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Comment comprendre la soumission aux autorités religieuses?

Dans certains milieux chrétiens, la question de la soumission aux autorités revient à chaque nouvelle polémique où un pasteur ou leader chrétien est impliqué. Ceux qui dénoncent se confrontent aux fidèles qui estiment que critiquer c’est faire preuve de rébellion et s’exposer ainsi à la punition de Dieu et aux malédictions qui en découlent. Cela pose l’épineuse question de la soumission aux autorités religieuses. Que veut dire la Bible quand elle parle de soumission? Devons-nous obéissance absolue et allégeance complète à nos pasteurs? Avons-nous le droit de dénoncer les mauvais agissements d’un responsable d’église?

La Bible distingue deux formes d’autorité qui diffèrent par les personnes qui l’exercent, leur rôle et la nature de la soumission qui leur est due.

La soumission aux autorités civiles

« Soyez soumis, à cause du Seigneur, à toute autorité établie parmi les hommes, soit au roi comme souverain, soit aux gouverneurs comme envoyés par lui pour punir les malfaiteurs et pour approuver les gens de bien. […] Honorez tout le monde ; aimez les frères ; craignez Dieu ; honorez le roi. » (1 Pi 2.13-17)

Les autorités civiles, comme les gouvernements ont une autorité qui vient de Dieu pour le maintien de l’ordre social (Rm13.1-4) ; pour punir le mal, protéger les citoyens et défendre le bien commun. Afin d’accomplir cette mission, les autorités civiles disposent de la force pour faire respecter les lois. La soumission est donc externe et relève du domaine terrestre (les impôts, la justice, etc). C’est ainsi que Jésus par exemple, sur la question de l’impôt, précise qu’il faut rendre à César ce qui est à César (Mt 22.21). La Bible va même plus loin: non seulement nous devons nous soumettre aux dirigeants, mais nous devons également prier pour eux (1Ti 2.1-2). La soumission aux autorités civiles vise aussi le témoignage. Nous sommes invités à agir ainsi même quand cela nous coûte pour manifester aux non croyants un style de vie différent afin qu’ils puissent le moment venu rendre gloire à Dieu. (1 Pi 2.12)

Obéir aux autorités civiles ne nous exempte pas de notre soumission au Seigneur.

Cependant, cette autorité est elle-même inférieure à l’autorité de la Parole de Dieu. Ainsi donc, si un État exige quelque chose de contraire à la Parole de Dieu, le chrétien obéit d’abord à Dieu. Obéir aux autorités civiles ne nous exempte pas de notre soumission au Seigneur. Jésus ajoute « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu ».

La soumission aux autorités religieuses

Venons-en au point qui nous préoccupe : la soumission aux autorités religieuses. Cette autorité vient également de Dieu mais elle joue un autre rôle et s’exprime différemment.

« Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte. Qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage. » (Hé 13.17)

« Nous vous prions, frères, d’avoir de la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur et qui vous exhortent. Ayez pour eux beaucoup d’affection à cause de leur œuvre. » (1 Th 5.12-13)

Les responsables religieux ont une autorité qui a pour objectif de conduire spirituellement le peuple de Dieu ; d’enseigner la parole, corriger, protéger et nourrir, le tout en vue d’une croissance spirituelle et l’unité du corps du Christ. L’autorité des responsables religieux ne concerne pas les lois civiles mais la vie d’Église, la discipline et la direction spirituelle. Elle s’exerce donc différemment de celle de l’État :

«Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau.» (1 Pi 5.2-3)

L’autorité exercée par les pasteurs et leaders chrétiens est une autorité de conseil, de service et d’influence.

L’autorité exercée par les pasteurs et leaders chrétiens est une autorité de conseil, de service et d’influence. La réponse est une soumission spirituelle et volontaire, motivée par l’amour et le respect, fondée sur la confiance et la reconnaissance du rôle de berger qui leur a été confié.

Christ est l’exemple parfait de la soumission dans l’Église. Voici ce que l’apôtre Paul demande aux philippiens:

«Que votre attitude soit identique à celle de Jésus-Christ : lui qui est de condition divine, il n’a pas considéré son égalité avec Dieu comme un butin à préserver, mais il s’est dépouillé lui-même en prenant une condition de serviteur…» (Ph 2. 5-8)

Que nous soyons en position de leadership ou pas, nous sommes invités à nous soumettre les uns aux autres.

Que nous soyons en position de leadership ou pas, nous sommes invités à nous soumettre les uns aux autres. La soumission chrétienne est à l’image de Jésus : volontaire, humble et motivée par l’amour. Contrairement à une soumission basée sur la peur ou la coercition comme celle que les autorités civiles peuvent exiger. Elle se fait dans un contexte de soumission mutuelle. «De même, vous qui êtes jeunes, soyez soumis aux anciens. Et tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d’humilité.» (1 Pi 5.5)

Se soumettre avec discernement

L’autorité des responsables religieux est subordonnée à celle de Dieu. La Bible n’enseigne pas une soumission aveugle. Au contraire, elle encourage à discerner avec prudence l’enseignement des responsables pour vérifier leur conformité avec la Parole de Dieu, et à prêter à attention à leur caractère. Dans un contexte où l’Église est menacée par des faux enseignants et des faux pasteurs, les apôtres ne cessent d’appeler à une vigilance de tous les instants. Personne n’est au-dessus de tout soupçon, pas même les autorités religieuses. Voici l’avertissement que Paul donne aux galates:

«Mais il y a des gens qui sèment le trouble parmi vous et qui veulent renverser l’Évangile de Christ. Eh bien, si quelqu’un – même nous, même un ange du ciel – vous annonçait un Évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit maudit ! Je l’ai déjà dit et je le répète maintenant : si quelqu’un vous prêche un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit maudit !» (Gal1:7-9)

Après cet avertissement, Paul leur montre l’exemple: tout en reconnaissant l’autorité de Pierre au verset 9 du chapitre 2, il relate comment il l’a repris publiquement en raison de son hypocrisie concernant les viandes impures.

«Voyant qu’ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Évangile, je dis à Céphas, en présence de tous: Si toi qui es Juif, tu vis à la manière des païens et non à la manière des Juifs, pourquoi forces-tu les païens à judaïser? » (Ga 2.14)

Jean va plus loin en nous montrant comment nous comporter face aux mauvais leaders :

«Quiconque s’écarte de ce chemin et ne demeure pas dans l’enseignement de Christ n’a pas Dieu ; celui qui demeure dans l’enseignement [de Christ] a le Père et le Fils. Si quelqu’un vient chez vous et n’apporte pas cet enseignement, ne le prenez pas chez vous et ne le saluez pas, car celui qui le salue s’associe à ses mauvaises œuvres.» (2Jn 1.9)

La soumission chrétienne est une soumission respectueuse, et pas contrainte. Elle doit être motivée par l’amour de Dieu et pas la peur.

Il est donc normal de s’opposer à des leaders chrétiens dans le respect quand leur comportement et leurs enseignements ne reflètent pas les Écritures.

Pour bien vivre la soumission à la lumière des Écritures, il faut identifier dans quel contexte on se situe. L’autorité civile s’exerce au dehors, elle vise la protection de la société. L’autorité religieuse s’exerce dans l’Église, elle veille sur les âmes. Dans les deux cas, la soumission chrétienne est une soumission respectueuse, et pas contrainte. Elle doit être motivée par l’amour de Dieu et pas la peur. Elle doit être limitée à la vérité biblique. Relever une faute ou une hypocrisie, même publiquement, ne relève pas d’une rébellion. C’est un acte d’obéissance, pourvu que ce soit fait avec respect.

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