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Voilà pourquoi je prends ma retraite à bras-le-corps

Depuis quelques semaines, je suis retraitée d’un emploi qui m’occupait bien plus qu’un temps plein. J’ai été endocrinologue durant des décennies, d’abord dans le New Jersey puis à Saint-Domingue.

Quand je disais aux gens que j’allais prendre ma retraite, je trouvais intéressant d’entendre leurs réactions assez similaires : « Oh, génial, ­tu vas avoir plus de temps pour te détendre ». « Maintenant, ton emploi du temps sera moins chargé ». « Enfin, tu vas pouvoir ralentir ».

Dans un certain sens, ils ont raison. Mon corps vieillit. Au fil du temps, je vais me déplacer de plus en plus lentement. Mais pour l’instant, je suis encore active. Et tous ces commentaires m’ont poussée à réévaluer ma conception du travail, de la retraite et de l’enseignement biblique.

Exemples bibliques et directives

J’ai d’abord considéré des exemples bibliques. L’apôtre Jean écrivait -­ y compris des livres de la Bible ­- alors qu’il avait dans les 90 ans. Moïse était âgé de 80 ans quand le Seigneur l’a utilisé pour libérer les Juifs et entreprendre un voyage qui a duré encore 40 ans. Daniel avait environ 80 ans quand il fut jeté dans la fosse aux lions. Anne et Siméon n’ont jamais quitté le temple, même durant leurs vieux jours­ et, en réponse à leur obéissance, le Seigneur leur a permis de reconnaître le Messie.

D’autres saints ont suivi leur exemple. Polycarpe, un évêque chrétien de Smyrne du premier siècle, a attesté avoir servi le Seigneur « 86 ans » alors qu’il était martyrisé. Même au cours de ces dernières années, nous avons vu de nombreux dirigeants chrétiens continuer à travailler malgré l’âge d’or­, comme John Piper et Joni Eareckson Tada.

Mais il s’agit peut-être là de cas inhabituels. Après tout, je ne suis ni un apôtre ni un martyr. Les gens normaux sont-ils censés continuer à travailler une fois à la retraite ? Qu’en dit la Bible ?

Après tout, je ne suis ni un apôtre ni un martyr. Les gens normaux sont-ils censés continuer à travailler une fois à la retraite ?

Bien qu’il existe plusieurs principes qui pourraient s’appliquer à cette phase de vie, le seul passage que j’ai trouvé qui parle spécifiquement de la retraite est Nombres 8:23–26. Le Seigneur dit à Moïse que les Lévites devaient commencer leur service à la tente de la rencontre à l’âge de 25 ans. À 50 ans, ils devaient se retirer (prendre leur retraite), mais le verset 26 clarifie cette phrase : « Il (le Lévite retraité) aidera ses frères dans la tente de la rencontre pour garder ce qui est confié à leur responsabilité, mais il ne fera plus de service ».

Qu’est-ce que cela nous apprend ? Les Lévites continuaient à travailler,­ mais leur rôle était différent. Au lieu d’effectuer des travaux pénibles, ils supervisaient ou dirigeaient. Ils utilisaient leurs connaissances, leur expérience, leur sagesse et leur discernement, qu’ils devaient avoir acquis au fil des ans, pour guider la génération suivante. Leur responsabilité professionnelle n’avait pas pris fin, elle avait simplement changé.

L’apôtre Paul est un autre exemple de cette évolution. Pendant ses voyages il évangélisait et implantait des églises. Quand il fut emprisonné, il a continué à évangéliser, mais à des groupes de personnes différents, comme les gardes du prétoire (Phil. 1:12–13). Mais il a aussi formé des disciples dans les églises au moyen de ses écrits. Paul a bien compris ce que disait Jean-Baptiste : « Il faut qu’il grandisse et que moi, je diminue » (Jean 3:30). À chaque stade de sa vie, il voulait obéir aux directives du Seigneur.

Une compréhension biblique du travail

Le monde va vous dire que la retraite est faite pour cesser tout travail et, enfin, faire les choses que vous avez toujours voulu faire -­ voyager, lire ou vous prélasser. Ces idées ne sont pas mauvaises. Mais le désir de s’éloigner complètement du travail repose sur un malentendu.

Dieu a institué le travail avant la chute. Bien que nos tâches soient souvent rendues difficiles ou pénibles à cause du péché, le travail est ­- et a toujours été ­- bon et utile. Un travail bien fait nous apporte joie et satisfaction. Nous pouvons jouir du processus aussi bien que des récompenses. Se perdre dans une tâche, relever un défi ou créer quelque chose de nouveau nous apporte une joie qui honore Dieu.

Le désir de s’éloigner complètement du travail repose sur un malentendu.

Même si nous prenons notre retraite professionnelle, nous ne devrions jamais cesser de servir le Seigneur. En tant que médecin pendant plus de 40 ans, j’ai été en contact avec la maladie, la douleur et la mort. J’ai pu aider les gens à faire face aux conséquences de la chute. Ce fut une expérience exaltante de contribuer non seulement à la guérison ou à la gestion des maladies, mais aussi d’aider de nombreuses personnes à faire face à la mort et à l’accepter. J’ai eu l’occasion de parler du Seigneur avec des personnes en souffrance, instables et se questionnant sur la raison de leurs épreuves. Le Saint-Esprit a ouvert les yeux de beaucoup, me permettant de voir le Dieu de paix écraser Satan sous nos pieds (Rom. 16:20).

Alors que j’arrivais au bout de mon chemin en tant que médecin, j’ai entrevu une possibilité accrue  de travailler pour le Seigneur dans le ministère au sein de l’église, en formant d’autres personnes à combattre le bon combat. Bien que le travail soit différent, il est toujours bon.

Le travail pendant la retraite

Nous qui sommes retraités avons une mission à accomplir -­ abandonner les identités professionnelles que nous avons passé des années à bâtir et, à la place, nourrir et fortifier nos identités éternelles. Pour bien des personnes, les carrières professionnelles ont été des idoles que nous avons combattues pendant des générations. La retraite est le moment de les détruire enfin et d’embrasser pleinement notre identité d’enfant de Dieu. Il ne s’agit pas d’un amoindrissement de ce que nous sommes, mais plutôt d’une compréhension plus complète et plus libérée de nous-même.

Apocalypse 22:3 nous informe que dans la nouvelle Jérusalem, nous servirons l’Agneau qui est assis sur le trône. Faisons-le dès maintenant, en vénérant et en adorant celui qui est digne de recevoir bien plus que ce que nous ne pourrions jamais donner, dans toutes les occasions qu’il place devant nous.

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