David Brown a vécu une expérience de revitalisation dans une Église parisienne, et a acquis son expertise du sujet auprès de pasteurs et d’Églises dans plusieurs pays d’Europe, en tant que coordinateur de Réseau Revitalisation du European Leadership Forum. Il est l’auteur de « Une Eglise en bonne santé«
Transcription
Bonjour, peux-tu te présenter ?
Bonjour, je m’appelle David et David Braun, je suis pasteur avec l’Union d’églises Perspectives, actuellement en charge d’une implantation à Clichy, juste à côté de Paris.
Qu’est-ce qui t’a amené à écrire cet ouvrage ?
Cet ouvrage s’appelle « Une église en bonne santé » avec le sous-titre « Guide pratique de revitalisation » et c’est ce sujet de revitalisation qui m’intéresse depuis quelques années, notamment parce que avant de me lancer dans cette nouvelle implantation, j’étais pasteur dans une église dans Paris, Paris-Entremuros, qui avait besoin d’être redynamisé.
À ce moment-là, je ne connaissais pas le mot « revitalisation », mais j’ai dû chercher à donner un nouvel élan à cette église, donc j’ai fait des recherches à ce moment-là et après, cela m’a amené à être responsable du réseau de revitalisation des églises, au « European Leadership Forum », donc le Forum de leadership européen, et là j’ai pu rencontrer beaucoup de personnes de tous les pays d’Europe, et si les premiers livres que j’avais lus étaient plutôt publiés aux États-Unis, je me suis rendu compte qu’il fallait une approche plutôt européenne, et donc j’ai écrit un livre en anglais parce que j’animais pas mal de séminaires dans les pays de l’Europe centrale, de l’Europe de l’Est, ils voulaient quelque chose en anglais parce que le français, donc, ils ne comprenaient pas, et plus récemment donc, j’ai fait une version française de ce livre, moi je dis bien une version, une version et pas une traduction, parce qu’au moins un tiers du contenu est différent, et donc j’ai remanié pour que cela soit adapté à notre monde francophone.
Qu’est-ce que la revitalisation ?
Comment savoir si une assemblée a besoin d’être revitalisée ?
Dans un premier temps, il est évident que les gens commencent à penser qu’il faut faire quelque chose, si l’Église est en déclin ou même en plafonnement, donc la première indication c’est tout simplement les chiffres.
Cela dit, je pense que ce n’est pas le plus important, parce qu’en réfléchissant avec des frères et des sœurs de tous ces pays européens, on s’est rendu compte que le vrai défi c’est d’être une Église en bonne santé.
Alors, si le livre en anglais s’appelle « Reconnectez votre Église », la version française s’appelle « Une Église en bonne santé », il y a d’ailleurs déjà une version en croate, à ma surprise, qui s’appelle aussi « Une Église en bonne santé ».
Et puis, donc il fallait travailler cela pour que l’on soit, pour que l’on crée ou que l’on vive des Églises pertinentes pour aujourd’hui.
Alors que le mot que je préfère en fait, ce sont des Églises plausibles, parce que dans nos sociétés sécularisées, c’est la plausibilité de nos Églises qui est le grand défi en fait.
Donc la revitalisation, en fait, c’est chercher à être une Église en bonne santé.
Quels sont les différents axes de travail ?
Alors, le premier axe, c’est justement d’être une Église en bonne santé.
Et j’ai une définition très simple de cela.
Ce n’est pas une définition théologique d’une Église, c’est une définition d’une Église en bonne santé.
Et je trouve qu’il y a trois éléments de cela sur lesquels on peut travailler.
Le premier élément, c’est de garder toujours l’Évangile au centre, donc axé sur l’Évangile.
Parce que je trouve qu’on peut être très facilement attiré par d’autres éléments de la vie d’Église et oublier ce qui est vraiment central.
La deuxième chose, c’est que je dis une Église en bonne santé, c’est un lieu, un rassemblement des gens, où on apprend à aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa intelligence, de toute sa force, et d’aimer son prochain comme soi-même.
Donc, que ce soit aimer les frères et soeurs, ou aimer ceux qui ne sont pas encore chrétiens.
Donc, l’Évangile au centre, où on apprend à aimer Dieu et les autres.
La troisième chose, une Église qui prend en compte son contexte, son contexte culturel.
Et ce contexte a trois éléments.
Le contexte local, bien sûr, une Église dans Paris ne va pas fonctionner comme une Église dans un petit bourg du Massif central, par exemple.
Le deuxième contexte, c’est le contexte national.
Et là, dans mes déplacements, j’ai compris à quel point il faut prendre en compte tout le passé.
Nous avons tout un passé en France, des siècles de christianisme, des siècles dont on ne peut pas ne pas tenir compte.
Mais troisièmement, le contexte actuel, c’est-à-dire de vivre dans une société sécularisée, avec tout ce que cela comporte.
