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Mon corps défaillant (et le corps de Jésus)

C’était un mois de juillet difficile. Je fus hospitalisé deux fois, de manière inattendue, et j’ai dû subir des interventions médicales de toutes sortes : urgences, soins intensifs et hospitalisations régulières. Non, pas pour la raison à laquelle vous vous attendez. En fait, j’ai été testé négatif au COVID-19, à deux reprises.

Je n’ai jamais essayé de cacher mon âge, mais je me suis récemment vanté par écrit que puisque je suis maintenant un vieux monsieur, j’aimerais être un vieux monsieur vif. Je surveille mon poids (en quelque sorte), je fais de l’exercice (en général), et je fais de mon mieux pour maintenir mon énergie et ma vigueur., À mi-chemin de ma huitième décennie de vie, il est vrai que j’ai largement dépassé l’espérance de vie biblique de soixante-dix ans. Pourtant, dans l’ensemble, j’ai été en bonne santé pour un homme de mon âge.

Quand j’étais adolescent, un vieux pasteur (beaucoup plus jeune que moi) nous avait impressionnés par son exposition vivante de l’Ecclésiaste 12 – la complainte poétique de la Bible sur les ravages du vieillissement. Nous, les enfants, bien que captivés par son spectacle, ne pouvions pas vraiment imaginer que nos corps jeunes et vigoureux souffraient de déclin et de décrépitude : membres tremblants, dents qui tombent, voix qui s’éteignent. Et bien sûr, le « désir défaillant » était impensable pour les adolescents rendus fous par les hormones. Mais le pasteur était persuasif, et la Bible convaincante ; alors, nous l’avons cru. En théorie.

Quand la mortalité devient réelle

Avance rapide jusqu’au 8 juillet de cette année. J’ai subi une biopsie de routine de ma prostate – une procédure importante, mais pas du tout inhabituelle pour un homme de mon âge. Malgré les précautions prises, je fais partie des 2 % de personnes qui, ayant subi une biopsie, ont souffert d’une infection postopératoire. C’était un cas assez grave ; assez pour que je n’aie aucun souvenir de mon fils qui m’a emmené à l’hôpital, ni de mes premières heures aux urgences. Je vous passe les détails, mais subir une infection des régions inférieures – et ses conséquences – impressionne et rend conscient de la complexité du corps humain – et même de sa plomberie. Une créature si merveilleuse, en effet. (Ps. 139. 14)

Environ quatre jours plus tard, j’étais chez moi, et une semaine plus tard, j’étais de retour à la normale, avec tous les systèmes pleinement fonctionnels. C’est du moins ce que je pensais.

Mes impressions étaient prématurées. Des caillots de sang s’étaient formés dans mon corps, qui se sont soudainement détachés et se sont installés au niveau des bronches. En effectuant de simples tâches ménagères, j’étais calamiteusement essoufflé, la tête en mouvement et le cœur battant. Je me suis couché par terre et j’ai crié à ma femme d’appeler le 15. Quelques minutes plus tard, le SAMU était à ma porte, qu’ils ont commencé à forcer, parce qu’ils ne pouvaient pas accéder à nos clés.

Je vous épargnerai les détails, si ce n’est que mes signes vitaux étaient à un niveau précaire : mon cœur et mes poumons ne pouvaient plus supporter la vie dans ces conditions. Heureusement, de puissants anticoagulants ont rapidement soulagé la crise immédiate et, quelque quatre jours plus tard, il m’a été permis de rentrer à nouveau chez moi. Aujourd’hui, avec l’aide d’une équipe de spécialistes compétents, supervisée par mon médecin diligent et perspicace, je retrouve peu à peu mon statut de vieux monsieur vif.

Le miracle des miracles

Des années en arrière, à l’adolescence, je savais déjà que je ne serai pas éternel. Les paroles de l’Ecclésiaste 12 ne m’ont pas laissé oublier :

« Mais souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse… avant que le cordon d’argent se détache, que le vase d’or se brise, que le seau se rompe sur la source, et que la roue se casse sur la citerne ; avant que la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et que l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné. Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, tout est vanité. » (Ecclés. 12.1, 6-8)

Aucun d’entre nous ne vit éternellement. Mais ce que j’ai ramené de l’hôpital cette fois-ci, c’est la conscience profonde, et pourtant humble, que Dieu nous a tellement aimés qu’il est entré dans la faiblesse de la chair humaine pour nous racheter.

Jésus, dès l’instant de sa conception, a pris en charge notre frêle infirmité et a porté notre douleur humaine dans son propre corps pour nous délivrer de l’emprise du péché, de la mort et de l’enfer (Ésaïe 53. 4). Le mystère de la foi que nous professons est, en effet, bouleversant : non seulement, il a été enlevé dans la gloire, cru dans le monde, proclamé parmi les nations, vu des anges et justifié par l’Esprit, mais aussi – merveille des merveilles – manifesté en chair. (1 Tim. 3. 16).

Que cela soit bien clair. Le Fils éternel de Dieu est apparu ici, dans le temps, dans un corps humain. Comme vous, Jésus a été tissé dans le sein de sa mère. Cœur, poumons, système nerveux, intestins, reins. Chaque aspect de la physiologie masculine était le sien – et dans ce même corps humain, il portait les péchés de l’humanité, afin de nous ramener à Dieu. « Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité » (Col. 2.9). Par sa mort sacrificielle et par son sang saint et précieux, il a racheté l’humanité afin qu’un jour prochain, toute femme, tout homme et tout enfant qui croit en lui participe à son triomphe éternel. Ressuscité de la mort, il transformera nos corps humbles (lisez : en déclin et en décomposition) pour qu’ils soient comme son propre corps glorieux. (Phil. 3.21)

Dieu a fait votre corps. C’est le seul que vous avez – alors, prenez-en bien soin. Mais laissez votre corps, dans sa fragilité, amener votre cœur à la sagesse en contemplant l’émerveillement d’un Sauveur qui s’abaisserait suffisamment pour prendre un corps comme le vôtre, pour vous rendre semblable à lui dans sa résurrection.

« Écoutons la fin du discours : Crains Dieu et observe ses commandements. C’est là ce que doit faire tout homme. Car Dieu amènera toute œuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal. » (Ecclés. 12. 13-14)

Il vaut notre peur, notre amour, notre confiance. Donnons-lui.

Note de l'éditeur : 

Traduit de On My Failing Flesh (and the Flesh of Jesus)

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