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L’apologétique culturelle : un style de vie pour le chrétien ?

« Apologétique culturelle », drôle de nom pour un titre accrocheur dirait-on. Pourtant ces termes ne sont pas là pour paraître plus intello. Vraiment pas!

Derrière ces mots se cache un concept tout simple : démontrer la pertinence de la foi chrétienne par l’utilisation de la culture. Un tableau, une musique, un film, un livre, des philosophes… sont autant d’éléments très utiles pour partager l’Évangile et présenter des vérités bibliques à nos contemporains. Cette manière de fonctionner n’est pas un nouveau concept à la mode, mais sort tout droit de la Bible. Et bien plus qu’une discipline, c’est quelque chose d’habituel dans la Bible.

Annoncer l’Évangile de manière adaptée

Dans le Nouveau Testament, l’exemple le plus connu est celui de Paul à Athènes lorsqu’il fait son discours dans l’aréopage (Actes 17. 22-34).

De ce texte, nous pouvons tirer deux points qui fondent l’apologétique culturelle : (1) un discours adapté à son public ayant pour référence des exemples de la culture ambiante, (2) un message et une vision du monde totalement fondés et imprégnés des Écritures.

 

(1) En ce qui concerne l’adaptation du discours de Paul, le plus frappant sont les références qu’il utilise. Il ne cite aucun passage biblique ou du moins Luc ne nous en fait pas part. À l’inverse, il n’hésite pas à citer abondamment des philosophes et poètes grec (v.23-29) ! Il y a par exemple Epiménide : « c’est en lui que nous vivons, que nous nous mouvons et que nous sommes » et Aratos, un philosophe stoïcien : « Nous sommes aussi sa lignée. », ou encore des références à la pensée épicurienne lorsqu’il dit que Dieu n’est pas servi par des mains humaines (v.25).

(2) Pourtant cela n’a pas empêché Paul de transmettre à ces auditeurs le message de l’histoire biblique et de leur partager l’Évangile. De la création du monde par un seul Dieu (v.24) à la repentance (v.30), puis le jugement à venir (v.31) en passant par Adam et la souveraineté de Dieu dans l’Histoire (v.26), on peut dire que Paul leur a donné un condensé de l’Histoire Biblique.

Il ne néglige ni le message important qu’il veut transmettre (la venue de Christ, Sa résurrection, le jugement à venir, etc.), ni les erreurs dans les croyances grecques (polythéisme, idolâtrie, etc.) !

Dieu s’adaptant aux Hommes : un exemple pour nous.

Cependant, il serait trompeur de croire que c’est seulement dans le NT que les apôtres se sont mis à adapter leur discours pour propager l’Évangile. Certes la proclamation de l’Évangile sur toute la Terre est une caractéristique particulière du mandat de Jésus aux apôtres (et aux chrétiens par la suite), mais l’AT regorge d’exemples nous montrant que Dieu communiquait dès le départ aux Hommes en partant de ce qu’ils connaissent.

(1) Se rendre accessible …

Pour ne donner que deux exemples, nous pouvons retenir les tables des 10 commandements et l’alliance avec Abram en Genèse 15. Ces deux manières de faire alliances n’ont rien de strictement nouveau. Rien de tout cela n’était inventé par Dieu. Les alliances entre empires suzerains et vassaux au Proche-Orient ancien comportaient deux tables où étaient écrites les lois qui régissaient les règles et devoirs de l’un envers l’autre. Une des deux copies était placée chez le royaume suzerain et l’autre chez le vassal.

De même, lorsque Dieu fait alliance avec Abram en Genèse 15 et qu’Il lui demande de découper les animaux en deux, Il s’inscrit tout simplement dans une coutume de l’époque !

(2) … sans compromis.

Dieu utilise des Hommes (et donc des éléments de leur environnement) pour transmettre Son message. Mais rappelons que dans tout

cela, Dieu n’a jamais fait de compromis sur ce qu’Il transmet aux Hommes. Bien au contraire, en utilisant des concepts connus mais d’une manière différente, Il a enseigné Son peuple sur Sa personne et Sa volonté, face aux pensées humaines.

Lorsque Dieu a fait alliance avec Abram, il utilise une manière de fonctionner habituelle pour cette époque, mais Il n’hésite pas à en changer les codes lorsqu’il le faut et qu’Il le veut !

La coutume voulait que deux personnes qui font alliance passent entre les animaux coupés pour signifier leur engagement et la malédiction (les animaux découpés) qui s’en suivrait si l’un deux ne respectait pas le marché (cf. Jérémie 34.18). Or ici seul Dieu est passé entre les animaux ! Et oui, car Dieu seul s’engage, Lui seul promet. Abraham n’a aucun mérite.

Donc, une coutume connue, certes, mais conclue de manière particulière, à la manière dont Dieu a voulu faire la promesse.

Et nous dans tout ça ?

L’apologétique culturelle nous pousse à vivre dans ce monde en prenant conscience que nous en faisons partie. Sans accepter le péché qui y foisonne mais en jouissant de tout ce que Dieu nous donne par sa création … même ce qui est bon et beau chez nos contemporains. À l’inverse d’une vie cloisonnée au sein d’une « culture chrétienne », il est bon pour le chrétien de vivre dans le monde qui l’entoure afin de partager l’Évangile à son prochain de manière pertinente, mais sans jamais réduire, tronquer ou édulcorer le message de l’Évangile sous prétexte d’être plus accessible pour les non-croyants. Car rendre un message accessible ne peut se faire en altérant ce message !

Si Dieu s’est toujours adapté à l’Homme, qu’Il s’est toujours abaissé vers nous et qu’Il a utilisé des choses que nous comprenons pour nous parler, alors, nous chrétiens, imitons-Le et adaptons-nous à nos contemporains !

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