Donc, voilà la définition d’une Église en bonne santé.
On travaille donc, quelque part, sur ce que j’appelle les trois S.
Travailler sur le spirituel, la relation avec Dieu, le social, les relations les uns avec les autres, et le sociétal, donc de le faire dans notre contexte actuel.
Alors, comment on va le mettre en œuvre, tout ça ?
Et ça, c’est le deuxième axe, après avoir défini une Église en bonne santé.
Le deuxième axe, c’est de remettre en valeur une notion théologique qui a toujours existé, mais qui, je trouve, a énormément d’intérêt aujourd’hui.
C’est de se souvenir et d’enseigner continuellement dans l’Église, qui a d’une part l’Église rassemblée, et d’autre part l’Église dispersée.
On est ensemble quoi ?
Deux, trois pour cent de notre temps, entre chrétiens, même si on assiste à toutes les réunions de l’Église, ça ne va pas dépasser trois pour cent de notre temps.
Et on se réunit, en fait, pour se préparer pour les 97 pour cent du temps restant.
Et je trouve que c’est vraiment tout à fait biblique.
D’ailleurs, la seule verset dans la Bible qui nous dit que nous devons nous réunir, donc dans Hébreud 10, enchaîne en disant que nous nous sommes réunis pour nous encourager à l’amour et aux bonnes œuvres.
Donc, tout ce qu’on va faire pendant toute la semaine.
Et donc, pour moi, c’est très important de préparer les chrétiens à vivre cette Église dispersée, ou qu’ils vivent en tant que chrétiens, dans les quatre réseaux relationnels que chacun possède, plus ou moins, la famille au sens large, son lieu de travail ou son lieu d’étude, le quartier ou la ville où on habite, et ses amis et son temps de résille.
Donc, préparer les chrétiens à vivre en tant que chrétiens tout au long de la semaine, pour faire du bien aux personnes qui côtoient, et d’autre part, pour leur apporter l’Évangile quand ils en ont l’occasion, quand une personne nous pose des questions.
Donc, on revient à l’Église rassemblée, ce qui fait qu’une partie de notre temps en tant qu’Église rassemblée, je dirais même le temps où on est réunis au niveau du culte, parce que c’est le seul moment où tout le monde est ensemble, je propose, et je le vis dans l’Église où je suis le pasteur, on propose un temps pendant ce culte qui est, franchement, comprendre le monde dans lequel on vit.
Ce qui fait que dans le culte, il y a des moments de louanges, il y a des moments d’enseignement biblique, il y a des moments où on apprend le monde dans lequel on vit, et on prépare les gens, on les envoie comme missionnaires, dans ce sens, dans l’Église dispersée.
Donc, voilà à la fois la vision, la vision sur l’Église en bonne santé, et la mise en œuvre qui est, selon chaque Église, comment on va faire pour vivre cela dans son contexte.
Comment est-ce que nous pouvons prier pour toi ?
Je pense qu’on peut prier que toute cette réflexion, que je n’ai pas menée seule, donc c’était avec des chers frères, je pense surtout un frère en Angleterre qui était chargé pour son union d’Église, pour la revitalisation, un autre frère qui est l’étoilant de la faculté baptiste à Bucarest en Roumanie, j’ai beaucoup travaillé avec ces deux hommes-là, mais avec beaucoup d’autres personnes.
Notre désir, c’est que ça ne reste pas sur les pages d’un livre, mais que ça descend au ras des paquets.
Et c’est ça vraiment, pour moi, la prière, comment on peut faire descendre cela.
J’organise des séminaires, je fais des week-ends, j’encourage d’autres personnes à faire de même, et pour moi, ce que j’ai vécu en Croatie récemment est un très bon exemple.
Le président de l’union baptiste était présent au European Leadership Forum en Pologne, il m’a invité à m’adresser à tous les pasteurs baptistes pour leur candidat, c’est agréable sur une île au large des côtes de la Croatie.
Ensuite, avec le secrétaire général de l’union, il a organisé six réunions dans les régions de la Croatie avec les églises, avec les équipes pastorelles, les anciens, et je retourne bientôt pour boucler la boucle, pour les encourager à se mettre à l’œuvre.
Là, j’aimerais que cela puisse se passer dans d’autres pays, d’autres unions d’églises, pour que ça touche vraiment l’église locale, l’église locale se lance dans ce processus là où c’est nécessaire.
À mon avis, à peu près 50% des églises en France, d’après mes études.
Matt Moury est diplômé de la Faculté Libre de Théologie Évangélique de Vaux-sur-Seine. Il a oeuvré pour une organisation étudiante missionnaire, Friends International, en Angleterre. Missionnaire soutenu par une Église anglicane évangélique, Christ Church Cambridge, il est pasteur de l’Église protestante baptiste d’Argenteuil.

