Les promesses faites au chrétien sont positives, elles recevront leur accomplissement dans le ciel

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À Lady Kenmure

Madame,

Après vous avoir souhaité grâce et miséricorde de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ notre Seigneur, je désire infiniment avoir des nouvelles de votre seigneurie. Je n’ai point oublié de présenter vos besoins devant Celui qui peut dès à présent vous garder sans souillure et joyeuse devant sa face. Ce que je Lui demande par-dessus tout, c’est de vous accorder la vie qui est dans l’amour du Sauveur, de ce suprême ami des âmes. Ah ! Madame, « si vous l’aimez, vous garderez ses commandements », et ce n’en est pas un des moindres que de placer joyeusement sa tête sous le joug de Jésus-Christ. Je ne mets pas en doute que votre première pensée, en recevant l’alliance que le Seigneur a traitée avec vous, n’ait été de le suivre à condition que, soutenue par sa grâce, vous puissiez comme un soldat de Christ supporter l’affliction et les misères de ce monde. Ils ne sont pas dignes de Jésus, ceux qui ne veulent rien supporter pour l’amour de leur Maître. Lorsque notre glorieux Rédempteur vint traiter alliance entre Dieu et nous, Dieu le menaça et sévit contre lui ; le monde pécheur le battit de verges et le crucifia. Cependant, et grâces lui en soient rendues, Il supporta les injures de tous et ne quitta le champ de bataille qu’après avoir conclu un traité de paix entre les deux parties.

J’imagine que vos souffrances ressemblent à celles de votre Sauveur, mais incomparablement moins vives ; elles sont de celles qui « blessent au talon » seulement et sont loin de la tête. Mais votre vie « est cachée avec Christ en Dieu » (Col 3.3). Et qui pourrait vous l’ôter ? Notre Seigneur nous conduit par la main comme un père ses plus jeunes enfants : il éloigne ses bijoux des petits bras qui s’en saisiraient et les perdraient bientôt. Ainsi agit notre Seigneur. Quant à notre vie spirituelle, Jésus-Christ et le coffre haut, élevé, dans lequel Il a caché nos vies. Nous, enfants, nos bras ne peuvent y atteindre et nous ne pouvons perdre notre vie. Elle est dans la main de Christ. Oh ! Puissent- elles être longtemps gardées par notre Seigneur ! Heureux ceux qui peuvent, avec l’Apôtre, remettre leur âme à Jésus, persuadés qu’Il est puissant pour garder ce dépôt (2 Ti 1.12). Or donc, Madame, tant que la vie actuelle n’est pas atteinte, toutes les autres blessures ne sont que légères (Ge 3.15), bientôt vous serez guérie. Vous savez que les rois ont dans leurs palais des serviteurs qui ne reçoivent pas de gages, mais vivent dans l’espérance d’en obtenir. Il en est de même des serviteurs du Roi de gloire : ils ne reçoivent rien à cette heure, sauf la pesante croix de Christ avec ses inquiétudes au dehors et ses troubles au-dedans ; mais ils vivent au sein de leur espérance. Ne vaut-il pas mieux qu’il en soit ainsi, que de recevoir sa portion dans cette vie et son héritage dans ce monde. Dieu veuille me pardonner de nommer « héritage » ce qui n’est que le bail d’une ferme et la fin de toutes ces paroles : « Vous avez reçu ce qui vous revenait, vous n’aurez rien de plus. » Hélas ? Qu’ont-ils reçu ? La part du mauvais riche (Lu 16), serait-ce le ciel du Seigneur ? « Il se traitait bien et magnifiquement tous les jours, » dit-Il. Et quoi encore ? « Il était vêtu de fin lin et de pourpre. » Est-ce tout ? Je me persuade, Madame, que vous êtes joyeuse en songeant qu’une meilleure part que tout cela est préparée à votre âme. Vous avez joui de peu en cette vie, il est vrai, mais vous n’en avez que plus à attendre dans l’autre… Que dis-je, vous avez tout à espérer, car, sauf les premiers fruits qu’à peine vous avez goûtés et les premiers témoignages d’amour de Celui que vous aimiez, vous n’avez plus rien obtenu.

Lettres aux chrétiens affligés
Samuel Rutherford
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Lettres aux chrétiens affligés
Samuel Rutherford
Impact Héritage. 204 pages. 14,90 €.

Samuel Rutherford a composé un grand nombre d’ouvrages presque tous oubliés aujourd’hui. À l’image de son contemporain John Bunyan, il a rédigé ses plus grands écrits alors qu’il était persécuté pour avoir annoncé l’Évangile. C’est en exil que ce théologien écossais a écrit la plupart de ses lettres les plus célèbres. Celles-ci étaient si appréciées par leurs destinataires qu’elles furent rapidement rassemblées après sa mort.

Cette édition abrégée de la collection classique réunit cinquante-sept lettres de Samuel Rutherford destinées à des chrétiens qui souffrent. Écrite dans le style imagé et vigoureux des théologiens de ce temps-là, cette série de lettres est considérée comme la plus remarquable que la littérature des Églises réformées puisse compter. Elles sont regardées aujourd’hui comme d’excellentes ressources pour édifier et consoler les chrétiens. Les responsables d’Église et les chrétiens les plus humbles seront fortifiés par la lecture de ces lettres.

Je ne puis dire ce qui arrivera maintenant. Cependant, pour parler selon le Seigneur, les fondations de la cité sont en or pur comme le cristal ; les douze portes sont en pierres précieuses. L’eau de la vie, comme un fleuve, sort du trône de Dieu et de l’Agneau, il arrose des vergers où naît l’arbre qui porte chaque mois douze sortes de fruits. La cité n’a pas besoin de la lumière du soleil, ni de la lune, ni des étoiles, car elle est éclairée par le Seigneur éternel et tout-puissant et par l’Agneau. Croyez et espérez en ces choses, en attendant que vous puissiez les voir et en jouir. Jésus vous dit : « Venez et voyez. » Il traverse le monde en gagnant des âmes ; aujourd’hui encore Il vous dit : voulez-vous venir à moi ? Mon Père vous recevra et vous fera place, « car il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. » Consentez à le suivre, Madame.

Je finis en vous recommandant aux plus tendres miséricordes de Dieu.

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