L’Évangile jusqu’au bout de nos manches

Lorsque j'ai commencé à enseigner la « théologie du vêtement » dans ma classe d’école du dimanche, j'ai commis deux erreurs. La première était fondamentale : je n'ai pas commencé par l'Évangile. La deuxième était de même catégorie : j’ai considéré que le sujet de la décence ne concernait que les femmes. C'était involontaire parce que je n'avais que des jeunes filles dans mon cours cette année-là.

Cinq ans plus tard, si je devais aborder cet enseignement, je le ferais d’une manière très différente.

Ce dont notre cœur est plein

J'ai grandi dans un pays musulman où les vêtements incarnent la foi. Les gens portaient littéralement leur religion sur leurs vêtements. Les femmes musulmanes n’étaient autorisées à n’exposer que leurs mains et leur visage ; même les hommes musulmans suivaient un code vestimentaire strict. Bien que la foi soit généralement considérée comme une affaire privée en Occident, ce que nous choisissons de porter communique aux autres ce que nous sommes et ce que nous aimons.

Nos vêtements expriment ce dont notre cœur est plein.

Comme notre Seigneur Jésus l'a déclaré, ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme. Ce qui souille une personne, dit-il, vient du cœur (Matthieu 15.10-19). Ainsi, ce n'est pas ce que je mets sur mon corps qui me souille, mais mon cœur rebelle. En eux-mêmes, le coton et le polyester, le cuir et la fourrure ne peuvent pas me rendre juste ou injuste.

Le péché et l'idolâtrie proviennent de mon cœur. Mon cœur souillé désire des vêtements pour mon propre confort, pour ma gloire, pour mon honneur, pour ma réputation. Je peux être couvert de la tête aux pieds et pourtant être souillé. Je peux porter des vêtements fabriqués localement, issus du commerce équitable, recyclés – et pourtant être souillé. Des robes décentes peuvent être colorées de fierté et de propre justice. La mode qui se veut bon marché et écolo peut en réalité dégager l'odeur nauséabonde de la cupidité et de la jalousie.

L'instruction du Seigneur à l'égard de notre habillement va au-delà ce que nous portons. Il se penche sur les désirs et les intentions de nos cœurs. Par conséquent, mettre en pratique une compréhension biblique du vêtement ne commence pas par nos habits, mais par la raison pour laquelle nous les portons.

Nous sommes tous des impudiques

Adam et Ève marchaient avec Dieu en Eden, nus et sans honte. Ils n'avaient rien à prouver, rien à cacher. Le serpent leur mentit et dit que leurs yeux s’ouvriraient s'ils goûtaient le fruit de l'arbre défendu. Ils crurent le serpent, et ils en mangèrent. Leurs yeux s’ouvrirent en effet – au point d'en mourir.

Sans Dieu, ils étaient nus, exposés, et honteux. L'impudeur était le résultat de leur mort, de leur séparation d'avec Dieu.

Sans Dieu, je suis nu, exposé, et honteux ; je suis impudique. Mes vêtements me rappellent que je ne suis pas qui je devrais être. J'ai constamment quelque chose à prouver, quelque chose à cacher. Comme le dit l'auteur d'un cantique, je ne peux que prier : “Nu, je viens à toi pour être revêt; impuissant, je me tourne vers toi pour obtenir ta grâce; fautif, je cours à la source; lave-moi, Sauveur, ou je meurs. “

Le vêtement de la miséricorde

Dans sa miséricorde, Dieu a revêtu ses enfants rebelles. Alors qu'ils tentaient de se cacher, Adam et Ève ont cousu des feuilles de figuier et se sont confectionné des pagnes. Mais ces feuilles de figuier ne suffisaient pas. Même dans leur état impénitent, Dieu leur a montré sa grâce. Il a façonné pour eux des habits de peau et les en a couverts (Genèse 3:21). Dans la parabole de Jésus à propos du fils prodigue, nous entendons un écho de l'amour et de la miséricorde du Père. Lorsque son fils rebelle est revenu à la maison, le père l’a revêtu de la plus belle robe, mettant un anneau à son doigt et des souliers à ses pieds.

Mes vêtements me rappellent la miséricorde de Dieu envers moi. Je méprisais son règne et recherchais ma propre gloire. J'essayais de couvrir ma culpabilité, mais mon effort le plus intense n'était rien de plus que des feuilles de figuier. La justice que je me suis fabriquée n’était qu’un chiffon sale (Ésaïe 64.6). Pourtant, quand il m'a vu, mon Père a sorti sa plus belle robe. J'étais un mendiant à sa porte et il m'a revêtu. J'étais nu et il m'a couvert.

