Le péché trompe.
« Au contraire, encouragez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu’on peut dire ‘Aujourd’hui’, afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse, trompé par le péché. » (Hébreux 3 : 13)
Premièrement, le péché nous rend aveugles à notre propre péché. Souvent, nous ne réalisons pas que ce que nous faisons, ou avons fait, est en fait un péché. Nous n’avons pas trop de mal à pointer le péché dans la vie des autres, mais nous avons tendance à être surpris et froissés quand quelqu’un pointe nos péchés, nos faiblesses ou nos échecs à nous.
Ou bien, nous flirtons avec les limites du péché. La puissance de séduction de la tentation réside dans le fait qu’elle nous distrait par le plaisir afin que nous ne voyions pas le danger moral qu’elle comporte. Genèse 3 en est une parfaite illustration. Le fruit de l’arbre était « agréable à regarder », et le serpent rusé a instillé le doute dans la pensée d’Adam et d’Ève avec ce mensonge : « Dieu a-t-il vraiment dit… ? »
Enfin, une fois commis, le péché ne nous semble plus toujours si mauvais. Même quand nos consciences sont troublées par le fait d’avoir transgressé les règles morales de Dieu, nous les faisons taire à l’aide d’excuses. Nous nous trompons nous-mêmes en essayant de nous convaincre que le mal que nous avons fait n’était en fait pas si terrible et que cela aurait pu être bien pire.
Ou alors, nous refaisons l’histoire et nous redorons un peu notre image. Ou nous nous présentons en victimes du péché des autres (comme dans Genèse 3).
Où cela nous mène-t-il ? Vers une posture très dangereuse du « tout va bien ».
La plupart des gens ont tourné le dos à l’idée d’un absolu moral – la sainteté de Dieu – et se contentent de vivre avec leur propre appréciation de ce qui est bien ou pas. Ils n’ont plus la notion de dépravation morale, ils ne craignent pas Dieu et ne ressentent pas le besoin d’être sauvés par sa grâce.
Ils se gavent du fruit interdit et n’éprouvent ni honte, ni peur. Ils croient qu’ils peuvent être ce qu’ils sont sensés êtres et faire ce qu’ils sont censés faire sans le secours, le pardon et l’aide de Dieu.
Bien qu’ils soient des êtres spirituels, ils n’ont aucune intentionnalité spirituelle dans leur manière de vivre. Dieu n’habite pas leurs pensées et non seulement, sa sainteté n’influence en aucune façon leurs vies, mais elle n’est absolument pas reconnue.
J’aimerais pouvoir dire que cela ne concerne que ceux qui ne sont pas sauvés et qui ne vivent pas une relation personnelle avec le Seigneur. Je dois pourtant être honnête : Paul Tripp pense trop souvent que « tout va bien » dans sa vie.
Et je sais que je ne suis pas le seul.
Nous sommes en danger spirituel quand nous minimisons ou nions la nature inexcusable du péché. Nous foulons aux pieds la sainteté de Dieu quand nous n’avons pas de problème avec les choses que Dieu a en horreur.
C’est seulement lorsque nous nous tenons avec Esaïe devant le trône du Saint des saints et que nous nous émerveillons devant sa sainteté que nous verrons la vraie dépravation de notre péché.
Alors que faire maintenant ? Je vous suggère de vous trouver un endroit où vous pouvez être seul, d’éteindre vos écrans, d’éloigner toutes les sources distractions, de vous mettre à genoux et d’ouvrir vos cœurs à la réalité de votre péché.
Faites-le maintenant si vous le pouvez. Confessez que vous minimisez le péché, que vous avez appris à faire avec et que vous vous arrangez même avec. Confessez que vous le cachez, le niez et lui trouvez des excuses.
Laissez-vous saisir par l’horreur du péché, et pleurez. Pleurez à cause de votre désinvolture, à cause de son pouvoir aveuglant, à cause de l’emprise qu’il a sur vous, et surtout, pleurez parce qu’à chaque fois que vous péchez, vous trahissez votre Seigneur, le Dieu saint.
À la lumière de la sainteté de Dieu, nous ne devrions pas être à l’aise de dire que « tout va bien ». Nous avons besoin de temps en temps de nous déconnecter, de nous isoler et de nous tenir dans la présence de Dieu avec les yeux ouverts et des cœurs prêts à s’agenouiller devant lui. Quand vous vous humiliez devant Dieu, c’est que vous avez compris.
C’est seulement quand vous vous retrouvez face à l’abomination de votre péché et que vous suppliez le Dieu de grâce que celui-ci devient votre seul espoir dans cette vie et celle à venir.
Que Dieu vous bénisse,
Paul David Tripp
Questions de réflexion
Si vous n’avez pas déjà trouvé un endroit où vous pouvez être seul, éteignez vos écrans, éloignez toute source de distraction, mettez-vous à genoux et ouvrez votre cœur pour saisir toute l’horreur de votre péché.
Confessez que vous minimisez le péché, que vous avez appris à vivre avec, et même à vous arranger avec. Confessez que vous l’avez caché, nié, justifié.
Laissez toute l’horreur de votre péché vous secouer et pleurez. Pleurez à cause de votre désinvolture, à cause de son pouvoir aveuglant, à cause de l’emprise qu’il a sur vous, et surtout, pleurez parce qu’à chaque fois que vous péchez, vous trahissez votre Seigneur, le Dieu saint.
Faites-le sans attendre, avant de vaquer à vos occupations quotidiennes.
Puis, plus tard dans la journée, repenchez-vous sur ces quatre questions de réflexion :
- Quand avez-vous pour la dernière fois été surpris quand quelqu’un vous a repris à propos d’un péché, a critiqué votre comportement, ou a exposé un défaut dont vous n’aviez sincèrement pas conscience ? Quelle a été votre réaction ?
- Êtes-vous en ce moment-même en train de flirter avec les limites du péché ? Êtes-vous en train de réduire l’importance de vos péchés à venir pour soulager votre conscience ? Pourquoi ce péché pourrait-il vous sembler moins dangereux qu’il ne l’est ? Qu’est-ce qui vous paraît suffisamment attrayant pour vous dire que pécher en vaudrait finalement « la peine » ?
- Comment essayez-vous en ce moment-même de justifier l’un de vos péchés ? Sur qui ou sur quoi rejetez-vous la responsabilité de vos mauvaises actions ? Pourquoi est-ce si difficile d’accepter que vous ayez failli et péché contre les autres et contre le Seigneur ?
- De quelle manière évaluez-vous vos standards moraux et votre style de vie pour conclure que « tout va bien » ? En d’autres termes, pourquoi pensez-vous que vous n’avez pas besoin d’aide spirituelle ? Soyez précis. Est-ce que vous vous comparez aux autres (qui sont de toute évidence bien plus pécheurs que vous !) pour vous sentir mieux ?
