L’archéologie peut-elle prouver la Bible ? Bien des chrétiens considèrent que oui, et se réjouissent de certaines découvertes qui semblent confirmer que la Bible dit vrai, ou alors ils investissent beaucoup d’espoir en ce sens et scrutent les dernières trouvailles archéologiques, persuadés qu’on y trouvera confirmation indiscutable de la véracité du texte biblique !
A l’inverse, on peut également se demander si l’archéologie peut prouver que la Bible se trompe ? Bien des non chrétiens en sont également persuadés et investissent les mêmes espoirs, bien que contraires à ceux des chrétiens, dans les dernières trouvailles archéologiques, ou alors affirment que certaines découvertes vont déjà dans le sens d’une remise en question indiscutable de la fiabilité du texte biblique !
Toutes deux, Bible et archéologie cristallisent donc les passions, et le rapport entre les deux encore plus. Mais quels rapports peut-on envisager entre Bible et archéologie ? Que peut-on réellement attendre de l’archéologie ? La rédaction de cette vidéo se base principalement sur les travaux du spécialiste Matthieu Richelle, et plus particulièrement son ouvrage « La Bible et l’archéologie ».
En réalité, l’archéologie est une science fort utile, mais très limitée, ce qui ne lui permet ni de prouver le texte biblique ni de l’infirmer. Quand on considère ce que peut réellement l’archéologie, on ne peut avoir que des attentes bien plus modestes, ce qui n’en demeure pas moins intéressant !
L’archéologie est en effet confrontée à un certain nombre de limites inhérentes à sa nature. Outre les difficultés liées à l’identification du site fouillé, ou encore de sa datation, lesquelles sont bien souvent incertaines et imprécises, s’ajoutent les difficultés de déchiffrement de textes souvent peu lisibles, fragmentaires, ou encore de leur interprétation, ce qui est d’autant plus vrai pour les langues sémitiques qui ne laissent apparaître que les consonnes, ce qui ouvre parfois à plusieurs lectures. L’archéologue doit encore réussir à faire le tri dans ses trouvailles en parvenant notamment à identifier les faux.
L’archéologie, qui est une science s’appuyant notamment sur des fouilles doit encore composer avec des sites en ruines, détruits depuis longtemps par les hommes ou par l’érosion. Les fouilles sont lentes et les sites fouillés ne le sont jamais en totalité. Au contraire, les fouilles se concentrent généralement seulement sur une partie minime (pour des raisons financières, pratiques ou religieuses). Ainsi, parfois des bâtiments religieux ou des villes modernes sont construits par-dessus des sites, ce qui en empêchent la fouille.
Que peut donc l’archéologie ? De par sa nature, l’archéologie permet de mettre à jour l’architecture de bâtiments d’époque. On a ainsi retrouvé plusieurs palais, mais aussi des temples avec leurs autels, leur haut-lieu, ou encore des remparts et des habitats communs. Les découvertes archéologiques nous renseignent également sur la vie quotidienne des Israélites. L’archéobotanique ou la paléozoologie peuvent nous indiquer les sortes de menus qu’ils pouvaient se confectionner ou l’usage qu’ils pouvaient faire des animaux domestiques. La présence de bâtiments imposants ou d’os d’animaux peut également nous renseigner sur le niveau de vie des populations. La vie religieuse est pareillement renseignée par l’archéologie et la découverte de temples, d’autels, d’ustensiles de prêtres ou de statuettes. Les trouvailles archéologiques peuvent encore nous informer sur les relations commerciales internationales. Ainsi, les découvertes archéologiques peuvent permettent d’illustrer divers récits bibliques et de mieux comprendre le quotidien des personnages de la Bible. En revanche, l’archéologie peut difficilement fournir des informations sur des événements historiques. En effet, les événements qui laissent des traces matérielles sont surtout des destructions.
De plus, il faut garder en tête que les corrélations entre une découverte et un élément (biblique ou autre) sont toujours possibles mais rarement prouvées. En effet, quand on rapproche un fait archéologique d’un récit biblique, on rapproche bien plutôt deux interprétations que deux faits bruts.
En conclusion, on ne peut pas réellement attendre de l’archéologie qu’elle prouve indiscutablement que la Bible dit vrai ou faux, mais on peut néanmoins attendre des découvertes archéologiques qu’elles confirment certains éléments du texte, nous en verrons des exemples dans de prochaines vidéos, qu’elle mettent en perspective les données bibliques en les comparant aux cultures environnantes, ce qui est souvent riche d’enseignements, ou encore qu’elles illustrent certains propos, ou les complètent.