Parfaitement revêtu

Jésus-Christ est celui qui me couvre parfaitement. Christ a pris un corps de chair et a habité parmi nous. Il a payé le prix pour mon péché ; il est mort à ma place. Caché en Christ, je deviens vraiment décent. Je suis décent, non grâce à mes vêtements, mais parce que le Christ m'entoure, par devant et par derrière (Psaume 139.5). Je ne suis plus nu et je n'ai plus honte.

Je suis appelé à revêtir Christ, mon armure de lumière (Romains 13.12-14; Galates 3.27). Christ est le casque du salut, la cuirasse de justice, la ceinture de vérité. Christ équipe mes pieds de chaussures ; il me prépare à annoncer l'Évangile de la paix. Christ est mon bouclier. Christ me donne l'épée de l'Esprit, sa Parole vivante (Ephésiens 6.10-20). J'attends son vêtement de lin, pur et lumineux (Apocalypse 19: 8), lorsque mon état mortel sera remplacépar l’habit de la vie éternelle, où je serai à la maison avec le Seigneur (2 Corinthiens 5.4).

L'impudeur est le début de la raison pour laquelle nous portons des vêtements, etChrist en est la fin. Nous mettons nos vêtements en souvenir de lui.

Rien à prouver, rien à cacher

Par la foi, Jésus-Christ rend justes nos cœurs souillés. Les habits que nous portons sont donc une réponse au pardon de Dieu, et non pas un moyen de l'obtenir. Nos vêtements symbolisent notre réponse à l'Évangile, ils expriment notre adoration.

C'est sur ce point que mon cours biblique avait mal tourné. En dehors de l'Évangile, aucun véritable changement ne peut se produire parce que tout changement véritable commence par le cœur. Si nous ne comprenons pas la honte de notre nudité, la grandeur de la miséricorde de Dieu, la perfection de la mort de Christ à notre place, les enseignements sur les vêtements et la décence ne peuvent que conduire à l'amour-propre, et non à la piété.

Nos vêtements expriment ce dont notre cœur est plein.

Si j'avais encouragé les autres à s'habiller décemment pour « attirer le bon type de garçon ou de fille », je leur aurais appris à s'habiller pour eux-mêmes, à se vêtir pour attirer l'attention et l'affection des autres. Si je les avais encouragés à s'habiller décemment principalement pour « ne pas être une occasion de chute », je leur aurais enseigné que nous nous habillons pour les autres et non pour Dieu. Mais dans notre préoccupation de la convoitise des autres, nous négligeons de nous repentir de notre propre justice, jalousie, rancune, et de toute autre forme de péché d'auto-glorification et d'auto-satisfaction. Sans Christ, notre péché nous aurait détruits. L'Évangile garde nos cœurs pour les moments où nous nous sentons parfaitement justes sur la façon dont nous nous habillons. L'Évangile expose notre fierté, nous rappelant le travail incessant de la repentance et notre constant besoin de grâce.

J'aurais dû aussi expliquer que la décence ne concerne pas uniquement les femmes. Tous les enfants de Dieu doivent évaluer leurs désirs et leurs intentions en ce qui concerne leurs vêtements. Nous étions tous impudiques. Adam et Ève ont mangé le fruit défendu, et ils se sont tous les deux rendu compte qu'ils étaient nus. Le Père, dans sa miséricorde, a revêtu tous ses enfants, hommes et femmes, par le sacrifice parfait de son Fils bien-aimé. La décence est un problème de cœur qui affecte les hommes autant que les femmes.

Encore une fois, si l'impudeur est le début de la raison pour laquelle nous portons des vêtements, Christ en est la fin. Nous nous habillons sans avoir quoi que ce soit à prouver, ni rien à cacher. Quand nos vêtements sont beaux, que leur beauté honore Christ. Quand nos vêtements sont confortables et nous protègent, qu'ils nous permettent de travailler pour Christ. Lorsque nos vêtements sont des moyens de nous exprimer, que nous proclamions Christ dans sa beauté, dans sa vérité, sans compromis. Non pas parce que nous y sommes contraints, mais parce que nous aimons le privilège de répondre à l'Èvangile en adorant Christ, même dans ce que nous portons.


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