En raison du pouvoir aveuglant du péché, la redevabilité est nécessaire. Les dirigeants centrés sur l’Évangile invitent leur entourage à dépasser les limites des relations « normales » dans le cadre du leadership et les aident à voir des choses qu’ils ne verraient pas par eux-mêmes.

Protection

Le véritable amour biblique ne se contente pas de vous accepter, bénir patiemment et pardonner vos échecs. En plus de toutes cela, les dirigeants de l’Église font tout ce qu’ils peuvent pour vous protéger des faiblesses de votre cœur qui vous rendent vulnérables aux tentations. Si cette protection est censée être expérimentée par tous au sein du corps du Christ, ne devrait-elle pas être présente aussi dans le noyau de la communauté des dirigeants ?

La Bible enseigne qu’un changement durable du cœur se produit toujours dans le contexte d’une relation

La Bible enseigne qu’un changement durable du cœur se produit toujours dans le contexte d’une relation, d’abord avec Dieu et ensuite avec le peuple de Dieu. Je suis attristé que les leaders pastoraux que je connais ne disposent pas de la riche communauté évangélique nécessaire à une bonne et durable santé spirituelle.

Se pourrait-il que beaucoup de nos communautés locales de dirigeants d’Églises ne fonctionnent pas réellement comme des communautés bibliques ? Se pourrait-il qu’à mesure que nous nous sommes laissé séduire par les modèles de leadership d’entreprise, nous ayons perdu de vue les idées et les valeurs évangéliques plus profondes ?

Combien faudra-t-il de pasteurs défaillants et d’Églises en difficulté avant que nous nous posions ces questions difficiles sur la façon dont nous dirigeons l’Église que le Sauveur nous a confiée ?

Que Dieu vous bénisse,

Paul David Tripp


Questions de réflexion

  1. De quelle manière Dieu vous a-t-il appelé à diriger ?
  2. Y a-t-il des domaines dans lesquels vous désirez plus être vu que de servir ? Pourquoi devriez-vous avoir une saine peur des responsabilités du leadership ?
  3. Vivez-vous un christianisme isolé, individualisé et indépendant ? Pourquoi est-ce spirituellement dangereux, comment pouvez-vous être plus dépendant du corps de Christ ?
  4. Qui pouvez-vous inviter à examiner votre cœur ? Avez-vous évité cela dans le passé ? (Rappelez-vous : Il n’y a rien qui puisse être connu, exposé ou révélé à mon sujet qui n’ait déjà été réglé par la personne et l’œuvre de Jésus).
  5. Comment pouvez-vous mieux observer le mandat d’Hébreux 13:17 – « Obéissez à vos conducteurs et soumettez-vous à eux, car ils veillent sur votre âme en hommes qui devront rendre des comptes ». Avez-vous caché aux autres les luttes de votre âme ?

 

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