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Au cours des derniers mois, deux athées ont beaucoup fait parler d’eux. Le premier est scientifique anglais, le deuxième est philosophe français. Leurs noms ? Richard Dawkins et Michel Onfray. Vous connaissez probablement le nom du deuxième. En ce moment, il est partout : il publie des livres plus rapidement que moi, des articles de blog, et il est sans cesse invité sur les plateaux télé. C’est sans compter ses interviews dans les journaux et les magazines. Richard Dawkins est un nom que vous connaissez peut-être. C’est l’un de ceux qui ont été appelés les « Quatre cavaliers » du Nouvel athéisme, une forme vocale et militante d’un athéisme principalement scientifique. Dawkins a dénoncé la foi chrétienne à chaque occasion et a participé à de nombreux débats avec des théologiens, philosophes, ou scientifiques chrétiens. L’un de ses débats les plus intéressants fut avec John Lennox, apologète et mathématicien anglais.

Il y a une chose qui ne fait aucun doute : Onfray et Dawkins ne sont pas chrétiens, ils n’ont pas la foi, et ils ne la demandent pas ! Une autre chose ne fait aucun doute : s’ils refusent la foi en Christ, ils sont preneurs de cette société qui s’est construite à travers la vie et l’actions des chrétiens.

La militance des chrétiens culturels

Onfray et Dawkins sont des chrétiens culturels. Ou plutôt, ce sont des personnes qui se réjouissent que leur société et leur culture ait été façonnées par les vertus et les convictions des chrétiens. Bien sûr, aucun des deux ne prendrait les croisades ou d’autres dérives socio-politiques qui parsèment la longue histoire du christianisme occidental. Tous les deux reconnaissent volontiers que le monde dans lequel nous vivons a été profondément transformé par ceux qui ont cru en ce Christ.

Que ce Jésus ait existé, soit mort et ressuscité ne compte peut-être pas beaucoup. Ce qui compte vraiment, c’est que nous vivions dans une société qui préserve la dignité du corps, qui s’oppose au marchandage absolu, qui valorise les vertus et l’altruisme. Ce qui compte, c’est que la société soit animée et nourrisse la compassion, la paix, l’amour. Et surtout, que cela nous évite une société islamisée (il faut bien le reconnaître : derrière leurs discours civilisationnels, il y a la crainte d’une autre civilisation).

Avec Onfray et Dawkins, la foi en une personne, Jésus, le Dieu fait Homme, le Vivant, est réduite à ses expressions éthiques et sociales. C’est peut-être déjà bien. Cela dépend de ce que nous espérons. Si nous espérons d’abord en une meilleure société, alors oui, c’est un énorme pas ! Si nous espérons en une transformation radicale qui ne se fait que par la foi vivante en Jésus, c’est tout à fait insuffisant.

Une société transformée par le vide

Vouloir préserver, et même redresser, une société qui a été nourrie par une foi vivante en Jésus n’est pas mauvais. Je préfère vivre dans une société dans laquelle je peux vivre ma foi, une société qui respecte tous les êtres humains, même ceux qui ne sont pas encore nés. Je préfère vivre dans une société qui permette à tous les chrétiens d’évangéliser et d’implanter de nouvelles églises ! Mais cela ne suffit pas, car la motivation du chrétien est de voir la gloire et l’amour de Dieu se multiplier sur toute la terre.

D’ailleurs, la foi peut aussi toucher Onfray et Dawkins ! Ils ne sont pas hors de la portée de la grâce, mais ils doivent rencontrer des témoins. Que leur dire ? Et que dire à tous les autres qui sont comme eux ?

Premièrement : écoutons. Écoutons leurs soucis, écoutons leurs espoirs, leurs craintes, leurs peurs. Vivons la compassion du Christ.

Deuxièmement : questionnons. D’où est venue cette « culture chrétienne » dont se réjouissent Onfray et Dawkins ? Pourquoi les premiers témoins ont-ils voulu vivre autrement ? Est-ce que Pierre s’est levé un matin, en plein stress post-traumatique, et s’est dit : « Allez, on ne se laisse pas abattre ! Lançons une nouvelle société ! » Jean, en se rasant dans le Jourdain, a-t-il voulu changer le monde ? Et les autres, tous les autres disciples, ceux qui sont nommés, et les autres ? Qu’ont-ils voulu faire, ces hommes et ces femmes qui ont cru en ces paroles vivantes du Dieu crucifié ? Je ne sais pas quelle réponse donneraient Onfray et Dawkins, mais il n’y en a qu’une : les premiers croyants avaient foi en une personne historique, Jésus-Christ.

C’est la compassion de Dieu qui change le monde en transformant les cœurs, en nous donnant un nouveau Seigneur.

Troisièmement : affirmons. Les premiers chrétiens ont vécu une vie autre parce qu’ils croyaient que quelque chose de radical avait marqué le monde, l’histoire et donc… leur société humaine. Dieu, le Dieu créateur, le Dieu d’Israël et de la terre entière, était venu marcher, manger, pleurer, mourir. Ils ont cru qu’il était revenu de la mort, assurant un pardon et une vie nouvelle. Sans cette radicalité de la résurrection, pas de communauté chrétienne. Sans communauté chrétienne, pas de nouvelle manière d’être humain. Sans un cœur nouveau, pas de vertus nouvelles. Sans une vie nouvelle, pas de société nouvelle. Ils ont cru au Fils de Dieu. Pourquoi Dieu a-t-il désiré cette venue de son Fils ? C’est « parce qu’il a tant aimé le monde », dit le texte évangélique bien connu. C’est la compassion de Dieu qui change le monde en transformant les cœurs, en nous donnant un nouveau Seigneur.

Quatrièmement : prions. Je ne sais pas ce que diront nos deux athées dans cinq ou dix ans. Peut-être que l’année prochaine Onfray annoncera qu’il est devenu chrétien. Et pas simplement un chrétien sociologique, mais qu’il croit en Jésus-Christ, vrai Homme et vrai Dieu, mort et ressuscité. Dawkins deviendra peut-être ancien de son église !

La grâce de Dieu transforme le monde en se saisissant de ceux qui étaient les plus opposés à Dieu. Si Jésus s’est emparé du cœur de Saul de Tarse, il peut prendre celui de Richard Dawkins. Et celui de Michel Onfray. Donc, prions.

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